Médard Mealamu Franks France Nouvelle-Zélande
Médard sévèrement plaqué par Mealamu et Franks | AFP - FRANCK FIFE

Noir c'est noir, il y a encore de l'espoir

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Pas de miracle à l'Eden Park d'Auckland où les All Blacks ont largement dominé les Français (37-17). Le XV de France, qui a néanmoins montré de belles choses, notamment en défense, est désormais promis à la deuxième place de ce Groupe A et certainement aux Anglais en quart de finale de la Coupe du monde.

Comme prévu, la Nouvelle-Zélande a battu la France et pris sa revanche sur leur dernière confrontation en Coupe du monde. Comme prévu, les Bleus hériteront donc de la deuxième place du Groupe A, à condition de battre le Tonga samedi prochain. Comme prévu, ils devraient également affronter les Anglais en quart de finale, puis le pays de Galles ou l'Irlande en demi-finale si tout va bien. Avant de retrouver les All Blacks en finale. Comme prévu ? Et pourquoi pas après tout ? Il leur reste un mois pour gommer les défaillances individuelles qui ont précipité leur perte face au réalisme des partenaires de McCaw, qui fêtait sa 100e sélection sous le maillot à la fougère aujourd'hui. Car c'est bien la leçon à retenir de ce match : les Français ont payé cash chaque erreur.

Le début bleu est pourtant enthousiasmant. Pas effrayé par le terrifiant "Kapa O Pango" de leurs adversaires qui terminent leur haka par un mime de tranchage de gorge, le XV de France bouscule les certitudes noires en s'installant d'entrée dans le camp néo-zélandais. Les hommes de Lièvremont ne reculent pas à l'impact, mieux, ils confisquent le ballon et sont même tout près d'inscrire les premiers points du match sur une tentative de drop de Parra (4e). C'est le signal du réveil pour les hommes à la fougère. Froidement réalistes, ils profitent de leur première incursion dans le camp français pour inscrire le premier essai de la rencontre après une superbe percée de Nonu et une passe volleyée de Carter pour Thomson qui marque en coin (10e). Souverains en mêlée, les Blacks profitent de la domination de leurs avants pour envoyer ensuite du jeu plein champs. Jane, tout en raffut et en accélération, s'en va seul planter le second essai dans l'échine des Tricolores (17e). Ça va mal pour les Bleus à ce moment-là, dont le rideau défensif se déchire à chaque incursion néo-zélandaise : Carter voit un trou béant dans l'alignement, s'y engouffre joyeusement et sert Dagg pour le 3e essai des hommes en noir (19-0, 21e). Par bonheur pour les partenaires de Dusautoir, la marée noire ne connait plus de reflux, Yachvili inscrivant même les premiers points français avant la pause (19-3, 39e).

Des erreurs payées comptant

La seconde période commence comme un cauchemar pour le XV de France, cueilli à froid par une percée rageuse du redoutable Sonny Bill Williams, entré en jeu après la pause, et qui aboutit à un quatrième essai, celui du bonus offensif, inscrit comme à la parade par l'arrière Dagg. Surclassés, les Bleus ont deux choix : s'effondrer et riposter. Ils optent pour la deuxième solution et leur réaction est aussi cinglante que porteuse de promesses : dans la foulée d'un Mermoz qui intercepte une passe et marque au bout d'une chevauchée solitaire (54e), les Français obligent leurs adversaires à commettre des fautes inhabituelles et à déjouer. Seul Carter, sur un drop, ajoute de l'eau au moulin noir mais c'est bien peu par rapport aux attentes de tout un peuple. D’autant plus que le rentrant FrançoisTrinh-Duc, comme un filou, a encore réduit le score en surprenant l'arrière-garde néo-zélandaise (32-17, 76e). Hélas pour Marc Lièvremont, qui pouvait raisonnablement se réjouir de cette "modeste" défaite, Sonny Bill Williams redonne un peu plus d'ampleur à la victoire des All Blacks, d'ores et déjà qualifiés pour les quarts de finale (37-17). La haie d'honneur du XV du Coq, à la fin de la rencontre, est assurément un bel hommage aux vainqueurs du jour. Mais aussi une promesse de se retrouver en finale ?

Déclarations :

Graham Henry, entraîneur de la Nouvelle-Zélande : "Bien sûr, nous sommes contents. Nous avons été conquérants, nous avons marqué de beaux essais et en plus nous avons eu un match d'une grande intensité. Et c'était le 100e match de Richie (McCaw, le capitaine), ce qui n'était jamais arrivé avant. Alors, le tout fait que c'est énorme. Je pense que tout le monde peut-être content."
Marc Lièvremont, entraîneur de la France : "On prend 40 points aujourd'hui après deux bonus offensifs (deux victoires sur le Japon 47 à 21 et sur le Canada 46 à 19, NDLR). Il y a des choses intéressantes. Il y a une progression. J'en suis certain, on donne le match aux Blacks. Qu'on ne me dise pas qu'on a craqué physiquement après de longues séquences des Blacks. On prend trois essais après 20 minutes. C'est difficile de garder une sérénité, mais on ne s'est pas désuni et on a le mérite de rester dans le match. Le match me laisse de gros regrets. Sur cette première mi-temps, on prend trois essais en 20 minutes avec des grossières fautes défensives. L'équipe réalise une bonne entame de match mais stérile. On a laissé les Blacks prendre le score et la direction du match. Malgré tout, les joueurs ont fait preuve de courage. Le gros regret est la fin de la seconde mi-temps. On revient au score à 32-17 et à nouveau, on commet des fautes de benjamin. On prend un essai sur le renvoi qui gonfle le score. Le talent des Néo-Zélandais nous a punis sur certaines actions. Il va falloir réagir et rebondir. La qualification n'est pas assurée. Il faut préparer le match contre les Tonga."

Julien Lamotte

Coupe du Monde de Rugby