McCaw Harinordoquy
Richard McCaw et Imanol Harinordoquy à la lutte | AFP - WILLIAM WEST

Morts les armes à la main !

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Les All Blacks sont redevenus champions du monde 24 ans après en battant de justesse (8-7) une équipe de France courageuse et méritante, ce dimanche à l'Eden Park d'Auckland. Le match, âpre, serré, passionnant, a tourné en faveur des Néo-Zélandais en première période avant que les Français ne réagissent lors d'une splendide deuxième mi-temps. Malgré une nette domination, les hommes de Marc Lièvremont n'ont jamais pu passer devant. Rageant !

La Nouvelle-Zélande a remporté la Coupe du  monde de rugby pour la deuxième fois de son histoire, en battant la France  (8-7) en finale dimanche à Auckland. Les All Blacks, sacrés en 1987 et 2011, rejoignent l'Australie (1991, 1999)  et l'Afrique du Sud (1995, 2007) au premier rang des nations les plus titrées. A l'inverse, les Français, battus par la Nouvelle-Zélande (29-9) en 1987,  puis par l'Australie (35-12) en 1999, s'inclinent pour la troisième fois en  finale. Chaque équipe a perdu son ouvreur au cours des quarante premières minutes.  Le Français Morgan Parra est sorti groggy après un coup de genou de Richie  McCaw (23e) alors que le Néo-Zélandais Aaron Cruden, 3e numéro 10 des All Blacks  depuis le début du Mondial, a quitté le terrain, touché au genou (34e). Revenus à un point (8-7), ils ne sont jamais parvenus à franchir la ligne  défensive néo-zélandaise en fin de match, malgré une possession du ballon  largement favorable au cours des quarante dernières minutes.

Les Français répondent au Kaka

Pour la troisième fois consécutive, la France alignait la même équipe de départ. Comme face à l'Angleterre ou contre les Gallois, toujours à l'Eden Park d'Auckland. Le Haka fût impressionnant, les hôtes du Mondial choisissant d'interpréter le Kapa o Pango. Au même moment, les joueurs du XV de France ont formé, main dans la main, le V de la victoire avant d'avancer jusqu'à la limite protocolaire de 10 mètres pour faire face en ligne à leurs rivaux des Antipodes qui ont ensuite entamé les hostilités. Piri Weepu donnait le coup d'envoi pour la Nouvelle-Zélande qui s'installait dans le camp français, profitant notamment d'un coup de pied directement en touche de Dimitri Yachvili. Les Blancs enchaînaient ensuite une action à plusieurs temps de jeu en balayant la largeur du terrain mais l'arbitre sifflait une pénalité, le Français ayant gardé le ballon.

Dans la foulée, les Blacks mettaient la pression dans le camp blanc et Monsieur Joubert offrait l'occasion à Weepu d'ouvrir la marque. Le demi-de-mêlée ratait la cible (8e). Faisant preuve d'agressivité à l'image d'un tampon de Dusautoir sur Cruden, les hommes de Marc Lièvremont se défendaient parfaitement en ce début de rencontre. Dès la 13e minute, Morgan Parra devait sortir, sonné après un coup à l'œil. François Trinh-Duc entrait en piste pour remplacer le Clermontois, Yachvili endossant le rôle de buteur. Accusant le coup, les Blancs encaissaient un essai sur une superbe combinaison black en touche (ballon volleyé par Jérôme Keino) qui envoyait le pilier Tony Woddcock en terre promise, sans opposition. Weepu manquait la transformation (5-0, 15e). 

Les Blacks prennent les devants

Dans la foulée, Parra revenait sur le terrain: le staff bleu avait indiqué à l'arbitre un saignement, ce qui a permis à l'ouvreur tricolore de ne pas être considéré comme sortant définitif. Devant, les Blacks dominaient légèrement, Poux étant sanctionné pour une poussée en travers en mêlée. Les All Blacks commençaient à envoyer du jeu large-large avec de nombreuses percussions: les Français défendaient plutôt bien. A la 23e minute, Morgan Parra –en larmes- était contraint de quitter de nouveau ses partenaires, définitivement cette fois. Il se faisait poser une minerve par sécurité. Très agressif, les joueurs de Graham Henry profitaient des moindres fautes françaises, comme cette relance risquée initiée par Médard. Weepu manquait une nouvelle pénalité. Les Blacks venaient de laisser huit points en route au pied.

Les deux formations ne se faisaient aucun cadeau, les plaquages en étant l'illustration. Sur l'un d'eux, signé Trinh-Duc, le genou de Cruden se dérobait. Le demi d'ouverture néo-zélandais était contraint de laisser sa place à Stephan Donald. A cinq minutes de la pause, François Trinh-Duc ratait un drop de 30 mètres dans l'axe après un bon travail du pack français. L'ouvreur de Montpellier effectuait une superbe percée au cœur de la défense noire mais une cuiller de Brad Thorn le faisait tomber in extremis. Les deux équipes regagnaient les vestiaires sur ce court avantage pour les Blacks (5-0). Si les Blancs avaient manqué trois points sur le drop raté de Trinh-Duc, Weepu avait manqué deux pénalités et une transformation (8 points) pour les siens. La France restait dans la partie.

Trinh-Duc rate la pénalité de la gagne

François Trinh-Duc donnait l'engagement de la seconde période. Entreprenants, les Blancs tentaient de rythmer l'entame de la seconde période. McCaw se mettait à la faute sur un regroupement et Monsieur Joubert offrait la possibilité à Yachvili d'ouvrir le compteur français. Mais le Biarrot, des 22 m en coin, manquait de peu la mire (43e). Dans la foulée, Trinh-Duc ne sortait pas d'un ruck. Pénalité logique pour les All Blacks, convertie par Stephen Donald des 35 m dans l'axe (8-0, 46e). Puis Vincent Clerc quittait la pelouse, boitant bas. Damien Traille le remplaçait. Les Blanc réussissaient à ces coups du sort: après un contre de Trinh-Duc sur Weepu, les Français enchaînaient mais Yachvili glissait au moment d'aller à dame: l'action rebondissait à gauche puis à droite, Rougerie prenait le trou et envoyait Dusautoir entre les perches. Yachvili transformait (8-7, 47e). Thierry Dusautoir devenait là le deuxième capitaine à inscrire un essai en finale de Coupe du monde après David Kirk en 1987. Les Blacks perdaient le fil et Weepu, juste avant d'être remplacé par Ellis, envoyait son coup de pied d'engagement directement en touche. Le match était totalement relancé.

Galvanisés par leur essai, les hommes de Marc Lièvremont se montraient solidaires et agressifs en défense, plaquant comme jamais et contrant leurs rivaux en touche, à l'image d'Imanol Harinordoquy. Sur une mêlée écroulée par les Néo-Zélandais, l'arbitre sifflait une pénalité pour les Blancs. François Trinh-Duc tenatit sa chance de plus de 45 mètres mais il manquait la cible (65e). Dimitri Szarzewski remplaçait William Servat au cœur du pack blanc. Les Français régnaient sur l'alignement en touche et accentuaient la pression sur les Blacks qui s'en sortaient par un jeu au pied efficace. Julien Pierre suppléait Pascal Papé pour les dix dernières minutes. La fin de match s'avérait insoutenable, Monsieur Joubert refusant de siffler une pénalité française à deux reprises alors que Keino -notamment- semblait clairement hors-jeu. Les Blancs mourraient finalement les armes à la main, sans avoir démérité. Victimes de la meilleure équipe du monde qui ne l'était pourtant pas sur cette rencontre. Terrible.

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