Wesley Fofana
Le spectaculaire essai de Wesley Fofana contre le Canada | AFP - FRANCK FIFE

XV de France: rucks, discipline, jeu, des progrès à amplifier contre l'Irlande

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Avant d'affronter le Canada hier, l'équipe de France devait apporter des assurances dans plusieurs secteurs: les rucks, la discipline, la combativité, le jeu déployé. La nette victoire (41-18), qui maintient les Bleus sur le chemin des quarts de finale avant la "finale" du groupe D contre l'Irlande, a-t-elle répondu aux attentes ? Eléments de réponse.

Les rucks: en amélioration, mais peut mieux faire

Avant ce match, l'équipe de France affichait un ratio de 92.5% de ballons conservés sur des rucks à son initiative. Face aux Canadiens, les Français en ont gagnés 79, et en ont perdus 5. Le ratio est donc de 94%. C'est donc légèrement mieux, mais cette amélioration ne va pas les propulser aux avants-postes, eux qui occupaient le 17e rang sur les 20 engagés dans ce domaine. Ce ratio est d'ailleurs à mettre en face de celui du Canada: 95%. Il convient néanmoins de pondérer cette remarque, puisque l'opposition des joueurs à la Feuille d'Erable a été beaucoup plus virulente que celle des Roumains lors du match précédent. L'affrontement est monté d'un cran, les hommes de Philippe Saint-André ont progressé, c'est un bon signe avant de défier l'Irlande. D'autant que le XV de France a remporté six mêlées ouvertes durant cette rencontre, contre zéro à leurs adversaires. Au niveau de la conquête, les deux touches gagnées sur lancer adverse sont à mettre au crédit, alors que les trois mêlées perdues sont un point noir, qui peut être rédhibitoire face au XV du Trèfle.

Frédéric Michalak au sol avec le ballon, Thierry Dusautoir en protection sous l'oeil de Pascal Papé
Frédéric Michalak au sol avec le ballon, Thierry Dusautoir en protection sous l'oeil de Pascal Papé

La discipline: des progrès très clairs

Sur les deux premiers matches, l'équipe de France affichait une moyenne de 15 pénalités concédées. Ce troisième match a ramené ce chiffre à seulement 10, soit la moyenne généralement présentée par les meilleures équipes dans un match de haut niveau. Au tableau d'affichage, sur les dix pénalités, deux ont été tentées par les Canadiens pour six points. Dans un match clairement plus ouvert que les deux précédents, avec énormément de jeu déployé, les Français ont réalisé 110 plaquages (contre 133 à leurs adversaires) et en ont manqués 23 (contre 22 au Canada). Ce match plus engagé a permis de voir une montée en puissance dans le domaine de la discipline des Bleus. Mais l'Irlande proposera un tout autre niveau le dimanche 11 octobre prochain. 

Le jeu déployé: du mieux, mais loin de la perfection

Cela fait quatre ans que la fluidité du jeu français est remis en cause par des imprécisions, des ballons tombés, des en-avants... Contre une équipe qui a laissé beaucoup d'espace, de l'aveu même de Frédéric Michalak, les Bleus ont pu s'engouffrer dans les brèches. L'ouvreur français a été le symbole de ce "french flair" parfois retrouvé, notamment lors de sa percée et cette chistera menant à l'essai de Wesley Fofana en tout début de rencontre (4e minute). Mais les deux hommes ont également été les symboles de cette France toujours imprécise, à la 25e minute, avec ce coup de pied à suivre du Toulonnais que le Clermontois ne parvenait pas à contrôler dans l'en-but canadien. Des avancées (499m au total), des percées (6 franchissements), des offensives, des trois-quarts qui ont joué et tenté, mais aussi 13 ballons perdus en attaque, et 10 ballons récupérés en défense par les Canadiens. C'est donc mieux, notamment sous la houlette d'un Michalak très inspiré, mais les prochains matches réduiront les espaces.

Frédéric Michalak, avec Guilhem Guirado en soutien, a été très entreprenant
Frédéric Michalak, avec Guilhem Guirado en soutien, a été très entreprenant

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