Championnat de France de cyclisme (route) : Audrey Cordon-Ragot en patronne remporte sa première tunique bleu-blanc-rouge sur la course en ligne

Publié le , modifié le

Auteur·e : Clément Pons
Audrey Cordon-Ragot.

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Après 109,8 kilomètres d'effort ce samedi après-midi à Grand-Champ, c'est Audrey Cordon-Ragot qui s'est montrée la plus forte sur l'exigeant tracé morbihannais. Chez elle, la coureuse Trek-Segafredo n'a pas manqué son coup pour aller chercher sa première tunique bleu-blanc-rouge sur route. Ses successions d'attaque ont fait mal à ses concurrentes et à 5 kilomètres de l'arrivée, la Bretonne s'est envolée pour signer l'un des plus beaux succès de sa carrière.

Elle en rêvait. Depuis des années, elle courait après. Après quatre sacres sur les championnats de France en contre-la-montre (2015 à 2018), Audrey Cordon-Ragot a été la plus forte ce samedi à Grand-Champ pour aller remporter le titre sur la course en ligne élite. Un succès taille patronne pour la Bretonne de 30 ans du team Trek-Segafredo qui devance Gladys Verhulst (Arkea-Samsic) et Clara Copponi (FDJ)

La course parfaite pour Cordon-Ragot

Il suffisait de voir les larmes couler sur son visage une fois la ligne d'arrivée franchie, les mêmes larmes qui reviendront sur le podium de cette course en ligne, pour comprendre le soulagement de la nouvelle championne de France sur route. 2e en 2015, 3e en 2016, Audrey Cordon-Ragot savait au fond d'elle que ce titre était à sa portée. Mais comme elle l'expliquera juste après la course à notre micro, "c'est bien d'annoncer mais mieux de concrétiser". "Hier la déception était immense (2e sur le contre-la-montre, ndlr) mais j'ai su rebondir. C'est une grosse fierté, je n'en reviens pas."

Sur un parcours très venteux, avec de la pluie en fin de course, Audrey Cordon-Ragot a mis à profit sa connaissance du terrain. Avec les successions de bosses et des parties plus descendantes, celle qui était isolée dans le peloton - à l'image d'une de ses rivales du jour Juliette Labous, sacrée hier en contre-la-montre - a su faire mal à ses adversaires avec ses accélérations et attaques à répétition.

"Est-ce que c'est le plus beau moment de ma carrière ? Oui, définitivement"

À 23 kilomètres de l'arrivée, quand elle est revenue sur les coureuses parties dans l'échappée avant de se placer immédiatement à l'avant de ce petit groupe pour augmenter le tempo, impossible de se fourvoyer sur ses intentions. Son ultime banderille à cinq kilomètres de l'arrivée viendra conclure sa gestion de course parfaite qui lui a permis de lever seule les bras devant un public acquis à sa cause.

"Oui c'est vrai je connais le circuit par coeur. Le plus dur ce n'est pas forcément dans les bosses mais c'est sur ce plat breton. Je voulais faire le départ, m'isoler rapidement. J'ai eu Pierre Rolland hier soir qui m'a mise en garde en me disant de garder la tête froide et le coeur chaud. J'y ai pensé toute la course. Je me suis dit "ne t'énerve pas". Lors de cette dernière montée de Grand-Champ, j'ai vu mes copains, ma famille. Pour une Bretonne c'est beau. Je me rappelle de Warren Barguil qui me parlait de cette fierté de porter ce maillot tricolore, je suis passée tellement de fois à côté ! J'espère que je le porterai dignement. Est-ce que c'est le plus beau moment de ma carrière ? Oui, définitivement."