Marc Lièvremont Thierry Dusautoir Jo Maso
Le manageur Jo Maso, le sélectionneur Marc Lièvremont et le capitaine Thierry Dusautoir | AFP - Franck Fife

Les interrogations du XV de France

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Au lendemain de son arrivée en Nouvelle-Zélande, l'équipe de France se plonge pleinement dans la Coupe du monde, avec ses blessés et son calendrier. Si Marc Lièvremont, le sélectionneur, veut "donner du temps de jeu à tous" lors des deux premiers matches contre le Japon et le Canada, le cas de Maxime Mermoz pose question, pour jouer contre les Nippons: "Ce sera compliqué, je pense. Il pourrait dans l'absolu mais il ne s'est pas entraîné depuis trois semaines".

La préparation de la Coupe du monde a débuté depuis deux mois. Mais en posant le pied sur le sol néo-zélandais, l'équipe de France est désormais totalement immergée dans son objectif. Finis les problèmes de choix d'hommes, terminées les discussions sur la préparation physique, le décompte est enclenché vers le premier match de la Coupe du monde, face au Japon. Et la tactique s'affine. "On a besoin de donner du temps de jeu à tous sur ces deux (premiers) matches, certainement. Pour ceux qui ont joué à Bordeaux (face à l'Irlande le 13 août en match de préparation, NDLR), on sera à quatre semaines de ce match. L'idée serait aussi de faire deux bons matches et de pouvoir intégrer assez rapidement les remplaçants", a expliqué Marc Lièvremont au sujet des deux affrontements initiaux contre le Japon puis le Canada. Deux matches largement à la portée des Français avant de défier les All Blacks puis avoir le match, certainement décisif pour la qualification, contre le Tonga.

"Sincèrement, on ne va pas monter un collectif par rapport aux problématiques que peuvent nous poser le Japon et le Canada", affirme le sélectionneur. "Quelle que soit l'équipe alignée, on devrait avoir les moyens de battre ces deux équipes. On sait que ce match a une importance particulière mais on a ces deux matches à préparer d'abord contre le Japon et le Canada. On n'a pas la même problématique que la Nouvelle-Zélande qui joue son match d'ouverture dans huit jours (contre les Tonga), qui jouera le Japon en suivant, nous et le Canada après. Ils vont peut-être pouvoir faire un turnover sur leur effectif. Nous, on sait qu'on a la Nouvelle-Zélande et cette sorte de huitième de finale contre les Tonga. Donc on verra à l'issue du match contre le Canada comment on aborde ce match contre la Nouvelle-Zélande". 

Jusqu'à ce match attendu et de prestige contre les Néo-Zélandais, les Français ont du pain sur la planche. "On est conscient de nos forces et faiblesses actuelles mais on ne perd pas de vue que l'on est ici pour gagner la Coupe du monde", rappelle Thierry Dusautoir, le capitaine. "L'ambition, on l'a toujours affichée. On a envie de gagner cette Coupe du monde. Maintenant, on est conscients que l'on n'est pas favoris, on est conscients que notre saison 2010 a été mauvaise, enfin, moyenne en comptant le Grand Chelem qui était important". Les claques reçues en Argentine ou contre l'Australie, comme ce revers subi pour la première fois de son histoire en Italie, ont laissé des traces dans l'esprit des joueurs.

Des traces physiques, certains membres du collectif en ont encore. Maxime Mermoz, de nouveau blessé à Bordeaux contre l'Irlande lors de son retour à la compétition après sept mois d'absence, n'est toujours pas au mieux de sa forme. Le centre perpignanais, qui devait être l'une des forces des lignes arrières, pourrait rater le premier match contre le Japon. "Ce sera compliqué, je pense", glisse ainsi Marc Lièvremont. "Il pourrait dans l'absolu mais il ne s'est pas entraîné depuis trois semaines. Médicalement, il sera apte. Rugbystiquement, on espère qu'il reprendra l'entraînement en début de semaine (prochaine). On a suffisamment de joueurs à son poste et je pense qu'on ne prendra pas de risques". En revanche, William Servat, blessé durant la finale du championnat de France et qui n'a toujours pas joué en match depuis, comme Fabien Barcella, qui n'a joué que 40 minutes (à Dublin en août) depuis un an, sont sur la bonne voie. Le talonneur de Toulouse "va bien. Il participe aux entraînements depuis les semaines de préparation des matches contre l'Irlande. On le trouvait trop court physiquement et rugbystiquement pour l'aligner mais là, il est compétitif", se réjouit le sélectionneur. Pour le pilier Biarrot, "c'est pareil. Il a joué, il ne s'est pas blessé depuis. Il n'est pas encore à cent pour cent du potentiel qu'on lui connaît mais il travaille".

Dans moins de dix jours, chaque joueur devra être opérationnel, pour donner au staff tricolore des maux de tête à l'heure des choix, et offrir toutes les possibilités de changement. Sans quoi, le XV de France sera déjà amoindri avant même de commencer la compétition, par deux confrontations idéales pour trouver ses marques et emmagasiner la confiance nécessaire au défi du Pacifique. En attendant, les Français ont participé à leur premier entraînement en Nouvelle-Zélande, sur un terrain situé à quelques centaines de mètres de leur hôtel. Récupération de la fatigue du voyage, du décalage horaire, et mise en jambes, voilà le programme de cette remise en route, détaillée par le sélectionneur: "La difficulté, sur les trois premiers jours, est de les maintenir éveillés, les stimuler, les entraîner mais sans contact parce qu'ils sont encore un peu en vrac, un peu décalés. On s'y est employés ce matin avec des exercices de manipulation de balle, de technique individuelle et cet après-midi sur des ateliers spécifiques de touche et de jeu au pied pour les trois-quarts". Une manière d'entrer en douceur dans la compétition.

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