Gaël Fickou
Gaël Fickou | MICHAEL BRADLEY / AFP

XV de France: Oser 4 changements pour troquer son destin noir en horizon bleu

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Après son écrasante défaite contre l'Irlande, l'équipe de France n'a d'autres choix que d'oser pour renverser la montagne néo-zélandaise en quarts de finale de la Coupe du monde, samedi. Redonner de la créativité tout en assurant une meilleure conquête, voilà les deux objectifs face à des All Blacks bien supérieurs sur le papier. Et malgré sa volonté d'installer une équipe-type, Philippe Saint-André ne peut faire l'économie de plusieurs changements.

Si la France a battu la Nouvelle-Zélande à douze reprises dans son Histoire en 56 rencontres, si elle l'a éliminée deux fois en Coupe du monde (en 1999 en demi-finales à Twickenham, en 2007 en quarts de finale à Cardiff), elle a réalisé ces exploits en créant l'inattendu. Sur le papier, contrairement aux Sud-Africains ou aux Australiens, le XV de France n'est jamais favori contre les All Blacks. Mais si les Français sont redoutés dans le monde entier, et aussi par les Kiwis, c'est pour leur capacité à sortir du cadre, à créer des actions parfois illogiques mais gagnantes. Mais pour réaliser tout cela, le ballon est nécessaire. La conquête, en nette souffrance surtout en 2e période contre les Irlandais, sera donc cruciale, face à une mêlée néo-zélandaise loin d'inspirer la crainte. Face au manque de solutions aux ailes (Grosso une seule sélection, Guitoune peu en verve), en laissant chaque joueur dans un poste qu'il connaît (Fofana au centre), et pour conserver un joueur d'instinct comme Michalak, voici les quatre changements utiles pour tenter de renverser la montagne néo-zélandaise samedi, tout en conservant une ossature revancharde sur le terrain.

Pascal Papé remplacé par Alexandre Flanquart en 2e ligne

Alexandre Flanquart dominateur en touche face à la Roumanie en phase de poules
Alexandre Flanquart dominateur en touche face à la Roumanie en phase de poules

Touché physiquement dès le début du match par un uppercut d'O'Brien, Pascal Papé n'a sans doute pas connu son meilleur match face aux Irlandais. Sa puissance, son expérience et son impact dans les mêlées et dans les rucks sont précieux. Mais face à l'un des meilleurs alignements de la Coupe du monde, les Tricolores ont souffert en touche. Dans ce secteur, l'apport des 2.04m d'Alexandre Flanquart pourrait être particulièrement précieux. Le deuxième ligne du Stade Français, s'il ne compte que 17 sélections, s'est frotté à ce qui se fait de mieux sur la planète, et notamment les All Blacks qu'il avait affrontés lors de ses deux premières capes en 2013 (défaites 23-13 et 24-9). Plus mobile que son coéquipier parisien, il a déjà été associé à Yoann Maestri en équipe de France contre les All Blacks (24-9), l'Australie en 2014 (défaites 6-0 et 39-13), contre l'Italie en 2015 (victoire 29-0), l'Angleterre en 2015 (défaites 55-35 et 19-14), et dans le dernier quart-d'heure contre les Irlandais dimanche dernier. Le duo est habitué à jouer ensemble.

Damien Chouly remplacé par Bernard Le Roux en 3e ligne aile

Bernard Le Roux au plaquage sur l'Irlandais Ryan
Bernard Le Roux au plaquage sur l'Irlandais Ryan

Capitaine de la touche française, Damien Chouly a été installé en 3e ligne aile. Mais son apport dans jeu, malgré un physique imposant qui le place à Clermont au centre de la troisième ligne, n'a pas trouvé de répercussions flagrantes. Clairement, l'impact des Dusautoir et Picamoles a été beaucoup plus tranchant que le sien. Et lorsqu'il a été placé à l'aile contre le Canada en tant que titulaire, et à chaque fois qu'il est entré en jeu, le Racingman a apporté son dynamisme, son abattage en défense et son impact physique. Et placé en 2e ligne contre la Roumanie, il a montré une nouvelle fois que sa présence dans l'alignement offrait une belle garantie de prises de ballons en touches. Avec 95% de plaquages réussis (36 plaquages), le Sud-Africain de naissance est une garantie dans ce secteurs (par comparaison, Chouly a réalisé 34 plaquages, avec un ratio de 89% alors qu'il a été titulaire à trois reprises contre deux au Parisien). Et dans un match où les All Blacks vont imposer beaucoup de mouvement et de vitesse, son intégration en 3e ligne sera un atout pour endiguer les vagues noires.

Sébastien Tillous-Borde remplacé par Morgan Parra à la mêlée

Morgan Parra associé à Frédéric Michalak à l'entraînement
Morgan Parra associé à Frédéric Michalak à l'entraînement

Titulaire depuis le début de la Coupe du monde, Sébastien Tillous-Borde n'a pas démérité. Son association avec Frédéric Michalak a fonctionné normalement. Mais elle n'a pas fait d'étincelles. Le demi de mêlée du RCT n'a jamais pu imposer sa puissance pour faire avancer son équipe au soutien de ses avants. Dans un face-à-face avec  les puissants Néo-Zélandais, ses qualités physiques ne devraient pas faire de grandes différences. En revanche, la rapidité d'éjection de Morgan Parra, sa roublardise et ses départs au ras, peuvent être de belles cartes à jouer sur une défense all black qui se redistribue souvent au large. Meneur d'hommes reconnu à la limite parfois du supportable selon ses coéquipiers, il pourrait être parfait dans un contexte de rebellion qui devrait être de mise dans le XV de France. Et surtout, son talent de buteur allégera la pression sur Frédéric Michalak, même si celui-ci garde la main sur le rôle de buteur.

Matthieu Bastareaud remplacé par Gaël Fickou au centre

C'est l'une des images marquantes de France-Irlande: Matthieu Bastareaud la tête dans les mains, assis seul dans les vestiaire français alors que les autres joueurs saluent le public dans le stade. "Je n'ai pas répondu présent", avouait-il après le match. Son association avec Wesley Fofana, mise en doute voici plusieurs mois en raison de son manque de complémentarité, n'a jamais vraiment brillé. Le duo est solide, mais la France manque cruellement de créativité. Et il faudra des jambes pour couvrir les espaces que la Nouvelle-Zélande va immanquablement créer sur le terrain. Gaël Fickou, titularisé une seule fois dans cette Coupe du monde face à la Roumanie, est sans doute le joueur plus créatif des trois-quarts centres. Bon défensivement, il a une technique individuelle largement au-dessus de la moyenne, et ses crochets peuvent poser bien des soucis, même à l'une des meilleures paires de centres de la planète. 

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