France - Nouvelle-Zélande du Mondial 2007
Thierry Dusautoir était sur le terrain de Cardiff pour l'exploit de 2007, face aux All Blacks de So'oialo | AFP - MARTIN BUREAU

L'exploit de 2007, un rêve lointain pour le XV de France

Publié le , modifié le

Huit ans après avoir renversé la montagne néo-zélandaise en quarts de finale de la Coupe du monde 2007 à Cardiff, l'équipe de France rêve de suivre l'exemple de ses prédécesseurs, samedi. Mais pour quelques-uns des protagonistes de l'époque ou des observateurs, le contexte est trop différent pour faire un parallèle. "Il y a toujours la place mais ce n'est pas parce qu'on l'a fait il y huit ans ou seize ans qu'on va le refaire cette fois", résume Yannick Jauzion, auteur de l'essai de la victoire en 2007.

C'est la question de la semaine: les Bleus peuvent-ils refaire  le coup ? Ce curieux hoquet de l'histoire qui précipite de nouveau le XV de  France dans le piège All Blacks, au Millennium Stadium, pour une place en  demies, peut-il avoir la même issue qu'en 2007 (20-18) ? Souvent les parallèles sont hasardeux et le capitaine Thierry Dusautoir,  brillant il y a huit ans, ne cesse de répéter que "chaque équipe a sa propre  histoire", que "les contextes sont différents". Et que l'exploit de 2007, comme  celui en demi-finales de 1999 (43-31), n'en appelle pas forcément un troisième.

"Il y a toujours la place mais ce n'est pas parce qu'on l'a fait il y huit  ans ou seize ans qu'on va le refaire cette fois", résume l'ancien centre  Yannick Jauzion, auteur de l'essai de la victoire le 6 octobre 2007.

Elissalde sceptique

"Je ne suis pas sûr qu'ils soient dans la même position que nous à  l'époque", abonde le demi de mêlée de l'époque Jean-Baptiste Elissalde. "Nous  avions été surpris dés le premier match (défaite contre l'Argentine) et on  avait eu la chance de pouvoir faire trois bons matches ensuite dont un face aux  Irlandais justement. On avait réussi à se rassurer." Le XV de France n'est effectivement pas dans une dynamique similaire  puisqu'après avoir remporté ses trois premiers matches contre des nations  supposées plus faibles (Italie, Roumanie, Canada), il a été nettement séché par  l'Irlande (24-9).

"Je leur souhaite de le refaire mais je suis sceptique", poursuit  Elissalde. "Cela va forcément être un levier d'être donné perdant à coup sûr  mais cela suffira-t-il ?" "Là on sort d'une défaite et on est encore plus outsiders. Mais pourquoi  pas. Il faudra, comme en 2007, faire le match parfait", exhorte de son côté  l'ailier Vincent Clerc. Comme le remarque l'ancien sélectionneur (1991-95) Pierre Berbizier, il  existe une différence notable entre les Bleus de 1999 et 2007, et ceux de 2015:  "A l'époque, ils avaient des matches références sur lesquels s'appuyer. Là, ils  n'ont que des bribes", souligne-t-il.

Comme en 2007, il faudra donc d'abord puiser des ressources dans le  collectif car "c'est au groupe à sortir quelque chose de fort de l'intérieur",  rappelle Jauzion. "On était resté dans notre bulle", confirme Elissalde. Alors  que l'essentiel de la Coupe du monde se disputait en France, les Bleus étaient  plutôt à l'abri à Cardiff, pour préparer ce seul quart de finale délocalisé.

McAlister: "On ne sait jamais quelle équipe on aura en face de nous"

Dans le jeu, Elissalde souligne aussi que les Bleus avaient choisi "de  réduire la voilure", en procédant à une petite adaptation stratégique. "Beauxis jouait en 10 et Traille en 15, cela faisait deux pieds plus le  mien pour essayer de taper le plus possible dans les coins", analyse   l'entraîneur toulousain. "Finalement on a réussi à jouer trois coups dans la  partie dont deux qui sont allés au bout: le reste cela a été de la défense, de  la défense, de la défense..."

Bleus de 2007 et de 2015 seront en tout cas sans doute portés par le même  moteur: la crainte du ridicule en mondovision. "C'est la peur qui fait le travail", sourit Vincent Clerc. "En 2007 cette  peur nous a galvanisés car on ne voulait pas que notre Coupe du monde s'arrête  en quarts de finale. Tout comme 2011 (finale perdue 8-7) on avait peur de ne  pas être au niveau car tout le monde disait que l'on ne méritait pas d'être en  finale". Et puis dans le camp All Blacks, peut-être que la sérénité ne sera pas  totale non plus, comme l'évoque l'ouvreur Luke McAlister qui portait le N.10 en  2007: "Les Blacks ont toujours un peu peur de la France car on se sait jamais  quelle équipe on aura en face de nous". De part et d'autre, difficile de  chasser les fantômes du passé.

AFP

Coupe du Monde de Rugby