Alaphilippe, la course d'après sur les Strade Bianche

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Gicquel
Julian Alaphilippe lors de Paris-Nice.
Julian Alaphilippe lors de Paris-Nice. | MAXPPP

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Tenant du titre sur les Strade Bianche, Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick-Step) reprend la route pour défendre son titre à Sienne. Le puncheur français, endeuillé par la mort de son père fin juin, suscite les espoirs de beaucoup à l’aube d’une deuxième partie de saison très dense.

On l’avait quitté le 14 mars dernier, au terme d’un Paris-Nice mitigé conclu à la 32e place, alors que le spectre du coronavirus était déjà dans toutes les têtes. Quatre mois et demi plus tard, le revoilà. Samedi, Julian Alaphilippe va faire sa rentrée sur les Strade Bianche pour le retour des courses World Tour. Et forcément, pour lui, elle aura une saveur particulière à plus d’un titre. Déjà car il est le tenant du titre. Dans les rues abruptes de Sienne, il s’était imposé à la pédale face à Jakob Fuglsang (Astana) en 2019. Alaphilippe survolait alors les débats, puisque deux semaines plus tard il s'adjugeait son premier Monument à Milan-San Remo.

La vie sans "Jo"

Ensuite, car cette course sera la première sans son père Jacques, dit "Jo", décédé le 28 juin dernier à l’âge de 80 ans. Gravement malade, le père du coureur était proche de son fils et suivait ses exploits à distance. En 2018, il avait été victime d’un accident vasculaire cérébral pendant le Tour de Colombie que disputait Alaphilippe. Dissuadé par ses proches de rentrer en France, le Français avait finalement remporté la quatrième étape. "Avant de partir en Colombie, on passe un bon moment en famille et quand tu rentres, ce n'est plus la même personne, c'est cruel, c'est la vie. Soit je m'enfonçais au fond du trou à m'acharner sur le sort de mon père, soit je m'en servais comme une force. C'est ce que j'ai réussi à faire.", expliquait le coureur de la formation belge. A ce titre, cette course inaugurale sans son père aura sans doute un goût particulier pour le natif de Saint-Amand-Montrond.

Quel Alaphilippe retrouvera-t-on ce samedi ? Qui dit course de rentrée pour beaucoup de coureurs dit manque de rythme et de condition physique. Ces Strade Bianche s’apparentent presque aux courses de début février, où le niveau intrinsèque de chacun ne peut clairement s’exprimer. Après une telle coupure, et afin d’encaisser trois mois de compétition d’une intensité folle, Alaphilippe a fait un choix : il montera progressivement en puissance.

Comprendre : il ne sera pas à son maximum sur les Strade Bianche, ou sur Milan-San Remo, où il également tenant du titre, une semaine plus tard. "Julian n’est pas en avance. Il n’est pas en retard non plus, dans le sens où il a volontairement décidé de ne pas être à 100 % pour début août.", confiait son entraîneur Franck Alaphilippe à Ouest-France le 14 juillet dernier. "Je n'ai pas forcément les mêmes sensations que l'année dernière où je suis arrivé sur les Strade Bianche au top de ma condition. Cette année, l'approche est différente avec plusieurs mois sans courir, et j'ai envie de monter crescendo. Pour l'instant, je me sens bien. Aujourd'hui, ça sera vraiment une journée difficile mais elle me permettra de voir où j’en suis dans ma préparation et dans ce qui reste à faire", confiait Julian Alaphilippe à la veille du départ à Sienne. 

Montée en puissance

Les raisons de cette forme pas encore optimale sont logiques : les objectifs principaux du n°3 mondial l’année passée se trouvent pour la plupart à partir de fin août. Après sa seule course par étapes de préparation, le Critérium du Dauphiné (12-16 août), Alaphilippe prendra le départ des Championnats de France à Grand-Champ (Morbihan). La modification du parcours, initialement propice aux puncheurs, lui rendra la tâche plus ardue pour s’emparer de ce maillot tricolore qu’il convoite.

Un programme dense où l'enchaînement des courses sera inédit et dont les préparations différentes devront s'intercaler. "Pour le moment, je suis en Italie, d'abord avec les Strande Bianche, suivi de Milan-San Remo ensuite. Après je vais penser au Dauphiné qui me servira de tremplin pour le Tour. Ce sont des courses différentes et enchaîner le Tour puis les Classiques sera particulier mais il faut s'adapter et il n'y a pas d'autres solutions", souligne Julian Alaphilippe. 

Il sera ensuite évidemment au départ du Tour de France, où le général entrevu l’année dernière avec 14 jours en jaune et une 5e place au général ne l’a pas fait basculer en chasseur de Grands Tours. "Au départ, il ne part pas pour jouer une place au général, il veut se faire plaisir en étant à l’offensive. Le général, suite au Tour de France 2019, bien sûr qu’il y pense. De temps en temps, il l’évoque d’ailleurs, mais ce n’est pas encore pour cette année.", explique toujours dans Ouest-France son coach. 

Mais c’est après que se trouvent ses autres objectifs principaux : l’épreuve en ligne des Mondiaux à Martigny le 27 septembre, et enfin les Ardennaises, avec sans doute l’idée d’accrocher un deuxième Monument lors de Liège-Bastogne-Liège. Pour finir, il s’essaiera pour la première fois au Tour des Flandres le 18 octobre pour soutenir le "Wolfpack" de Patrick Lefevere. Un programme très dense, qui lui demandera, comme à tous les coureurs, une gestion millimétrée de la fraîcheur si chère au cyclisme, afin que 2020 soit dans la lignée de 2019.

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