Victoire Igor Anton (Euskatel) Vuelta 2010
Igor Anton (Euskatel-Euskadi) | AFP - JAIME REINA

Anton dompte le Zoncolan

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L'Espagnol Igor Anton (Euskatel) a remporté, samedi, la 14e étape du Tour d'Italie courue sur 190km entre Lienz et Monte Zoncolan. Il a devancé Alberto Contador (Saxo Bank) et Vincenzo Nibali (Liquigas). Au classement général, Alberto Contador conserve le maillot rose de leader. A noter que le parcours de l'étape avait été modifié et le Monte Crostis, jugé trop dangereux, retiré du programme suite à une décision du président du jury des commissaires.

Classement de la 14e étape
1. Igor Anton (ESP/EUS) les 172 km en 5h04:26.
2. Alberto Contador (ESP/SAX) à 0:33.
3. Vincenzo Nibali (ITA/LIQ) 0:40.
4. Michele Scarponi (ITA/LAM) 1:11.
5. Denis Menchov (RUS/GEO) 1:21.
6. John Gadret (FRA/ALM) 1:38.
7. Mikel Nieve (ESP/EUS) 1:52.
8. Hubert Dupont (FRA/ALM) 1:55.
9. Kanstantsin Siutsou (BLR/HTC) 2:05.
10. José Rujano Guillen (VEN/AND) 2:11.
...

Igor, y'a pas plus fort !

Cette 14e étape était annoncée comme LA grande étape de cette édition 2011 du Giro. Mais après la chute mortelle de Wouter Weylandt lors de la 3e étape, l'ascension et la descente du Monte Crostis avaient créé la polémique. Vendredi soir, à moins de 24h du départ de cette redoutable étape entre Lienz (Autriche) et Monte Zoncolan (Italie), le président du jury des commissaires avait finalement décidé de ne pas passer par cette route étroite à flanc de ravin et particulièrement vertigineuse. Cette décision ne changeait néanmoins pas le prestige du parcours qui se concluait par la montée du mythique Zoncolan. Avec une ascension de 10km à 12% de moyenne et un passage de 6km à près de 15%, on pouvait s'attendre à un grand moment de vélo. Et c'est effectivement un joli spectacle qui a été offert aux amoureux de la petite reine. 

Parti d'Autriche, le peloton ne mettait que 20km à voir s'échapper un trio de coureurs composés des Italiens Matteo Rabottini (Farnese) et Gianluca Brambilla (Colnago), et du Néerlandais Bram Tankink (Rabobank). Les trois hommes prenaient rapidement une solide avance pour compter jusqu'à 10'45" à 100km de la ligne d'arrivée. Derrière, la saxo Bank et Liquigas donnaient le tempo. S'ils parvenaient à gérer leur avance, les fuyards du jour voyaient celle-ci fondre dramatiquement à environ 50km de l'arrivée. Au pied du Tualis, qui remplaçait l'ascension du Col du Crostis, ils pointaient à 7 minutes. Le temps s'assombrissait et, avant de s'élancer à l'assaut du Zoncolan, le trio de tête n'avaient plus que 4'30" d'avance.

Comme on pouvait s'y attendre, Matteo Rabottini était lâché dès l'entame de l'ascension. A 7km, Joaquin Rodriguez (Katusha) passait à l'attaque. Si au départ, personne ne réagissait, Igor Anton (Euskatel) finissait par s'extirper à son tour du peloton. Alberto Contador (Saxo Bank) lui emboîtait le pas sans tarder. Michele Scarponi (Lampre) décidait lui aussi de jouer son va-tout. Les quatre hommes se retrouvaient rapidement intercalés entre les deux derniers fuyards et le peloton. A 5km, Rodriguez connaissait une baisse de régime et Vincenzo Nibali en profitait pour revenir sur lui. Brambilla était planté et Tankink ne comptait plus que 40 secondes d'avance sur Anton, auteur d'une belle accélération. Le Néerlandais ne résistait pas bien longtemps et voyait le Basque d'Euskatel le dépasser à 4,8km du but ... suivi par Contador, Scarponi et Nibali. L'Italien de la Lampre montrait néanmoins des signes de faiblesse et ne parvenait pas à rester bien longtemps au contact de ses deux compagnons d'échappée.

