Jonathan Sexton et Frédéric Michalak
Jonathan Sexton et Frédéric Michalak, le duel d'ouvreurs avant France - Irlande | AFP - ADRIAN DENNIS / DPPI MEDIA - BACKPAGE IMAGES LTD - JOE TOTH

Michalak - Sexton, l'une des clés de France - Irlande

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Le match en forme de "finale" du groupe D entre la France et l'Irlande, dimanche (17h45), va opposer deux demis d'ouverture de premier plan et expérimentés. Côté français, Frédéric Michalak (32 ans), meilleur réalisateur de l'Histoire du XV de France et aussi en Coupe du monde, brille d'abord par ses fulgurances ballon en main. Côté irlandais, Jonathan Sexton (30 ans), est un maître à jouer exceptionnel, aux coups de pied dévastateurs tant dans le déplacement que face aux perches.

En février dernier, Jonathan Sexton, et son complice de la charnière Conor Murray, avaient abreuvé de coups de pied le troisième rideau français durant le Tournoi des 6 Nations. Et avec des capteurs de ballons aériens comme Rob Kearney, Simon Zebo ou Keath Earls, c'est un danger permanent.

Sexton, 519 points en 58 sélections, Michalak, 436 points en 75 sélections

Voilà l'un des principaux problèmes représentés par l'ancien ouvreur du Racing-Métro. Dans la lignée de Ronan O'Gara, son prédécesseur, le N.10 irlandais est un vrai poison avec son jeu au pied, précis et souvent (si ce n'est toujours) joué avec intelligence. Du haut de ses 58 sélections, le natif de Dublin affiche déjà 519 points en carrière internationale, qu'il a débutée en 2009. Cette année-là, Frédéric Michalak traversait son petite désert sous l'ère Lièvremont (4 sélections en quatre ans), lui qui avait commencé l'aventure en bleu en 2001. A l'aube de sa 76e sélection, le Toulonnais est devenu le meilleur marqueur français en Coupe du monde (136 points), dépassant Thierry Lacroix, après être devenu le meilleur marqueur de l'histoire l'équipe de France lors du Tournoi des 6 Nations. Mais son total n'atteint aujourd'hui "que" 436 points (dont 10 essais, soit autant que Sexton). 

Sur la ligne de départ, les deux ouvreurs n'ont pas le même profil. L'Irlandais ressemble à une machine à taper bien installé dans un jeu stéréotypé, alors que le Français passe pour un créateur génial, capable de toutes les folies. Au-delà des apparences, ils ont tous deux deux points communs: de grosses capacités en défense, et une volonté de faire jouer autour d'eux. Depuis le début de la Coupe du monde, les deux hommes ont interverti leurs apparences: Michalak a enquillé 33 points au pied, ne gagnant que 53m pour cinq passages de la ligne d'avantage, alors que Jonathan Sexton n'a inscrit que 25 points (dont un essai), pour un gain de 94m avec trois passages de la ligne d'avantage. En défense, l'Irlandais est devant avec 86% de réussite (12 plaquages) contre 69% au Français (9 plaquages).

La France retrouve des couleurs

Patrons sur le terrain, les deux demis d'ouverture n'ont pas le même rendement sous pression, lorsque leur pack n'est pas dominateur. Le futur joueur du Leinster a une capacité à inverser la pression sur un coup de pied, ce que le Français a toujours peiné à faire. Mais alors que l'Irlande sort de deux années flamboyantes (victoires dans le Tournoi des 6 Nations 2014 et 2015, 21 succès pour 6 défaites), son début de Coupe du monde semble moins maîtrisé, comme l'atteste la difficile victoire contre l'Italie (renforcée par le retour de Parisse, absent contre la France). A l'inverse, après quatre années de labeur et deux dernières saisons peu réjouissantes (13 victoires pour 16 défaites), le XV de France paraît sur une pente ascendante, à l'image d'un Michalak de nouveau décisif.

Jonathan Sexton et Frédéric Michalak détiennent une grande partie du sort de cette rencontre. L'Irlandais estime que son équipe devra réaliser "sa meilleure performance sous l'ère Joe Schmidt pour gagner". L'équipe de France devra faire pareil, elle qui n'a jamais battu l'Irlande depuis le début de l'ère Saint-André. C'est le bon moment, afin d'éviter un quart de finale contre la Nouvelle-Zélande.

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