Afrique du Sud - Pays de Galles
Alun Wyn Jones pris par la défense de Victor Matfield et François Louw | AFP - GIANLUIGI GUERCIA

Pays de Galles-Afrique du Sud: un choc indécis

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Twickenham va assister à une vraie opposition de styles samedi (17h00) lors du premier quart de finale entre les Gallois séduisants et survivants de la "poule de la mort" et les Springboks, recentrés sur le combat "brutal" depuis trois matches.

Cela pourrait "saigner" sur le pré anglais. D'ailleurs, les "Dragons"  gallois sont rompus à l'exercice depuis six semaines avec six forfaits à  déplorer sur blessures (Leigh Halfpenny, Rhys Webb avant le Mondial, puis Cory  Allen, Scott et Liam Williams, Hallam Amos), qui ont refroidi un temps  l'ambiance avant de souder les joueurs davantage encore. "Je ne m'attendais pas à une telle hécatombe, on a eu une déveine pas  possible, souligne l'ancien ouvreur Neil Jenkins, désormais dans le staff  gallois. Les joueurs qui sont arrivés en renfort ont été excellents, et  notamment le demi de mêlée Gareth Davies". 

Séduisants demi-finalistes en 2011, battus (9-8) par les Français tout  heureux de voir le capitaine Sam Warburton exclu au bout de vingt minutes, les  hommes de Warren Gatland ont remis ça cette année, en éliminant le XV de la  Rose en poules, en association étroite avec les Australiens. 

Montagnes russes

Les Sud-Africains, eux, ont vécu un mondial bien plus pesant. La faute à  une entrée en matière catastrophique avec une défaite "historique" (34-32) face  au Japon. Ce revers, déshonorant pour la nation arc-en-ciel, a servi d'électrochoc  salutaire. Le sélectionneur Heyneke Meyer a ordonné un retour "à des choses  simples" (conquête, pilonnage) pour des Springboks nécessairement "brutaux". A  suivi le broyage en règle des Samoa (46-6), de l'Écosse (34-16) et des  Etats-Unis (64-0). 

"On avait eu moins de problèmes en 2007, tandis que là, c'est un peu les  montagnes russes", confie l'ailier Bryan Habana, qui pourrait devenir le  meilleur marqueur d'essais de tous les temps en Coupe du monde après avoir  rejoint le légendaire Jonah Lomu (15 essais chacun). "Je crois que cette équipe peut réaliser quelque chose de grand, il fallait  retrouver de la fierté après la défaite contre le Japon, poursuit-il. Les trois  matches suivants ont été à quitte ou double et une nouvelle défaite aurait  conduit à notre élimination". Et d'enchaîner. "Dans cette compétition, les accomplissements du passé ne  vous servent à rien, donc il faudra être parfaitement préparés si on veut  gagner samedi. Il faudra encore monter d'un niveau dans l'intensité et  s'améliorer dans tous les secteurs de jeu car si on ne hausse pas notre niveau,  on ne sortira pas vainqueurs". 

Rapprochement sensible

Pour dominer dans le combat, les Sud-Africains s'appuient sur un savant  alliage de jeunes (la deuxième ligne de Jager-Etzebeth), et d'anciens (Bismarck  du Plessis, Burger). Aussi, le sélectionneur gallois Warren Gatland a choisi de  densifier son pack, avec les retours du flanker Dan Lydiate et du pilier Gethin  Jenkins. Gatland a également ajouté un zeste de fluidité au sein des lignes  arrières, avec la titularisation de Tyler Morgan au centre, à la place du  sculptural George North, qui retrouve sa place sur l'aile gauche. Ils auront  pour objectif premier de perturber le "milieu de terrain" (10-12-13) springbok  Pollard-Kriel-de Allende, talentueux mais un peu court en expérience. 

Voilà le plan de jeu gallois... Se mettre "sous les roues du camion", via  les placages de Dan Lydiate et enrayer les lancements adverses. Et puis espérer  que la balance de l'histoire penche pour de bon. Car si les Boks sont  hégémoniques depuis la nuit des temps (27 victoires, 1 nul, 2 défaites), les  derniers rendez-vous ont confirmé un rapprochement sensible. En juin 2014, les Gallois n'ont craqué que sur la fin (31-30) à Nelspruit  avant de s'imposer cinq mois plus tard (12-6) à Cardiff... Ce fut un combat  étouffant, qui a donné des idées au XV du Poireau.

AFP

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