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Il ne restait plus que deux kilomètres à parcourir quand Anton, plein de panache, relançait encore. A la flamme rouge, son avance était de 30 secondes. Et l'ultime attaque del Pistolero ne changeait pas le scénario final. A 28 ans, Anton, 5e de la Flèche Wallonne en avril dernier, franchissait en vainqueur la ligne d'arrivée devant une foule en délire. Contador en finissait 30 secondes plus tard, confortant ainsi son maillot de leader. Nibali terminait 3e à +0'40". Scarponi échouait quand à lui à la 4e place (+1'11"). Le Français John Gadret (AG2R-La Mondiale) prenait encore une encourageante 6e place (+1'38"), derrière le Russe Denis Menchov (Geox). A noter également, la belle 8e place d'Hubert Dupont (AG2R-La Mondiale).

Au classement général, le maillot rose reste sur les épaules d'Alberto Contador qui compte 3'20 d'avance sur Nibali. Anton, fort de son succès, remonte en 3e position (+3'21). Scarponi tombe du podium (+4'06) tandis que Gadret, en grande forme sur ce Giro, se classe 5e (+5'23).

Igor Anton (Euskaltel) : "C'est ma plus belle victoire. Je me souvenais avoir vu à  la télévision le Zoncolan, les victoires de Simoni, Basso. En attaquant, il y  avait un risque de perdre. Il fallait rester très concentré, calculer les  écarts, en regardant derrière moi. C'était une montée très dure. A 5 kilomètres  de l'arrivée, je ne savais pas trop où étaient mes adversaires. J'ai beaucoup  souffert et la satisfaction d'avoir gagné est encore plus intense. Je me  sentais beaucoup mieux que dans l'étape précédente ou dans celle de l'Etna.  C'est une victoire que je dédie à ma fiancée. Je considère le Giro comme une  course mythique, Pantani reste mon idole. Contador ? c'est un coureur  intelligent, je suis très content d'avoir gagné devant lui, et les autres.  Gagner le Giro ? Je veux être réaliste..."
Alberto Contador (Saxo Bank)
: "Je suis très, très fatigué. Igor (Anton) a  fait un truc, moi j'ai surtout pensé au classement général. Vincenzo (Nibali) a  fait une belle montée. Quand j'ai démarré avant la flamme rouge, j'ai surtout  cherché à gagner quelques secondes qui peuvent être très utiles à l'arrivée à  Milan. Nibali a montré qu'il était un adversaire très fort, à surveiller dans  la dernière semaine du Giro".
Vincenzo Nibali (Liquigas) : "Je me sentais bien, je connaissais bien la montée et j'ai demandé à mes équipiers de  travailler au pied du Zoncolan. Sur la première partie de l'ascension, j'ai été  régulier dans l'effort puis, quand je suis revenu sur Scarponi, j'ai accéléré.  Je ne suis pas un pur grimpeur pour démarrer dans les cols, je mise sur la  résistance. J'ai la condition, je récupère bien, je m'améliore jour après jour.  Pendant la montée, j'ai demandé à Contador un relais, pour respirer un peu,  mais il n'a pas voulu et il a accéléré. Je n'aurais pas agi ainsi à sa place  mais chacun est libre de faire sa course. Il est très fort. Ce sera très  difficile de lui reprendre trois minutes. Mais le Giro n'est pas encore fini.  Espérons... Le Crostis ? ça aurait été différent, peut-être, si on y était  passé. Pour nous, les coureurs, c'était ok, même si nous n'étions pas tous  d'accord".

Isabelle Trancoën