Dusautoir, Saint-André, XV de France
Thierry Dusautoir et Philippe Saint-André | FRANCK FIFE / AFP

Saint-André: "Pas à leur niveau"

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Déçus mais loin d'être abattus, en témoigne le sourire affiché par le sélectionneur, Philippe Saint-André et Thierry Dusautoir ont reconnu la supériorité de l'Afrique du Sud. Tout en regrettant le premier essai "cadeau" offert aux Springboks en début de match.

"Il faut féliciter les Sud-Africains. Ce n’est pas la deuxième nation mondiale par hasard." Avant de se pencher sur les manques de son XV de France, Philippe Saint-André a tenu à féliciter les Springboks, vainqueurs des Bleus samedi soir (10-19). "On n’est pas à leur niveau actuellement", a même reconnu l’ancien manager de Toulon. Un constat partagé par le capitaine Thierry Dusautoir. " Ce qui est dur à vivre, c’est qu’on ne fait que rivaliser avec ces équipes-là. On n’a pas non plus été ultradominés alors qu’ils sont puissants. On a fait des cadeaux et on a été fébriles alors qu’il faut être régulier du début à la fin. Terminer à -7 face aux Blacks et -9 face aux Boks est encourageant. Il faut continuer. Cette équipe a de l’avenir", a nuancé le 3e ligne du Stade Toulousain. "Dans l’impact physique, ils sont robustes. Ce n’est jamais un jeu flamboyant mais c’est efficace", abonde Mathieu Bastareaud. PSA avait également une pensée pour ses joueurs,"très généreux et qui se donnent. Ils se sont envoyés pendant 80 min." Même son de cloche du côté de Yannick Bru, entraîneur des avants. "Les joueurs ont mis beaucoup de cœur à l’ouvrage. On a produit plus de jeu qu’eux mais ils sont restés fidèles à leur plan. On n'a jamais renoncé et on a fait des choses. On a félicité l’abnégation des gars mais une somme de détails nous sépare encore des meilleurs. On n’est pas encore en position de les battre."

Saint-André: "Du mal dans les zones de rucks"

Un état d’esprit positif qui ne fait pas oublier à l’ancien international les soucis de sa formation. "On ne peut pas donner 7 points cadeau comme ça. Surtout que Morgan rate une pénalité facile dans la foulée en glissant à l’impact. Ensuite, on a fait des petites erreurs, on manque des passes, on a oublié des surnombres en n’osant pas se faire la passe de plus. Une ou deux fois on peut faire cette passe qu’on ne fait pas et on fonce dans le mur." Souriant malgré cette nouvelle défaite, "le Goret" regrettait l’issue de la rencontre alors que "la semaine d’entraînement avait été d’une qualité exceptionnelle. On était prêts au combat." Saint-André se lamentait pourtant des erreurs de son équipe, prise à défaut malgré ses mises en garde. "On savait qu’ils montaient vite en défense, et marquaient beaucoup sur turnover et ballon de récupération. Leurs montées défensives inversées nous ont perturbés. On manque de présence dans les zones de ruck alors qu’on avait bon dans ce secteur face aux Blacks. On a eu du mal à sortir le premier joueur sud-africain qui venait mettre la main sur le ballon." Pour Jean-Marc Doussain, entré en jeu en fin de match, les Bleus n'ont pas joué leur rugby. "On a réussi à les transpercer mais des fois on est allé buter sur leur rideau proche des rucks. Ils sont très bien organisés et physiquement on ne peut pas lutter. Mais on a d’autres qualités que l’on n’a pas assez exploitées ce soir. Ils ne font pas grand-chose mais ils le font très bien. On a vu que quand on allait taper proche des rucks ils étaient en difficulté. J’ai essayé de viser cette zone mais c’était un peut trop tard…"

Saint-André: "Le jeu des Boks, simple et efficace"

Déçu de voir ses hommes sans solution, Saint-André tenait à saluer la "simplicité et l’efficacité redoutable" du jeu des ouailles d’Heyneke Meyer. Un jeu basé sur de la défense et une bonne occupation au pied. Une chose est certaine, le sélectionneur et son capitaine sont conscients des lacunes tricolores et ne cherchent pas de fausses excuses pour expliquer cette mauvaise performance. S'il fustige le manque de réussite de son équipe, Yannick Bru souligne aussi qu'on "ne peut pas occulter qu’il y a eu deux arbitrage vidéo contre nous et que l’on a parfois été étranglés par le pressing sud-africain." "C’est vrai que sur les mêlées à refaire, la pelouse se dérobait. C’était frustrant pour les 1ères ligne. Mais après c’est la même pelouse pour les deux équipes", terminait Dusautoir. Une lucidité louable. Même dans le doute au terme d’une sombre année 2013 (2 victoires, 8 défaites, 1 nul), le XV de France ne veut pas faire l’autruche. Un bon point pour espérer repartir du bon pied.

Jerome Carrere

Coupe du Monde de Rugby