Aaron Smith
Le joueur néo-zélandais Aaron Smith | AFP - GABRIEL BOUYS

Les stars de la Coupe du monde 2019 sont déjà là

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Derrière les géants qui ont arrêté leur carrière internationale à l’issue de cette Coupe du monde, les Carter, McCaw, Matfield, Habana, Giteau et autre Fernandez Lobbe, des joueurs se sont révélés et ont même pris une dimension nouvelle. Voici notre XV des trois ou quatre années à venir, de Ben Smith à Frans Malherbe en passant par Mark Bennett, Julian Savea, Michael Hooper ou Brodie Retallick. Même si d’autres talents vont émerger, ce seront eux les stars de la Coupe du monde 2019.

Ben Smith : impérial sur les ballons hauts, vif et tranchant dans ses courses, altruiste et doté d’une dextérité adéquat, le troisième Smith des champions du monde (avec Aaron et Conrad) a assuré sa partition avec élégance. Il aura 33 ans en 2019 et il faudra voir si ses jambes tourneront aussi bien, mais rien d’impossible avec un tel talent.

Nehe Milner-Skudder : élu révélation de la saison, l’ailier des Blacks a inscrit 6 essais lors de cette Coupe du monde. Il a surtout créé énormément de brèches dans les défenses, réussissant 15 franchissements dont 5 en finale et 561 mètres parcourus. A 24 ans, le joueur aux crochets dévastateurs a tout l’avenir devant lui.

Damian De Allende : le successeur de Jean de Villiers est un véritable taureau furieux. Il avance toujours à l’impact et a déjà pris sa place au sein d’une équipe sud-africaine qui mélangeait vieux briscards et jeunes pousses. Avec son complice d’attaque Jesse Kriel, moins puissant mais plus puncheur, De Allende (21 ans) incarne la relève de cette Afrique du Sud qui a toujours fourni des centres costauds et adroits (Gerber, Fourie, François Steyn). A priori, il sera encore meilleur dans quatre ans au Japon.

Mark Bennett : le centre du XV au Chardon a confirmé tout son potentiel à l’occasion de ce Mondial. Au sein d’une formation écossaise joueuse, le trois-quarts de Glasgow s’est montré entreprenant, faisant avancer son équipe en attaque et défendant de façon efficace. Il s’est même permis le luxe de faire vibrer tout un peuple lors du quart de finale face à l’Australie lorsqu’il a intercepté un ballon de Slipper pour inscrire un essai donnant deux points d’avance aux siens à six minutes du terme. Il n’aura que 26 ans au Japon.

Julian Savea : le meilleur ailier du monde. Puissant (presque) comme Jonah Lomu, le meilleur marqueur de la compétition (8 essais, record de Bryan Habana et Lomu sur une édition égalé) a réalisé un triplé contre la France dont un essai digne de la légende où il envoya valdinguer trois Tricolores (essai de l’année pour World Rugby). S’il ne part pas en vrille comme Zac Guilford ou Cory Jane, il devrait être la star des années à venir et du prochain mondial d’autant qu’il aura peut-être battu le record d’essais chez les Blacks (49 pour Doug Howlett, Savea en compte 38 à 25 ans).

Handre Pollard : le demi d’ouverture de l’Afrique du Sud a pris une nouvelle dimension cette saison notamment lors de cette Coupe du monde. Le Springboks possède un bon jeu au pied, puissant et précis. Il attaque bien la ligne pour mettre ses troupes dans l’avancée, plaque à tout de bras et progresse stratégiquement à chaque match. Il a passé toutes ses pénalités contre les All Blacks en demi-finales même si ça n’a pas suffi. A 21 ans, l’ouvreur des Blue Bulls a quatre années devant lui pour devenir le meilleur ouvreur du monde.

