Patrice Ciprelli et Jeannie Longo-Ciprelli
Le couple Ciprelli à l'entraînement, Patrice observant sa femme Jeannie (Longo) | OMAR TORRES / AFP

Affaire Ciprelli: le parquet de Grenoble ouvre une enquête

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Le parquet de Grenoble a annoncé vendredi avoir déclenché une enquête préliminaire à la suite de soupçons d'achat d'EPO par Patrice Ciprelli, le mari et entraîneur de Jeannie Longo. L'enquête, confiée à la police judiciaire, vise à "vérifier les circonstances dans lesquelles ont été effectués les éventuels achats de produits dopants par son mari et ceux qui auraient pu y participer".

Il s'agit aussi de "vérifier les circonstances dans lesquelles ont été effectués les éventuels achats de produits dopants par son mari et ceux qui auraient pu y participer",et à "voir s'il y a eu une éventuelle importation irrégulière de produits dopants", a le parquet.  "Les faits de 2007 sont prescrits" depuis 2010, mais il s'agit d'enquêter sur "d'éventuels achats postérieurs à cette date", a-t-on précisé. Aucune perquisition ou saisie n'a eu lieu à ce stade de l'enquête.

Patrice Ciprelli a été accusé mardi dans le journal l'Equipe par un obscur coureur américain reconverti en trafiquant d'avoir acheté de l'EPO chinoise voici quatre ans. Avec, à l'appui, fac-similés de cette transaction qui aurait eu lieu en avril 2007 et interview de ce trafiquant, Joe Papp. Ciprelli a nié formellement les faits évoqués. Il a exprimé mercredi dans un communiqué "sa très vive émotion" à la suite de la décision de la Fédération française de cyclisme (FFC) de le suspendre à titre conservatoire, "à la seule lecture d'un quotidien démuni de toute preuve". En évoquant des "accusations injustes", il a affirmé "n'avoir jamais été mêlé de près ou de loin à un quelconque trafic d'EPO ou autres produits illicites".

Jeannie Longo qui, si les faits sont avérés, pourrait avoir été la destinataire de l'EPO, encourt par ailleurs une éventuelle sanction pour des manquements aux exigences de la localisation, une mesure qui contraint les sportifs à être repérables quotidiennement pour des contrôles inopinés.  L'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) lui reproche trois manquements (autrement appelés "no-shows") à cette obligation en dix-huit mois et doit transmettre le dossier à la FFC.  Une procédure disciplinaire (pouvant conclure ou non à sanction) sera ouverte dès que la FFC sera saisie, avait insisté mardi son président David Lappartient, en précisant que le règlement international prévoit que l'athlète ne peut concourir en ce cas sous le maillot de l'équipe nationale.  "Très affectée", la cycliste, âgée de 52 ans, a annoncé mercredi qu'elle renonçait à disputer les prochains Championnats du monde de cyclisme sur route à Copenhague prévus la semaine prochaine.

Christian Grégoire