Tom Boonen
La quatrième victoire de Tom Boonen sur le vélodrome de Roubaix | REUTERS - PASCAL ROSSIGNOL

Boonen survole Paris-Roubaix

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Parti en solitaire à plus de 50 km de l'arrivée, Tom Boonen s'est adjugé avec la manière la 110e édition de Paris-Roubaix. Il devance le Français Sébastien Turgot (Europcar) et l'Italien Alessandro Ballan (BMC). Le Belge s'offre sa 4e victoire sur les pavés (2005, 2008, 2009, 2012) et rejoint dans l'histoire son compatriote Roger de Vlaeminck (1972, 1974, 1975, 1977). Comme en 2005, il réussit le doublé Tour des Flandres - Paris-Roubaix.

Sébastien Turgot est le premier Français depuis Frédéric Guesdon, vainqueur en 1997, à monter sur le podium de Paris-Roubaix. Il double d'un cheveu Alessandro Ballan dans le sprint des poursuivants, à 1'39" du vainqueur du jour. Les deux coureurs ayant dû être départagés à la photo-finish. Une récompense pour le coureur Europcar qui était déjà passé à l'offensive en milieu de parcours.

Le grand numéro de Tom Boonen

En 2010, la folle chevauchée de Fabian Cancellara, parti en solitaire à une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée, avait suscité l’admiration et le doute. Le Suisse avait réussi son pari non sans une petite polémique sur un vélo « motorisé ». Deux ans plus tard, Tom Boonen a fait un copier-coller de la course de son rival, absent après sa triple fracture de la clavicule du Tour des Flandres, les suspicions en moins. L’Anversois a déclenché les hostilités juste après Orchies. Profitant d’un relâchement du peloton après un nouveau regroupement, Tom Boonen et Filippo Pozzato ont filé en douce. Un simple repérage qui provoquait la réaction de Ballan. Le Belge insistait avec son coéquipier Niki Terpstra. Personne ne voulant engager la chasse parmi les poursuivants, le duo des Omega Pharma s’envolait. Mais c’est bien le triple vainqueur du pavé qui effectuait le plus gros du travail. A tel point que le Néerlandais finissait par craquer. A 55 km de l’arrivée, Boonen filait seul vers Roubaix. Vers son destin doré et le record de Roger de Vlaeminck (4 succès). Rapidement, Boonen prenait trente secondes sur une meute de poursuivants desquels il fallait retirer Filippo Pozzato, victime d’une chute dans un virage. Trois puis quatre Sky en chasse n’y changeaient rien. « Tommeke » écrasait le ciel déjà bien bas en ce dimanche de Pâques. Avec plus d’une minute à vingt kilomètres de l’arrivée, Tom Boonen était simplement intouchable. Il signe son deuxième doublé Tour des Flandres – Paris-Roubaix après celui de 2005. S’il s’impose en 2013, il sera le seul Monsieur Paris-Roubaix de l’histoire.

Turgot, deuxième pour un millième de seconde

Sébastien Turgot a obtenu la deuxième place  pour un millième de seconde. Les chronométreurs ont calculé l'écart séparant sur la ligne Turgot et le 3e, l'Italien Alessandro Ballan, devancé par cette marge infime. Dans l'histoire de Paris-Roubaix, la photo-finish a déjà été nécessaire pour désigner le vainqueur, la dernière fois en 1993 quand Gilbert Duclos-Lassalle avait gagné devant l'Italien Franco Ballerini. En 1990, le Belge Eddy Planckaert avait battu le Canadien Steve Bauer pour un centimètre. "Avec l’expérience de la piste, je sentais que j’étais capable de les avoir au sprint, a indiqué Turgot. Je commençais pourtant à avoir des crampes mais j’ai tout donné puis je décroche une deuxième place. C’est une grosse récompense pour ce début de saison avec tous les sacrifices que je fais et tout ce que je fais subir à ma famille".

La poisse pour Ladagnous et Chavanel

A la FDJ-Bigmat, il y aura un après-Guesdon sur les Flandriennes. Le Breton a montré la voie à ses cadets en instaurant avec Marc Madiot l’esprit classique. Matthieu Ladagnous et Steve Chainel pourraient être les nouveaux garants de ce respect de l’histoire du cyclisme. 12e et 16e, ils ont beaucoup appris sur les routes printanières et ont manqué de peu le sprint pour le podium. « J’ai crevé à 100 mètres du secteur de Gruson (N.3). C’était fini, raconte Ladagnous. J’étais là où il fallait mais je crève au plus mauvais moment. A la pédale j’étais parmi les plus forts derrière. Je pense que j’avais largement ma place sur le podium. Je suis vraiment déçu. J’ai fait une belle campagne de classique. Dans le Tour des Flandres, j’ai fait le sprint pour la 4e place (il termine 16e). Je voulais finir sur une bonne note sur Paris-Roubaix. Ça fait chier car j’étais dans un bon jour. » Sylvain Chavanel peut lui aussi nourrir quelques regrets. En verve dans la Trouée d’Arenberg puis bouillant du côté de Beuvry-la-Forêt, le champion de France a eu le malheur de crever sur le secteur d’Orchies. Un coup du sort fatal au Poitevin alors que la course se jouait à l’avant. 27e à l’arrivée, Chavanel pourra toutefois se consoler avec la victoire de son coéquipier d'Omega Pharma.

