Arnaud Démare
Arnaud Démare champion de France devant Nacer Bouhanni | AFP

Arnaud Démare champion de France

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Arnaud Démare (FDJ.fr) a remporté au sprint la course élite des championnats de France 2014, au terme d’un tracé de 251,7 kilomètres autour du Futuroscope. La formation de Marc Madiot, qui a parfaitement dicté la course, s’adjuge ainsi le maillot tricolore pour la troisième fois d’affilée après Nacer Bouhanni (2012), deuxième du jour, et Arthur Vichot (2013).

En alignant 24 coureurs au départ de ces Championnats de France, la FDJ.fr avait affiché ses ambitions. La formation française a largement tenu son rang en maîtrisant la course, limitant les échappées du jour, annihilant les tentatives individuelles des derniers kilomètres (Tony Gallopin, Cyril Gauthier, Sylvain Chavanel et Julien Antomarchi ont tous essayé, en vain), pour atteindre son objectif : propulser ses deux sprinteurs, Arnaud Démare et Nacer Bouhanni, vers un duel final de haute volée. 

Démare, devancé par le Spinalien il y a deux ans à Saint-Amand-les-Eaux, a pris sa revanche en passant cette fois-ci la ligne avec un bon vélo d'avance sur son coéquipier. Kevin Reza (Europcar) complète le podium. 

"Je suis content., tout le monde rêve de ce maillot, a réagi, très ému, le Beauvasien de 22 ans.. Je ne suis pas passé loin il y a deux ans. Cette année, je pense à Hervé Boussard (l'un de ses anciens entraîneurs) qui nous a quitté l’année dernière. Je lui dédie cette victoire. C’est super pour tous ceux qui nous soutiennent, pour l’équipe. Ça va être une super année".

Entre soleil et averses, Démare, champion du monde espoirs en 2011, a pu compter sur le travail exceptionnel de ses coéquipiers, qui ont notamment dû cadenasser une échappée d'une vingtaine de coureurs lancée dès les premiers kilomètres. "L’équipe a beaucoup travaillé pour nous aujourd’hui. Arnaud était plus fort que moi aujourd’hui", a reconnu, très déçu, Nacer Bouhanni. Ce dernier devrait officialiser rapidement son départ pour Cofidis. Troisième devant Julien Simon et Maxime Daniel, Kevin Reza a lui estimé que le reste de la formation Europcar (22 représentants) était "passé à côté" de la course. 

C'est le neuvième succès de la saison d'Arnaud Démare, qui fera ses grands débuts sur le Tour de France dès jeudi, à Leeds. 

   Déclarations:

Arnaud Démare (FDJ.fr),  vainqueur: "L'équipe a fait confiance à ses sprinteurs, les coureurs ont  travaillé pour nous, ils ont mis leurs ambitions personnelles de côté. On est  resté groupé, sans jamais se désunir. Le parcours était assez difficile, usant,  il ne fallait pas le sous-estimer. J'ai beaucoup de reconnaissance pour Mickaël  (Delage) qui fait un travail énorme pour moi toute l'année. Aujourd'hui, dès  qu'il y avait un vent de travers, il était là pour me protéger. Je n'oublie pas  non plus les autres coéquipiers. On s'est fait attaquer mais je n'ai jamais eu  peur. On a tous couru dans le même but. Tout le monde a roulé, même Kenny  (Elissonde) qui a fait un gros travail sur un circuit qui n'était pas pour lui.  C'est une petite revanche. Il y a deux ans, je suis passé tout près (2e).  J'étais jeune, j'avais 6 mois chez les professionnels. J'ai beaucoup appris,  j'ai grandi. L'arrivée ? après 250 kilomètres, on sprinte différemment. C'était  un faux-plat montant, comme j'aime. Le vent soufflait de face, il fallait  lancer tardivement. La rivalité avec Nacer ? Nous sommes deux sprinteurs, nous  courons pour gagner, pour être au Tour. Ses victoires au Giro m'ont boosté. Je  me suis dit que je pouvais le faire aussi. C'est une émulation positive, même  si elle est un peu négative dans les médias."

Nacer Bouhanni (FDJ.fr), 2e: "L'équipe a fait un super travail. Je me  sentais beaucoup moins fort que la semaine dernière à la Route du Sud où  j'étais encore plus en jambes qu'au Giro. Mais j'ai déjà gagné des sprints en  étant à 80 pour cent. Cette fois, je suis resté au pédalier (d'Arnaud Démare,  ndlr). C'est une grosse déception. Je sprinte pour gagner mais le maillot reste  dans l'équipe, c'est super. Marc (Madiot) m'a dit que, quoi qu'il se passe à  l'avenir, il était fier que je sois dans l'équipe, qu'Arnaud et moi étions de  beaux champions. L'avenir ? il y a 95 pour cent de chance que je parte. Je n'ai  rien signé."

Kevin Reza (Europcar), 3e: "Je suis un peu surpris. J'étais là pour  aiguiller Bryan (Coquard) dans le sprint. Mais je me suis retrouvé seul, suite  à la chute dans le dernier kilomètre. Je me suis retourné aux 500 mètres et  j'ai décidé d'y aller, au moins pour le podium. Les deux de la FDJ.fr étaient  trop forts pour moi."

Marc Madiot (manager FDJ.fr): "Je suis fier de l'équipe qui a encore  progressé par rapport à 2012. On avait compris que tout le monde était contre  nous, c'est le jeu. J'ai aimé le calme, la maîtrise de l'équipe. J'avais dit au  briefing que le plus important était de garder le maillot pour la FDJ.fr, par  respect pour le trèfle. On a deux sprinteurs, deux grands sprinteurs, qui  méritent le même respect, la même confiance. Le boulot de l'équipe était de les  déposer aux 200 mètres. Cette course, c'est une leçon du collectif. Chacun  s'est sacrifié, sans arrière-pensée, et c'est ça qui est beau."