Nicolas Mas et Philippe Saint-André
Le pilier Nicolas Mas et le sélectionneur Philippe Saint-André | AFP - GABRIEL BOUYS

Nicolas Mas: "n'avoir aucun regret pour la suite"

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A 35 ans, Nicolas Mas vivra peut-être samedi face aux All Blacks son dernier match en Bleu, et il l'aborde avec l'obsession de "n'avoir aucun regret pour la suite". Le pilier du XV de France et de Montpellier considère ce quart de finale comme un "moment magique" dans la carrière d'un rugbyman, et veut "en profiter à fond". Celui qui compte 84 sélections évoque aussi son rôle vis-à-vis des plus jeunes joueurs.

Ce quart de finale sera peut-être votre dernier match en Bleu. Y  pensez-vous cette semaine ?
Nicolas Mas: "Oui, bien sûr. Mais il ne faut pas tomber dans l'émotion, dans  l'excès. Il faut en profiter surtout. On sait tous que des matches comme  ceux-là on n'en a pas beaucoup à vivre dans une carrière de rugbyman. Du coup,  on va le préparer pour n'avoir aucun regret pour la suite. Je vais essayer  d'aider les gars et de positiver à fond. Des matches comme ça, contre les  Blacks, ce sont des moments magiques et il faut en profiter à fond."

Vous avez beaucoup donné au XV de France. Pour quelles contreparties, au  fond ?
NM: "C'est vrai que je n'ai pas vu naître ma fille par exemple (lors d'une  tournée en Nouvelle-Zélande en juin 2013, ndlr), c'est quelque chose qui me  manquera à vie. Tout ce que tu perds comme ça, tu le retrouves aussi. Il y a  les moments passés ensemble, le prestige de pouvoir dire que l'on est dans  cette équipe. Et plus tu es sur la fin, plus tu veux en profiter. Après, c'est  sûr que pour moi, la famille c'est très important. Ma femme commence à en avoir  un peu marre du rugby (rires). Je la comprends, c'est dur de s'occuper de trois  enfants. Mais tout ce que je fais c'est pour après, pour avoir une vie stable  après le rugby."
   
Quand on vous interroge sur votre rôle, notamment dans la transmission  de votre expérience, vous répondez toujours que vous ne voulez pas passer pour  un donneur de leçon. Pourquoi ?
NM: "C'est vrai. Avec Rabah (Slimani, ndlr) par exemple, on joue au même  poste et il peut me dire des choses très pertinentes. Ce qui est important,  c'est de laisser la parole à tout le monde. Ce n'est pas parce que j'ai 35 ans  que j'ai plus à dire qu'un autre. Je tiens à ça. Après, s'il y a des jeunes qui  veulent me parler, je suis disponible."
   
Pourtant vous valorisez souvent le rôle qu'ont eu vos mentors...
NM: "Oui, quand j'ai commencé à Perpignan, il y a eu Pascal Meya. C'est  comme un frère pour moi. Quand j'ai débuté, il m'a pris sous son aile et encore  aujourd'hui, quand ça ne va pas, je l'appelle et il me conseille. Forcément, je  suis attentif à à ça car quand j'ai commencé, il y avait (Renaud) Peillard,  (Stéphane) De Besombes, Meya, (Michel) Konieck... Des gars que je regardais  comme ça (il lève les yeux), je m'asseyais à mon casier et je ne disais rien...  En équipe de France, il y a eu Olivier Milloud, Pieter De Villiers, Sylvain  Marconnet, des joueurs très forts avec qui, même sans parler, tu apprends  beaucoup de choses."
   
C'est important pour vous d'être disponible pour les jeunes ?
NM: "Oui, bien sûr, après c'est sûr on n'a pas les mêmes trips (rires). Les  générations sont différentes. Mais ils sont très respectueux, ça va, et puis je  n'ai pas envie de dire que c'était mieux avant. Chaque époque est différente,  c'est tout."
   
Pourquoi est-ce aussi important pour vous de les écouter ?
NM: "Je n'ai pas envie que les jeunes pensent que parce que Titi  (Dusautoir), Pascal (Papé), Dimitri (Szarzewski) ou moi on est les plus anciens  qu'on doit toujours prendre les décisions. Il faut que le groupe dans son  ensemble vive. Le chef, c'est Titi, c'est lui qui tranche. Mais c'est important  qu'un gars comme Eddy (Ben Arous, ndlr), qui peut être un peu timide mais a des  choses intéressantes à dire, puisse s'exprimer. Moi, à l'école, je n'aimais pas  trop participer et quand tu es timide on se fout un peu de ta gueule. Je ne  veux pas de ça ici, pas de clans, de divisions. Il faut que tout le monde se  sente en confiance pour réussir car arrive un moment où tout le monde a sa part  de responsabilité. "

AFP

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