Giorgia Bronzini
L'Italienne Giorgia Bronzini | AFP-Mark Gunter

Bronzini touche l'or

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L'Italienne Giorgia Bronzini a remporté samedi le titre de championne du monde de cyclisme sur route, devant la Néerlandaise Marianne Vos et la Suédoise Emma Johansson, sur le circuit australien de Geelong. Déjà médaillée de bronze aux Mondiaux 2007, Giorgia Bronzini, 27 ans, a cette fois changé de couleur, en s'imposant au sprint. L'Italie a remporté trois des quatre derniers titres mondiaux chez les dames.

Sur un circuit de 15,9 km très sélectif avec notamment deux côtes difficiles, plus difficiles en tout cas que ne le pensaient nombre d'équipes nationales,l la course s'est décantée d'elle-même au fur et à mesure des huit tours au programme. La sélection s'est faite par l'arrière et le tournant est intervenu à trois tours de la fin avec une grosse cassure. Les meilleures sont restées devant et la course s'est durcie. Piégée dans le dernier tour les deux Françaises qui restaient dans le coup, Jeannie Longo et Edwige Pitel, ont dû fournir un gros effort pour revenir dans le groupe de tête. Groupe duquel deux des favorites, l'Allemande Judith  Arndt et la Britannique Nicole Cooke se sont extirpées à six kilomètres de l'arrivée. La chasse a alors été ouverte et menée de façon impressionnante par une vingtaine de filles qui n'ont pas lésiné pour revenir. Ce qui fut fait à 150 m de l'arrivée seulement. Cooke et Arndt revues par le principal peloton ont alors manqué de reprise pour s'accrocher au wagon d'un sprint final très rapide. Dans cet exercice, Giorgia Bronzini, également spécialiste de la piste, a bien mené son affaire dans les derniers mètres de la ligne droite finale en faux-plat montant, pour devancer Vos et Johansson. Nicole Cooke échoue à la 4e place et Judith Arndt à la 5e place à 1 seconde juste devant un groupe réglé par la Belge Grace Verbeke à 3 secondes. Dans ce groupe, Jeannie Longo a encore une fois été la meilleure Française puisqu'elle a pris la 12e place, alors qu'Edwige Pitel a fini 18e.

C'est un beau succès pour Bronzini qui a eu le mérite de toujours rester dans le groupe principal et de garder le train, tout en gérant ses efforts pour un éventuel sprint. Elle s'était faite surprendre dans un final un peu similaire il y a trois ans, et elle a su très rapidement enregistré la leçon et en tirer les enseignements. Malgré tout, on aurait pu espérer un final un peu plus emballant, car ce circuit était taillé pour les baroudeuses. Malheureusement les conditions de course ne l'ont pas permis, et surtout les favorites se sont marquées de près sans laisser de bon de sortie au moindre outsider. C'est le rôle notamment qu'a joué Vos. La Néerlandaise a tenter de discipliner et de maîtriser la course. Cela a failli être payante pour elle. Mais elle a encore été battue sur le fil. Championne du monde en 2006, Marianne Vos a décroché sa quatrième médaille d'argent en quatre ans.

Le classement de la course en ligne dames    
1. Giorgia Bronzini (ITA), les 127,2 km en 3 h 32:01. (moyenne: 35,997 km/h)
2. Marianne Vos (NED)     m.t.
3. Emma Johansson (SWE)   m.t.
4. Nicole Cooke (GBR)      m.t.
5. Judith Arndt (GER)      à 01.
6. Grace Verbeke (BEL)      03.
7. Trixi Worrack (GER)     03.
8. Rasa Leleivyte (LTU)      03.
9. Elizabeth Armitstead (GBR)    03.
10. Carla Swart (RSA)       03.
11. Catherine Cheatley (NZL)    03.
12. Jeannie Longo (FRA)   03.
13. Olga Zabelinskaya (RUS)     03.
14. Andrea Graus (AUT)    03.
15. Tara Whitten (CAN)     03.
16. Sharon Laws (GBR)    03.
17. Amber Neben (USA)    03.
18. Edwige Pitel (FRA)    03.
19. Linda Villumsen (NZL)  03.
20. Emma Pooley (GBR)    03.
 ...
46. Christel Ferrier-Bruneau (FRA)   9:39.
48. Sophie Creux (FRA)    9:39.

76 concurrentes classées.

Déclarations
Giorgia Bronzini (ITA), vainqueur:  "J'ai fait une course d'attente mais pour moi, c'était dur de garder ma place dans le premier peloton. Bien qu'étant en forme, je n'étais pas certaine de pouvoir tenir sur ce circuit. D'ailleurs, si la course avait été dure d'entrée, je me serais mise au service de l'équipe. Je me suis accrochée, je me suis dit dans le dernier tour que c'était ma chance. J'ai dit aux filles, à Noemi (Cantele) et Tatiana (Guderzo), d'essayer de partir et, si elles n'y parvenaient  pas, de travailler pour moi dans le sprint. Je me suis retrouvée dans la roue de  Marianne Vos, je savais que j'avais la possibilité de la déborder."
      
Marianne Vos (NED), 2e: "Dans le final, j'avais de bonnes sensations. Mais  il m'a fallu faire un choix dans le sprint. Ou bien je lançais de loin et je  prenais le risque de perdre la médaille d'or, ou bien j'attendais et Cooke et  Arndt pouvaient très bien aller au bout. Je savais que Giorgia Bronzini était  rapide et j'avais vu les Italiennes la remonter pour le sprint. L'an prochain,  je reviendrai."
      
Emma Johansson (SWE), 3e: "Sur le coup, j'ai pensé que Marianne (Vos) avait  dévié de sa ligne dans le sprint. Mais, ensuite, j'ai vu les images et j'ai  compris que ce n'était pas le cas. Ce sont les barrières qui revenaient un peu vers l'intérieur de la route.

Jeannie Longo (FRA, 12e): "J'ai fait  un contre-la-montre tout au long. J'ai bouché des trous, j'ai fait les montées au train. Je voulais tenter de sortir, de "miner", dès que la jonction serait  faite avec les attaquantes. Mais je n'ai pas pu le faire. Au sprint, je me suis fait enfermer aux 200 mètres. Et comme je ne suis pas du genre à mettre les coudes... Je pouvais peut-être faire dans les 4 ou 5 (premières). Pendant la course, j'ai tout fait derrière avec Arndt. Douzième et première française, ce  n'est pas l'objectif. Mais douzième, c'est correct. J'ai fait quand même une  belle semaine."
      
Edwige Pitel (FRA, 18e): "C'était impossible de partir. J'y ai cru un moment  quand j'ai vu l'Américaine Curi Mattis s'échapper. C'est une fille qui n'est  pas très connue mais qui a l'habitude de ce genre d'échappées. Après, j'ai essayé de partir en contre-attaque derrière elle mais ça a réagi. J'ai attendu  que la sélection se fasse par l'arrière. Les Néerlandaises couraient pour Vos, les Italiennes pour Bronzini. J'ai bien pensé sortir au kilomètre mais ça roulait trop vite. Je suis contente d'avoir été au contact des meilleures. Ce qui me donne d'autant plus des regrets de ne pas avoir pu disputer le  contre-la-montre. Après le chrono des Herbiers, que j'ai à cœur de courir, je  vais laisser passer l'hiver. On verra ensuite si je repars ou pas."