Alexis Palisson
Alexis Palisson | AFP - JEAN PIERRE MULLER

Les Bleus en dégradé

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La France a battu l'Irlande en match amical de préparation à la Coupe du monde de rugby (19-12). Etincelants en début de match, les Bleus ont ensuite souffert physiquement mais ils sont parvenus à conserver l'avantage grâce notamment à la botte de Dimitri Yachvili. Il leur reste désormais une rencontre, contre ces mêmes Irlandais à Dublin la semaine prochaine, pour se rassurer définitivement avant le début du mondial en Nouvelle-Zélande.

 Marc Lièvremont avait prévenu : "En rugby, il n'y a pas de match amical, et encore moins à un mois du début de la Coupe du monde". La copie rendue par ses élèves face à l'Irlande a dû, en partie, rassurer le sélectionneur. Assoiffés de jeu après un mois et demi à soulever de la fonte, les Bleus ont fait preuve d'une agressivité digne d'une rencontre de Coupe du monde et réalisé un début de match euphorisant. Certes, tout n'est pas parfait, les automatismes étant un peu rouillés après une longue période sans compétition, mais l'envie affichée laisse augurer de belles choses du côté de la Nouvelle-Zélande. Et ce même s'il faut bien reconnaître que l'Irlande, privée en outre de sa paire de centres mythiques O'Driscoll-D'Arcy n'avait rien d'une terreur de l'hémisphère Sud. La suite est malheureusement moins glorieuse, la France retombant dans des travers inquiétants. Par bonheur pour le XV tricolore, Dimitri Yachvili, impeccable dans ses tentatives au but comme dans sa gestion, a maintenu le navire à flots. Mais la mer est encore quelque peu agitée jusqu'à la Nouvelle-Zélande...

Pour leur premier, et dernier, match de préparation avant de s'envoler pour le pays du long nuage blanc, les Français mettent un point d'honneur à célébrer ces adieux avec leur public de la meilleure des façons. D'entrée, ils emballent le match et le stade Chaban-Delmas et mettent au supplice des Irlandais rapidement dépassés par la vitesse et l'engagement tricolores. Yachvili est le premier à concrétiser la domination au score par un coup de pied (3-0, 4e) qui ouvre l'appétit aux trois-quarts. Ceux-ci combinent à merveille pour lancer Palisson qui, dans un trou de souris, parvient à servir Clerc sur un plateau d'argent pour le 8e essai de l'ailier toulousain face aux Irlandais (10-0, 17e). Entre-temps, et c'est la première mauvaise nouvelle pour Marc Lièvrement, Maxime Mermoz a dû quitter le terrain, victime d'une blessure à la cheville.Le Perpignanais est remplacé au centre par Trinh Duc qui cède sa place au nouvel entrant David Skrela. cette réorganisation ne perturbe pas l'homogénéité bleue qui continue de pilonner la maison verte avec une belle application. Un nouveau coup de botte de Yachvili (13-0, 28e)donne une marge supplémentaire aux Français qui semblent partis vers un fantastique cavalier seul. "Semblent" seulement...

O'Gara et Yachvili se battent à coups de pied

Peut-être grisés par cette entame quasi-idyllique, ou bien plus sûrement victimes d'un contrecoup physique dû à une préparation exténuante, les partenaires de Dusautoir baissent subitement de pied. Le décalage entre les Bleus de la première demi-heure et leurs pâles successeurs est flagrant. Presque trop gros pour être vrai. Tombant dans un faux-rythme, les Français laissent les hommes verts sortir la tête de l'eau et mettre enfin la patte sur le ballon. sans être irrésistibles, ces derniers en font une bonne utilisation et, à base de groupés pénétrants, poussent les Coqs à la faute. L'expérimenté Ronan O'Gara, en concurrence avec le brillant Jonathan Sexton à l'ouverture, prouve qu'il a toujours bon pied bon œil en enquillant les pénalités (39e, 48e, 53e, 58e) et replace les siens à un petit point de Bleus de plus en plus transparents. C'est le vent du boulet qui va réveiller les Tricolores. Ces derniers, dans un beau sursaut d'orgueil, trouvent les ressources mentales et physiques pour passer, grâce à l'impeccable Yachvili, deux pénalités qui libèrent les siens (67e et 71e). Les Bleus voulaient se rassurer avant de partir pour la Coupe du monde. C'est en partie fait même si, à l'image de leur nouvelle tenue, ils laissent une impression en demi-teinte.

Déclarations :

Declan Kidney (entraîneur de l'Irlande): (sur la mauvaise entame de match des Irlandais): "C'est quelque chose que nous avions déjà vécu la semaine dernière contre l'Ecosse. Nous avions mal démarré et nous nous étions mis en difficulté nous-mêmes pour ne pas avoir su garder le ballon. On a essayé de lutter contre ça mais manifestement, ca n'a pas fonctionné et nous avons encore du travail pour le prochain match. Les Français ont très bien joué et pas nous. On avait travaillé des choses en défense mais tout n'a pas fonctionné. Il faut que nous arrivions à comprendre qu'on ne peut pas ne jouer qu'une mi-temps mais que l'on doit jouer pendant 80 minutes. Ils ont su dominer les phases de conquête, garder le ballon et avec un essai et une bonne défense, c'est la combinaison gagnante du rugby."
Leo Cullen (capitaine de l'Irlande): "On s'en veut car on n'a pas été assez attentif sur le jeu qu'on voulait pratiquer, on a commis des erreurs d'inattention en conquête et on n'a pas été suffisament concentré."
Thierry Dusautoir (capitaine du XV de France): "On est content d'avoir pu valider tout le travail accompli ce soir même si entre la 4e et la 60e minute on a eu des difficultés à revenir dans la partie. Je pense que c'est quelque chose d'assez normal, c'est le premier match, mais dans l'ensemble c'est plutôt positif et je pense que ça ira de mieux en mieux."

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Julien Lamotte

Coupe du Monde de Rugby