La 2e ligne française Lenaïg Corson
La 2e ligne française Lenaïg Corson fête la qualification pour les demi-finales avec les supporters tricolores | Paul FAITH / AFP

Coupe du monde féminine : Lenaïg Corson, raffuts, sourire et patience

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Recalée en 2014 et en 2016, Lenaïg Corson a vu ses efforts enfin récompensés par une place pour le Mondial-2017 au sein de l'équipe de France. Et avec ses courses dévastatrices, la Bretonne peut faire tomber l'Angleterre mardi en demi-finales.

Son modèle: Jonah Lomu. Son geste préféré: le raffut. A voir les poussées de "Leny" ballon en main lors de la phase de poules, on aurait pu le deviner. La Rennaise au gabarit impressionnant - 1,85 m pour 85 kg - n'a peut-être pas encore marqué d'essai, mais ses avancées y sont pour beaucoup dans les trois larges victoires de Bleues toujours en mouvement. Une statistique suffit à donner une indication des dégâts infligés aux adversaires par la deuxième ligne: 194 m gagnés! "Avec sa taille, elle peut faire des ravages", confirme sa partenaire de ligne Audrey Forlani. Contre les frêles Japonaises, battues 72-14, Corson a fait parler sa puissance en raffutant à tout-va avant de buter sur l'arrière nippone. Pour offrir l'essai sur un plateau à Caroline Boujard. Autre abattage, défensif celui-ci: ses 19 plaquages contre l'Irlande - elle est à 89% de réussite sur le premier tour dans ce domaine - ont permis aux Françaises de contenir la réaction irlandaise.

Progrès techniques

Corson s'éclate et cela se voit: enjouée, affable, chambreuse, la Trégorroise est un des moteurs de l'équipe. Il est loin, le temps des désillusions. Car l'ancienne heptathlète, qui n'a commencé le rugby qu'à 20 ans en arrivant à Rennes pour ses études, a été écartée deux fois de suite de la sélection finale pour les compétitions majeures. En 2014 pour la précédente Coupe du monde à XV, organisée de surcroît en France, et en 2016 pour le tournoi olympique de Rio où le rugby à VII faisait son entrée. A 28 ans, cinq années après sa première sélection, elle est devenue titulaire indiscutable. Sa faiblesse technique liée à son déficit de pratique, Corson l'a gommée grâce au rugby à VII: fin 2014, elle a bénéficié des premiers contrats fédéraux pour faire progresser cette discipline. "Le fait de faire du VII lui a beaucoup apporté techniquement", estime la manager Annick Hayraud, qui ne l'avait pas retenue en 2014. "C'est quelqu'un qui a vraiment progressé. Ce qui lui faisait défaut, c'est qu'elle doutait. A partir de là, c'était dur de s'exprimer au sein du groupe. Elle a pris confiance, elle sait ce qu'elle peut apporter et elle est vraiment en train de s'épanouir", s'est réjouie Hayraud, interrogée par l'AFP.

Attention aux fautes

Attention toutefois à l'indiscipline: contre l'Irlande, un carton jaune est venu rappeler à l'intéressée qu'elle manquait encore de maîtrise défensive. Et le rouge n'est pas passé loin... Un excès d'ardeur peu étonnant pour une joueuse qui déborde d'énergie. Semi-professionnelle à 75% de son temps, Corson passe les 25% restants, soit 9 h par semaine, à Levallois-Perret, au siège de la GMF. Depuis octobre 2016, elle est chargée de communication pour l'assureur. Installée à Orsay (Essonne), près de Marcoussis, la deuxième ligne a réussi l'exploit de ne louper que trois matches du dernier Top 8 avec Rennes, où elle rentre en train le jeudi afin de préparer le match du week-end. Une dernière saison à Rennes et "Leny" se tournera vers le Mondial-2018 à VII, à San Francisco. Mais avant cela, il y a une finale mondiale à XV à Belfast à aller chercher.

AFP