Frédéric Michalak et Guirado Mondial 2015 Canada
Frédérik Michalak (à droite), au côté de Guilhem Guirado | FRANCK FIFE / AFP

Nouvelle-Zélande – France: tant qu'il y a de la vie…

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La défaite du XV de France était prévisible face à l'Irlande, et le quart de finale contre les All Blacks, samedi prochain à Cardiff s'annonce plus compliqué encore. Mais les plus optimistes, rappelleront qu'il reste six jours pour… tout changer !

Le début de Coupe du monde des hommes de Philippe Saint-André avait plutôt bien débuté. Emmenés par un Frédéric Michalak plus mûr et très inspiré, les Bleus semblaient progresser peu à peu dans tous les compartiments du jeu. Si comme face au Canada, ils ont fait preuve d'une grande discipline face aux Irlandais, se mettant assez rarement à la faute, les coéquipiers de Thierry Dusautoir ont peiné dans tous les secteurs du jeu. Et les espoirs sont aussitôt retombés. Dominés dans les rucks, presque impuissants face au rouleau-compresseur vert, les Tricolores ont plaqué, sans relâche, mais sans pouvoir passer la marche avant. La puissance d'un Bastareaud ou d'un Picamoles n'a eu que très peu d'impact.

Alors que PSA espérait voir ses troupes épuiser physiquement les géants verts, c'est finalement le contraire qui s'est produit, et ce, malgré les blessures de Sexton et O'Connell ! Le manque d'inspiration, de fluidité offensive a considérablement profité aux Irlandais, et les trois-quarts français n'ont jamais pu remettre l'équipe dans le bon sens. Mais si les lacunes défensives du pack tricolore peuvent surprendre, le manque d'entrain offensif n'a rien d'étonnant si l'on analyse les quatre dernières années… Face aux All Blacks, les chantiers sont donc nombreux, trop, sans doute. Sans verser dans le French Bashing, on voit mal comment cette équipe peut inverser la tendance, une tendance qui n'a jamais vraiment été remise en question.

"French flair" où es-tu ?

En six jours, les Bleus vont donc devoir rapidement retrouver la confiance tant en touches, en mêlées, et les rucks, mais aussi et surtout un fond de jeu, "un french flair" qui les fuit depuis plus de quatre ans. "Ce qui est sûr, c'est qu'on est déjà tournés vers les quarts de finale. On tourne la page", a indiqué Wesley Fofana. Et le plus tôt sera le mieux, car les All Blacks qui semblent avoir déjà une ou deux longueurs d'avance avant-même le début de ce choc, bénéficieront de deux jours de repos de plus… "On va parler de ce qui n'a pas été, notamment le jeu au sol qui a été catastrophique et se concentrer sur le match (contre les All Blacks). On n'a que six jours, va bien se reposer et essayer de sortir un gros match contre les All Blacks", a espéré Sébastien Tillous-Borde.

Et six jours pour tout remettre en question, c'est bien court. "On tombe face à l'ogre, la meilleure nation mondiale. On est au pied du  mur. A nous de voir comment on va se relever. On va essayer de créer la  surprise. Pour ma génération, ce sera le plus grand match de notre vie. Ce sera  à nous de nous en rendre compte", a lancé Yoann Maestri. Face à une équipe qui a toutes les qualités pour aller décrocher un deuxième titre mondial d'affilée (une performance inédite), le XV de France ne pourra se contenter de croire à un incroyable concours de circonstances. En une petite semaine de préparation, il va falloir insuffler un nouvel état d'esprit, et du fond de jeu. Si l'on veut être réaliste, inutile de se raccrocher aux exploits de 1999 (victoire en demi-finale 43-31) et 2007 (succès en quart 20-18).

Des All Blacks perfectibles

La solution aussi infime soit-elle, passera par la capacité des Tricolores à bousculer d'entrée les Blacks, car dans le jeu, ces derniers sont objectivement supérieurs aux Français. La profondeur de banc doit permettre à PSA d'aligner une équipe capable d'instiller le doute chez les champions du monde en titre. Le spectre des exploits passés en Coupe du monde peut ressurgir à tout moment grâce au côté imprévisible des Français. Les Néo-Zélandais demeurent aussi perfectibles, notamment en mêlée, et le forfait de Tony Woodcock reste très problématique pour le sélectionneur Steve Hansen. De même, Dan Carter n'a pas encore vraiment brillé, et d'autres leaders ne sont pas à l'abri d'une contre-performance… Si Michalak retrouve sa lucidité, si l'équipe retrouve des couleurs en conquête et en attaque, alors, oui, pourquoi pas ? Il reste toujours un espoir.

Les Bleus entre k.o et espoir

Romain Bonte

Coupe du Monde de Rugby