Scott Spedding et Rob Kearney
Duel d'arrières entre Scott Spedding et Rob Kearney | AFP - DAMIEN MEYER - BERTRAND LANGLOIS

Spedding-Kearney, le classicisme en règle d'or

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Scott Spedding et Rob Kearney, les arrières des sélections françaises et irlandaises qui s'affrontent le 11 octobre prochain pour la "finale" de la Poule D, ont pour point commun de ne pas faire de fioritures. Numéros 15 à l'ancienne, les deux joueurs sont là pour assurer et rassurer avant tout.

Scott Spedding et Rob Kearney assurent... Dans leur style classique. De longues chevauchées, la tête haute, des tentatives de relance de loin avec, en réserve, un coup de pied salvateur, les deux hommes brillent par leur maîtrise des fondamentaux du poste. Ils sont bien loin d'un Israel Folau ou d'un Stuart Hogg, leurs homologues australiens et écossais, deux références dans un style bien plus "foufou", davantage "sexy". Là où Folau électrise les foules avec son style chaloupé et où Hogg fait peser sur les défenses adverses la crainte d'un slalom spécial, Spedding et Kearney font dans la sobriété. Leur priorité sera toujours de ne pas se trouer sur les ballons hauts (où ils sont performants), et d'assurer de longs coups de pied de dégagement afin de soulager leurs coéquipiers. A ce titre, il suffit de regarder quels types de joueurs Spedding et Kearney ont supplanté pour se rendre compte que la sécurité prime avant tout au sein des XV bleus et verts. Le solide Spedding, d'origine sud-africaine, a ainsi été préféré au feu-follet Brice Dulin chez les Tricolores tandis que Kearney a repoussé le brillant mais pas toujours fiable Simon Zebo sur l'aile du XV du Trèfle. 

Puissance contre défense

Si Spedding et Kearney sont semblables dans leur style classique, les statistiques depuis le début de la Coupe du monde montrent que les deux hommes n'ont pas été utilisés dans les mêmes schémas. Spedding a ainsi été particulièrement sollicité au pied (20 ballons frappés de la sorte) alors que Kearney a largement préféré jouer à la main (seulement deux coups de pied). Paradoxalement Spedding court beaucoup plus avec le ballon que son homologue. L'arrière français a ainsi parcouru 208 mètres en battant 7 défenseurs alors que Kearney, plus bridé, n'a franchi que 161 mètres pour 4 opposants éliminés. Puisqu'il faut bien s'avancer un peu dans le jeu des comparaisons, Spedding a sans doute l'avantage en terme de vitesse et puissance alors que le n°15 irlandais s'avère être un défenseur plus féroce (88% de placages réussis contre 68% au Tricolore). 

Si, pour l'instant, Kearney s'est montré plus opportuniste que Spedding en inscrivant déjà deux essais, ce dernier possède un atout que son rival pourrait lui envier, à savoir un coup de pied de mammouth qui fait de lui le buteur attitré des Bleus quand la pénalité se trouve dans les zones reculées des 50 mètres. Une arme précieuse que le néo-Clermontois peaufine de plus en plus à l'entraînement.  "On travaille beaucoup avec Romain Teulet (NDLR : spécialiste tricolore du jeu au pied) durant la semaine. Depuis novembre, il est venu plusieurs fois à Bayonne. Au début, il était un peu choqué parce que ça partait un peu dans tous les sens !", rigole Spedding. "On a remis ça à Marcoussis. J'ai encore des progrès à faire, mais le travail paie un peu. Mais je ne vais pas m'enflammer. Je vais bosser, bosser, parce que ce genre de pénalités peut faire basculer un match". Comme celui du 11 octobre ? 

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Julien Lamotte

Coupe du Monde de Rugby