Verbruggen armstrong 2002
Hein Verbruggen, ancien président de l'UCI, aurait "protégé" Amrstrong selon un rapport remis à l'UCI | AFP

Armstrong met Verbruggen en cause

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Lance Armstrong a indiqué que Hein Verbruggen, président de l'Union cycliste internationale (UCI) en 1999, l'a couvert en lui permettant notamment d'obtenir la signature d'un certificat médical antidaté, peut-on lire dans un entretien accordé au Daily Mail.

Interrogé sur une analyse positive aux corticoïdes en 1999, l'année de son premier succès dans le Tour, Lance Armstrong se souvient "qu'il y a eu un problème". "Je ne sais plus si c'était un contrôle positif mais en tout cas, des traces avaient été trouvées. Techniquement parlant, je ne sais plus si la ligne avait été franchie", a raconté l'homme aujourd'hui âgé de 42 ans. "Je ne me rappelle plus exactement qui était présent à ce moment-là mais Hein a simplement dit: +c'est un gros problème pour moi, un coup de poing pour notre sport un an après l'affaire Festina alors il faut que l'on trouve quelque chose+. Alors on a antidaté l'ordonnance", a expliqué Armstrong.

Un an après le scandale de l'affaire Festina, l'ancien leader de l'US Postal avait été contrôlé le 4 juillet 1999 à l'arrivée de la première étape à Challans. Les examens avaient révélés la présence d'un glucocorticoïde, et c'est alors que Armstrong s'était procuré la fameuse ordonnance autorisant l'emploi d'une pommade à base de corticoïdes. Le certificat médical qui avait donc été antidaté, avait reçu le feu vert de l'UCI, alors dirigée par Verbruggen. A l'époque, Armstrong avait expliqué que pour soigner une rougeur au périnée, il avait utilisé une pommade, la Cemalyt, et c'est celle-ci qui était à l'origine de ces traces de corticoïdes.

"Je les hais"

 "N'imaginez pas que je vais protéger les gens après la façon dont ils m'ont  traité. C'est ridicule. Je n'ai aucune loyauté envers eux", a-t-il asséné. "Lors des auditions  appropriées, je dirai aux gens ce qu'ils veulent savoir. Je ne vais pas mentir pour en protéger d'autres. Je les hais. Ils m'ont jeté en pâture, j'en ai fini avec eux", a lancé Armstrong. Le Texan était interrogé en présence de son ancienne masseuse, Emma O'Reilly, qui l'avait accusé de dopage dès 2004 avant qu'il  soit condamné fin 2012 par l'Usada puis par l'UCI à une suspension à vie. C'est elle qui avait affirmé que le Texan avait reçu une injection de corticoïdes deux à trois semaines avant le contrôle positif du 4 juillet.

Dans cet entretien organisé par le Daily Mail (lien en anglais), Armstrong s'est d'ailleurs excusé auprès de celle dont il avait tenté de ruiner la réputation. "A ce moment, quand j'ai dit ce que j'ai dit à propos d'elle, je me battais pour défendre de nombreuses positions.", a indiqué l'ancien coureur.

Romain Bonte