Sylvain Chavanel (Quick Step)
Sylvain Chavanel (Quick Step) | AFP - Eric Lalmand

Chavanel et Boonen pour la victoire

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Après la polémique du Tour des Flandres qui a vu la victoire échapper à Sylvain Chavanel pour seulement quelques centièmes, la formation belge Quick Step, et son leader Tom Boonen, s’apprête à attaquer Paris-Roubaix avec une féroce envie d’en découdre.

"L’erreur, c’est moi qui l’ait faite dans le sprint. On ne va pas en parler pendant 107 ans." Las de la polémique qui agite l’équipe Quick Step depuis maintenant une semaine, Sylvain Chavanel refuse de remuer plus longtemps le couteau dans la plaie. Et préfère balancer aux oubliettes le scénario du week-end dernier. Le souvenir reste toutefois vivace. Sur les routes flandriennes, devant un public dévoué à sa cause, Boonen avait quelque peu manqué d’intelligence tactique en attaquant Fabian Cancellara en tête du peloton alors même que Chavanel était seul devant lui. Le résultat avait été de réveiller le coureur suisse qui avait alors lâché tout le monde (Boonen compris) pour revenir illico sur "Chava".

Ce dernier, loin d’être rancunier, préfère aujourd’hui dédramatiser : "Tout le monde peut faire des erreurs. C’était un risque de sa part mais je pense que ça n’a pas trop joué". Si avant cet évènement, la Quick Step choisissait de jouer systématiquement la carte belge avec Boonen, il va désormais en être autrement sur Paris-Roubaix où l’équipe comptera donc deux leaders. Ce qui paraît logique au vu de la forme étincelante du Poitevin qui reste sur une encourageante huitième place en 2009. "Je pense que j’ai très bien récupéré du Tour des Flandres et vu les sensations que j’ai eu lors de la reconnaissance, tout va bien, a confié Chavanel, samedi, lors de la présentation des coureurs à Compiègne. J’ai rarement eu d’aussi bonnes sensations sur les Classiques qu’en ce moment, je vais donc essayer d’en profiter au maximum."

Des envies de revanche ? Même pas. Dans un soucis du collectif, Chavanel semble décidé à faire le job si on lui demande : "Si l’arrivée se fait en groupe, je me dévouerai à 100% pour Tom pour qu’il essaye de gagner son 4e Paris-Roubaix et qu’il entre ainsi dans l’Histoire". De son côté, Boonen cherche à calmer le jeu. A sa manière. "Il vaut mieux avoir dans son équipe un coureur en grande forme, comme l’est Sylvain Chavanel en ce moment, que de devoir lutter seul contre la concurrence. D’ailleurs si je peux l’aider à gagner à Roubaix, je le ferais sans problème." Ce qui est sûr, c’est qu’après avoir péché sans doute par orgueil lors du Tour des Flandre, Boonen serait bien inspiré, si l’occasion se présente, de payer sa dette à Sylvain Chavanel. A moins que l’idée d’égaler le record de victoires de Roder De Vlaeminck ne lui démange un peu trop les jambes.

De notre envoyée spéciale, Isabelle Trancoën