Aaron Smith : formidable rampe de lancement pour le jeu des All Blacks. Capable d’éjecter rapidement le ballon comme de prendre des trous de souris au ras des regroupements, le demi-de-mêlée a ébloui les spectateurs par sa grâce et sa foulée. A 26 ans, il est bien le meilleur 9 au monde, le joueur qui manquait aux maîtres du monde il y a quatre ans.

Toby Faletau : le numéro 8 gallois a effectué une brillante Coupe du monde au sein d’une équipe du pays de Galles décimée par les blessures notamment au niveau de la ligne de trois-quarts. Impressionnant d’aisance ballon en mains et doté d’une puissance explosive lui permettant de perforer les défenses adverses. Très bon face à l’Angleterre et contre l’Afrique du Sud, le joueur d’origine tongienne aura seulement 25 ans dans un mois. Convoité par les meilleurs clubs du continent, il ne va probablement pas s’arrêter là.

David Pocock : le roi des rucks. Un combattant hors pair avec pas moins de 17 ballons récupérés au grattage. L’arme absolue des Wallabies qui se sont gavés de ses ballons de contre glanés au cœur de la bataille. Centre de gravité assez bas, puissance des bras et du buste, le numéro 8 australien s’est montré un leader exemplaire dans l’attitude.

Michael Hooper : le compère idéal de Pocock. Intraitable dans les rucks et en défense, l’Aussie blond au look de surfeur s’est montré omniprésent durant toute la première phase du Mondial. Il a réussi 57 plaquages durant ce Mondial, comme son alter ego.

Eben Etzebeth : ses coéquipiers le décrivent comme le mélange parfait entre Bakkies Botha et Victor Matfield. Ultra-puissant, dur au mal, excellent sauteur en touche, le deuxième ligne springboks n’a quasiment pas de défaut si ce n’est une propension à se mettre à la faute avec parfois un excès d’engagement. Pas moins de 75 plaquages à son actif cet automne. Enorme.

Brodie Retallick : sacré meilleur joueur du monde en 2014, le deuxième ligne all black a confirmé en 2015 tout le bien qu’on pensait de lui. Sur cette Coupe du monde, il a plané sur la touche, récupérant énormément de lancers de son talonneur et volant 6 ballons à l’adversaire. Véritable troisième ligne bis, il sait tout faire, et bien : courir, transmettre sur un pas dans une attaque en ligne, plaquer..etc. Il sera encore là au Japon (28 ans en 2019).

Rabah Slimani : l’un des rares français qui s’est distingué lors de ce Mondial. Même s’il a sombré comme tous les Bleus lors du quart de finale contre la Nouvelle-Zélande, le pilier du Stade Français a plutôt bien tenu son poste auparavant. Il a fini co-meilleur marqueur d’essais du XV de France (avec l’ailier Sofiane Guitoune), ce qui n’est pas un mince exploit pour un première ligne, et progresse régulièrement depuis ses débuts sous le maillot frappé du coq. Il aura 30 ans lors du Mondial 2019.

Julien Montoya : le remplaçant du capitaine Augustin Creevy a assuré à chaque fois qu’il est rentré pour effectuer vingt, trente ou quarante minutes. Puncheur à la sauce argentine, Montoya a permis aux Pumas de garder la même intensité en fin de match que sur la première heure de jeu. Lanceur plutôt efficace, ce talon de 22 ans devrait encore progresser d’ici à la Coupe du monde 2019. Son petit gabarit (1 ?84 m pour 103 kg) tranche avec la  nouvelle génération des talonneurs, plus denses. Peu importe. Quand le talent est là…

Frans Malherbe : le pilier sud-africain a disputé six rencontres du Mondial dont les décisives contre Gallois, All Blacks et Pumas. En concurrence avec l’expérimenté Jannie Du Plessis, Malherbe n’a pas à rougir de ses prestations. Capable de caler la mêlée comme de participer au jeu franc et direct des Springboks, le joueur a été l’une des révélations de la saison. A 24 ans, il a encore largement le temps de progresser pour devenir la référence à son poste dans quatre ans au Japon.

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