Thierry Dusautoir, le capitaine du XV de France
Thierry Dusautoir, le capitaine du XV de France | FRANCK FIFE / AFP

XV de France : bien mais peut mieux faire à 10 mois de la Coupe du Monde

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Le XV de France a encore beaucoup de travail d’ici à la Coupe du monde 2015. Le beau succès de samedi soir a surtout permis aux Bleus de remporter une deuxième victoire consécutive et une cinquième cette saison (pour 5 défaites) en attendant le match de samedi contre l'Argentine (21h, France 2). Mais les hommes de Philippe Saint-André ne font toujours pas partie du top 5 mondial.

Si l’équipe de France a livré une prestation solide et (parfois) enthousiasmante contre des Wallabies moins saignants que cet été, une évidence s’impose : les Bleus ne font toujours pas partie du gotha mondial. A 10 mois du grand rendez-vous planétaire, les Coqs se situent à peu près à la 6e ou 7e place mondiale en compagnie du pays de Galles, irrégulier comme eux. 

Pas dans le top 5 mondial

La Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud mènent le bal devant un trio composé de l’Angleterre (battue de justesse par les deux ogres), l’Irlande (victorieuse du Tournoi des 6 Nations et tombeuse des Springboks) et l’Australie qui a dominé la France trois fois sur quatre cette année dont deux cartons. Le fond de jeu des Bleus apparaît encore limité par rapport à ce que produisent ces équipes depuis la dernière Coupe du monde, en 2011.

Si les Bleus ont dominé leur adversaire samedi, ils le doivent à leur état d’esprit et à leur solidarité défensive. Mais ils ne gagneront pas tout le temps en étant contraints de subir les assauts des ténors adverses, surtout des cadors de l’hémisphère Sud. La statistique de 160 plaquages -dont 89% de plaquages réussis- cache un problème de fond dans la conservation du ballon qu’il faudra corriger rapidement car Teddy Thomas ne marquera pas des essais fabuleux à chaque rencontre.

PSA: "Capables de rivaliser avec les meilleurs"

Le sélectionneur national en est bien conscient même s’il savourait la belle prestation de ses ouailles. « C'est un match très important à moins d'un an de la Coupe du monde. On voulait montrer au monde entier que l'on était capable de rivaliser avec les meilleurs, a confié Philippe Saint-André. Je veux aussi souligner qu'aujourd'hui, c'est une victoire obtenue vraiment à 23 joueurs. Les mecs travaillent bien, avec du sourire  et de l'enthousiasme. Après, ce groupe a beaucoup d'humilité, beaucoup de  valeurs. On va continuer à avancer avec un match samedi prochain. C'est une  belle victoire mais on va pas s'enflammer."

Au diapason de leur coach, les joueurs restaient prudents dans l’optique du match de samedi face aux coriaces Pumas. Ainsi du pilier Alexandre Ménini : « Le groupe vit bien depuis quelques temps », a expliqué le Toulonnais. « Ca a fini par payer alors qu’on avait été bien bousculés cet été. Il y a encore un gros travail à faire, des gros matches à jouer. Je ne dis pas qu’on a remis les pendules à l’heure mais on a fait un pas en avant dans notre feuille de route. C’est une bonne chose de battre un gros de l’hémisphère Sud mais ce n’est pas parce qu’on a battu l’Australie qu’on est champions du monde ».

Papé: "La clef, l'agressivité"

Damien Chouly ne dit pas autre chose : « On s’est fait peur en fin de match. On prend la pression et un carton jaune. Là, il n’a pas fallu lâcher mentalement car ils ont relancé tous les ballons. Quade Cooper relançait de son camp. Cela aurait été cruel de perdre ce match mais ils ne l’auraient pas volé. En tous cas, on savait ce qu’on voulait faire sur ce match et on l’a bien appliqué ensemble. Ca fait plaisir parce qu’on a mis des actes sur ce qu’on a dit cette semaine. Maintenant, la tournée n’est pas finie. Il reste l’Argentine qui a battu l’Australie cet été. On est prévenus. Il va falloir mettre les mêmes ingrédients et surtout cette même envie ».

L’ancien capitaine Pascal Papé, avec ses mots à lui, soulignait les clefs de la réussite tricolore : « Jouer contre une nation du Sud c’est toujours spécial. On a tellement peur de prendre des branlées, comme en 2010 par exemple, qu’ont doit mettre beaucoup d’agressivité en défense, a lâché le Parisien. On savait que si on arrivait à les perturber, ça pouvait passer. On avait vu les Argentins les prendre sur l’agressivité et c’était la clef. On a défendu davantage collectivement. On a subi parfois parce qu’ils ont des drôles d’énergumènes derrière. Mais on a su être intelligents avec des plaquages offensifs même si tu ne peux pas en faire tout le temps. On a réussi à leur fermer l’intérieur pour les obliger à jouer extérieur. L’équipe a évolué dans la maturité. L’état d’esprit a été primordial. On l’a vu à la fin à 14 ».

Dusautoir: "Ne pas s'enflammer"

« On voulait les faire reculer sur les plaquages parce que si tu commences à reculer contre eux, c’est compliqué », a renchéri Matthieu Bastareaud, auteur d’une rentrée fracassante. « Avec Wesley (Fofana), on a des automatismes. Avec Camille (Lopez) aussi vu qu’on avait fait la tournée ensemble en Nouvelle-Zélande. On sait comment l’autre aime jouer. Mais je sauterai en l’air après l’Argentine, pas avant. C’est toujours difficile de les jouer parce qu’ils sont accrocheurs et très bons manieurs de ballons ».

La conclusion est pour le taulier Thierry Dusautoir : « Au-delà du score, la production a été très intéressante, a confié le Toulousain, excellent samedi et auteur du plaquage décisif en fin de match. « On les a mis sous pression, on a été cohérent. Notre défense les a étouffés. Il y a des choses que l'on va améliorer mais dans l'ensemble l'équipe s'est très bien comportée. On va garder  tout ça pour le prochain match. On a encaissé un essai dans les dix dernières minutes, ça va nous servir à ne pas s'enflammer. Après tout ce qu'on a vécu ces derniers mois on va savourer car on ne peut pas avancer que sur la frustration ».

Vidéo : L'interview de Philippe Saint-André

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