Dimitri Szarzewski, France
Le talonneur du XV de France Dimitri Szarzewski | GABRIEL BOUYS / AFP

Szarzewski: "On est revanchards"

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En Bleu depuis 2004, Dimitri Szarzewski, 30 ans, est un des vieux routiers du XV de France. Samedi soir, dans un stade de France comble, le talonneur du Racing-Metro croisera la route des All-Blacks pour la onzième fois de sa carrière.

Il est un de ceux qui ont tout connu face à la Nouvelle-Zélande, des déroutes de Gerland (3-47 en 2006) ou du Vélodrome (12-39 en 2009), aux exploits tricolores en quart de finale de Coupe du monde 2007 (20-18) et à Dunedin en 2009 (22-27). Sélectionné à 72 reprises sous le maillot frappé du coq, Dimitri Szarzewski égraine la recette du succès face aux champions du monde en titre. Paisiblement assis sur un fauteuil rouge à Marcoussis...

L’an dernier, à la même époque, vous étiez en pleine confiance. Une année plus tard, dans quel état d'esprit êtes-vous ?
Dimitri Szarzewski : Les derniers résultats sont décevants, donc on aborde cette tournée d’automne différemment. On aimerait évidemment faire pareil que l'an dernier (Trois victoires en trois matches face à l'Australie, l'Argentine et les Samoa en 2012, ndlr). On sait par quoi ça passe. Maintenant, place au terrain. On vient de vivre une année difficile mais on apprend beaucoup dans ce genre de situations. L’équipe a énormément progressé. Il y a eu beaucoup de changements avec l’intégration de nouveaux jeunes joueurs. Forcément ça a pris plus de temps que l’on espérait. Mais j’ai le sentiment que l’équipe progresse constamment.

"Je préfère commencer par un gros test "

Affronter les All-Blacks quatre fois d'affilée, ce n'est pas forcément le mieux pour retrouver la confiance...
DS : Oui, mais je pense que c’est bien de pouvoir jouer les meilleures équipes du moment. C’est bien pour notre progression et la vie du groupe. Affronter de telles équipes ça montre où l’on se situe. On doit se servir de ces défaites pour rebondir et apprendre, afin de ne plus commettre certaines erreurs...

Auriez-vous quand même préféré commencer par un adversaire plus abordable ?
DS : Non, je trouve que c’est bien de prendre les Blacks d’entrée. Ça plante le décor et on sait ce qui nous attend. Il  va falloir être à 200%, donc je préfère commencer par un gros test comme ça. On a perdu trois fois là-bas en juin donc on sait qu’il va falloir augmenter notre niveau de jeu. Et tout le monde a l’esprit revanchard. On a envie de rivaliser et d’être à la hauteur.

Szarzewski au plaquage sur Dan Carter
Szarzewski au plaquage sur Dan Carter

Vous restez sur 7 défaites contre les Blacks. Que devez-vous faire pour les battre ?
DS : Il ne faut pas se poser de questions et ne plus commettre les mêmes erreurs. Il faut faire attention à tous les détails, être plus efficaces, concrétiser nos temps forts et trouver plus d’alternance entre les avants et les trois quarts. On a aussi beaucoup travaillé notre système défensif afin de monter plus souvent pour les agresser. Nous devons également progresser dans le jeu au pied d'occupation.

Il faudra peut-être aussi se montrer plus agressifs...
DS : Si on peut prendre le dessus dans l’engagement, ce sera avec plaisir. Mais en juin, on avait déjà répondu présents dans le combat. On va plutôt miser sur notre fraîcheur mentale. Même s’ils ont beaucoup de repères et de cohésion parce que ça fait je ne sais combien de matches qu’ils jouent ensemble, les Néo-Zélandais arrivent en fin de saison.

"On a tiré des enseignements de la tournée d'été"

Vous connaissez la recette pour les battre. Comment pouvez-vous croire que vous parviendrez à l'appliquer?
DS :
On a tiré des enseignements de notre tournée d’été et on s’est réuni plusieurs fois (deux stages de trois jours fin septembre et fin octobre, ndlr). Cette semaine va être plus axée sur la récupération et la mise en place, pour peaufiner tous les détails. On va essayer d’arriver avec confiance et fraîcheur pour les déstabiliser. On a regardé tous les matches, on les a tous analysés à la vidéo donc on les connaît bien. On sera moins surpris.

Ces stages vous donnent-ils un confort supplémentaire ?
DS : Oui, car on a bien pu travailler et voir beaucoup de choses. Donc là, on peut laisser plus de place à la récupération. On ne fait qu’un terrain par jour. C’est plus agréable pour les joueurs. On est plus concentrés sur le terrain. Lors du 1er stage, on s'est focalisé sur les systèmes offensifs alors qu’on s’est concentré sur la défense lors du second. Ca nous a permis de tout revoir. Le travail est de meilleure qualité comme ça.

Vous aviez été très bons dans le jeu au sol en Nouvelle-Zélande. Le retour de Richie McCaw change-t-il la donne ?
DS : C’est vrai qu’on avait été performants dans ce secteur et on va tenter de rééditer ça. McCaw, c'est un gars très bon dans ce domaine. On s’attend à un très gros combat au sol, donc on a travaillé les attitudes au contact et dans les rucks. Ce sera l’une des clés du match. Mais on ne peut pas se focaliser sur un seul sinon ça laisse une ouverture aux autres...

Jerome Carrere

Coupe du Monde de Rugby