BMC pris au piège

Avant Arenberg, les hommes de John Lelangue voltigeaient sur les pavés. Les BMC imposaient leur rythme élevé en tête du peloton et contrôlaient l’écart avec les échappés. Dépassées par les Omega Pharma dans la Trouée d’Arenberg, les briques rouges ont cédé une à une. Si Alessandro Ballan a bien tenté un coup avec Juan Antonio Flecha, l’équipe américaine n’a pas existé dans le final de ce 110e Paris-Roubaix. Au moment ou Boonen et Terpstra ont joué leur va-tout, aucun BMC n’a été en mesure de répliquer. Si Ballan a finalement décroché la 3e place derrière Boonen et Turgot, Il n’a jamais été question de victoire. Lui aussi en avait fait un objectif majeur de sa saison. Lui aussi a rendu les armes. Thor Hushovd n’était pas mieux dimanche et n’a pas été aidé avec une chute puis une crevaison. Ce n’était pas l’année du Norvégien. Les BMC espèrent prendre leur revanche dès la semaine prochaine dans les Ardennaises avec, pourquoi pas, le grand retour de Philippe Gilbert.

Arenberg tient le haut du pavé

Moment fort de Paris-Roubaix, le passage dans la forêt de Wallers-Arenberg a tenu toutes ses promesses. Le prestige d’entrer en premier dans la Trouée a certainement tourné les têtes des leaders car trois d’entre-eux se retrouvaient par terre dès les premiers hectomètres. Une chute impressionnante mais heureusement sans conséquence. Figurait dans les « victimes » David Boucher et Van Keirsbulck. Ce coup du sort ne sonnait pas encore le glas de l’échappée mais a voir les Omega Pharma rouler tambour battant dans Arenberg, la fin était proche. Derrière, l’écrémage naturel s’effectuait. George Hincapie et André Greipel cédaient eux sur crevaison.

Guesdon boucle la boucle

Son 17e Paris-Roubaix était une fête plus qu’un adieu. Frédéric Guesdon le voulait ainsi. Malheureusement, la fête a été gâchée dans le septième secteur pavé du jour. La faute à une chute collective autour de la 30e place du peloton dans la première partie d’Aulnoy-Lez-Valenciennes (N.21). Pris dans la chute et le gros embouteillage, le vainqueur de 1997 peinait à repartir et se retrouvait dans un 3e groupe de lâchés alors que Pozzato, favori avec Boonen et Ballan, avait la chance de figurer dans un 2e peloton. L’Italien allait finir par revenir devant. Pas Guesdon. A la sortie de la Trouée d’Arenberg, le quarantenaire de la Française des Jeux pointait déjà à deux minutes de la tête. Il ne restait plus qu’à finir au courage mais pas dans l’anonymat car les messages de soutien étaient très nombreux sur la route. En pleine cérémonie du podium, le Vélodrome de Roubaix n'a pas oublié d'acclamer le Breton, 88e à 18'52''. Seule ombre au tableau, il termine hors délai pour quelques secondes.

Classement final:

1. Tom Boonen (BEL/OPQ), les 257,5 km en 5 h 55:22 (moyenne: 43,4 km/h)
2. Sébastien Turgot (FRA/EUC) à 1:39.
3. Alessandro Ballan (ITA/BMC) 1:39.
4. Juan Antonio Flecha (ESP/SKY) 1:39.
5. Niki Terpstra (NED/OPQ) 1:39.
6. Lars Boom (NED/RAB) 1:43.
7. Matteo Tosatto (ITA/SAX) 3:31.
8. Mathew Hayman (AUS/SKY) 3:31.
9. Johan Vansummeren (BEL/GRM) 3:31.
10. Maarten Wynants (BEL/RAB) 3:31.
11. Luca Paolini (ITA/KAT) 3:31.
12. Matthieu Ladagnous (FRA/FDJ) 3:31.
13. Grégory Rast (SUI/RSH) 4:23.
14. Thor Hushovd (NOR/BMC) 4:23.
15. Taylor Phinney (USA/BMC) 4:37.
16. Steve Chainel (FRA/FDJ) 4:37.
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