Nouvelle-Zélande McCaw tri-nations 092010
Richie McCaw va aplatir pour la Nouvelle-Zélande | AFP - TORSTEN BLACKWOOD

McCaw, le capitaine essentiel

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Durant les six semaines de la Coupe du monde, nous vous faisons découvrir pourquoi les Néo-Zélandais sont considérés, depuis trente ans, comme les meilleurs du monde. Joueurs, stades, culture, voici tout ce qui a fabriqué la légende des All Blacks à travers le temps, dont Richie McCaw, qui rêve de redonner à son peuple un titre qui leur échappe depuis maintenant 24 ans.

Malgré sa blessure récurrente au pied doit, qui le perturbe sérieusement depuis le début de la coupe du monde, Richie McCaw a quand même montré l’exemple, lors de la victoire des All Blacks sur l’Argentine. Collant au ballon, plaquant beaucoup, attaquant souvent la ligne, il continue de tenir bon la barre. Et les Néo-Zélandais n’ont pas à s’en plaindre tant le 3e ligne aux 104 sélections est essentiel à leur équilibre.

Dès le début même de la compétition, beaucoup considéraient que sa présence et son niveau de performance pouvaient conditionner l'avenir des All Blacks dans ce Mondial. Richie Mc Caw, 31 ans, malgré ses entraînements allégés, sait ce qu'il doit accomplir pour remplir sa fonction de capitaine et amener à la consécration suprême une équipe que tout un pays vénère et attend. Le joueur des Canterbury Crusaders est considéré comme le meilleur troisième ligne du monde, un poste où il peut exprimer toutes ses qualités.

Le poste de numéro 7 est en effet l'un des plus exigeants du jeu de rugby: pour y exceller, il exige une condition physique exceptionnelle ainsi qu'une maîtrise complète de nombreuses qualités techniques, dans un secteur - les rucks -devenu aujourd'hui l'une des zone-clés de ce sport. En défense, le troisième ligne côté ouvert ou "grand champ" doit ainsi faire parler sa vitesse, être présent au plaquage et capable de se relever rapidement pour dérober les ballons à l'adversaire ou au moins les ralentir. En attaque, on attend de lui qu'il soit bon ballon en main, capable de solliciter les défenses mais également qu'il apporte le soutien à ses partenaires, soit pour enchaîner dans la profondeur, soit pour protéger le ballon au sol. Richie McCaw connaît son rôle sur le bout des doigts.

Richard Hugh McCaw, plus connu sous le nom de Richie McCaw, est un prodige du rugby néo-zélandais, très tôt repéré et très tôt confronté à la professionnalisation d'une discipline ouverte à la mondialisation. International pour la première fois en 2001 alors qu'il n'a sur son CV qu'une poignée de matches à haut niveau, il débute à Landsdowne Road face à l'Irlande et est désigné homme du match. Il est tout de suite catalogué comme la nouvelle star de la troisième ligne All Black, celui qui fera oublier Michael Jones. Dix ans plus tard, McCaw a fêté sa 100e sélection, honneur inédit au pays où les rugbymen de légende sont considérés comme des demis dieux. Les Maoris appellent cela le mana, l'autorité naturelle et le prestige des sages et des anciens. Richie le possède indéniablement. Son influence sur ses coéquipiers, sur ses adversaires, et sur les arbitres est immense. Quand Richie parle les autres écoute. Fait rarissime dans l'histoire moderne pour un Pakeha (Néo-Zélandais d'origine européenne) il a eu l'honneur de mener le haka. C'est dire le degré de confiance dont il jouit en équipe nationale. 

Avec les Blacks il détient deux records: le nombre de sélections et celui de capitanats. McCaw semble avoir atteint le summum des rêves que peut faire un joueur de rugby. Pourtant, ce fils de fermier devenu icône nationale a encore une tâche à accomplir. Premier capitaine des hommes en noir à mener son équipe pour une deuxième coupe du monde, il ne veut pas reproduire le mauvais scénario de 2007. Devant son public, et pour toute la nation, il veut être celui qui soulèvera, le 23 octobre, ce fameux trophée qui se refuse à eux depuis 1987.

CG

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