Philippe Saint-André XV de France
Le sélectionneur du XV de France, Philippe Saint-André | AFP - FRANCK FIFE

Saint-André: "Trois ans qu'on attend ça !"

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Le manager du XV de France, Philippe Saint-André, attend avec "beaucoup d'impatience" de commencer lundi à Marcoussis la préparation qui mènera les Bleus à la Coupe du monde (18 septembre-31 octobre).

Dans quel état d'esprit êtes-vous?
Philippe Saint-André : "Il y a évidemment beaucoup d'impatience. C'est le début d'une merveilleuse aventure qui nous mènera jusqu'à la Coupe du monde. Cela fait trois ans qu'on attend ça: cinq premières semaines axées à 65-70% sur le physique et à 30% sur la technique individuelle, à Marcoussis et Tignes (15-25  juillet) ; puis une deuxième tranche plus 'rugby' qui nous mènera aux deux matchs de préparation contre l'Angleterre (15 et 22 août); et enfin de l'affûtage en réglant les derniers détails, à 31, afin d'arriver prêts pour notre premier match de poule (le 19 septembre contre l'Italie)."

Vous annoncerez donc votre liste définitive après le deuxième match contre l'Angleterre? Pourtant, la convention collective FFR-LNR évoque le 16 août, afin que les cinq joueurs non retenus puissent disputer la 1re journée du Top 14 le 22 août...
PSA : "Oui. Je ne peux quand même pas annoncer une liste sans avoir vu tout le monde à l'oeuvre!"

Les 36 joueurs auront donc du temps de jeu lors des deux premières rencontres ?
PSA : "On va voir par rapport à la préparation. Mais on va faire participer le plus de joueurs possible."

Vous semblez miser énormément sur cette préparation pour revenir au niveau des nations du Sud notamment...
PSA: "Oui évidemment, puisque l'organisation de notre rugby, avec des joueurs salariés des clubs et non pas de la Fédération, fait que hors cette période on ne fait que travailler à la va-vite. Là, les joueurs ont eu une vraie phase de régénération et on va tout faire pour optimiser leur potentiel physique. On va aussi travailler sur la stratégie, le jeu, et créer une osmose sur le terrain et en dehors. C'est très important de faire bloc, d'avoir une vraie identité, car une Coupe du monde, c'est aussi une formidable aventure humaine. Il faut un état d'esprit irréprochable car on pratique un sport collectif de combat. On a un groupe de mecs bien, des compétiteurs, un bon équilibre entre jeunes, joueurs arrivant à maturité et plus expérimentés. A nous de bien les préparer pour que le rugby français et les supporters soient fiers de nous. En fait, avec (ses adjoints) Patrice (Lagisquet) et Yannick (Bru), on va simplement retrouver le travail, familier, qu'on effectuait avant avec nos clubs respectifs!"

Qu'allez-vous leur dire lundi ?
PSA : "Je leur en réserve la primeur! En tout cas on a beaucoup travaillé en amont pour que cette préparation soit la plus minutieuse possible."

Qu'avez-vous fait depuis l'annonce de la liste le 19 mai?
PSA : "On a suivi les joueurs, préparé le contenu des entraînements et  l'organisation car il y a une grosse partie logistique puisque nous partons à  54, 36 joueurs et 18 membres de l'encadrement. Nous avons essayé d'être le plus précis possible, tant au niveau physique que rugbystique pour arriver au top pour le premier match."

Vous projetez-vous déjà sur la phase de poules?
PSA : "Certes, l'objectif est de terminer premiers du groupe, mais on va d'abord chercher à bien se préparer. Chaque étape en son temps. Il faut vivre cette période de préparation pleinement et ne pas trop anticiper. C'est quelque chose d'exceptionnel, ce sont des moments privilégiés dans la carrière d'un sportif de haut niveau. J'ai eu la chance d'en vivre deux comme joueur (en 1991 et 1995), mais j'ai depuis refermé le livre et me languis d'être à lundi."

Vous parlez beaucoup d'état d'esprit. Avez-vous prévu beaucoup d'activités hors rugby pour le renforcer ?
PSA : Bien sûr, c'est très important. Cette préparation est le seul moment où on a le temps pour des activités extra rugby et extra sportives. C'est vraiment important pour souder un groupe qui va vivre pendant quatre mois ensemble et devra être fort physiquement mais aussi dans sa tête."

AFP

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