Nallet et Dusautoir France VS Japon
Lionel Nallet et Thierry Dusautoir à la lutte avec le collectif japonais | AFP - WILLIAM WEST

Les Bleus dans la douleur

Publié le , modifié le

La France a battu le Japon 47 à 21, samedi, pour son premier match du Mondial 2011 en Nouvelle-Zélande (poule A). Si ce succès est net avec pas moins de six essais inscrits et un bonus offensif en poche, une trop grande indiscipline des Français a bien failli leur coûter cher.

Une bonne entame

Si en 2007, l’équipe de France avait manqué son entrée en lice en s’inclinant face à l’Argentine (12-17), ce coup-ci, les Bleus ont répondus présents face au Japon. Mais de manière trop indisciplinée pour être rassurant sur leur niveau. Pourtant, supérieurs dans le jeu, les hommes de Marc Lièvremont ne mettaient pas longtemps à concrétiser leur domination. Sur un beau mouvement collectif impliquant Maxime Médard, Nicolas Mas, Raphaël Lakafia puis Dimitri Yachvili, Julien Pierre s’en allait aplatir dans l’en-but. Le demi de mêlée tricolore transformait ce premier essai sans ciller (7-0 à la 5e). Les Japonais profitaient ensuite de quelques erreurs des Bleus pour tenter leur chance dans le camp tricolore. Mais alors que James Arlidge avait l’occasion de donner trois premiers points aux siens suite à un hors-jeu des Français, il manquait son coup. De leur côté, les Français, très joueurs en ce début de rencontre, ne manquaient pas l’opportunité de passer un second essai avant même le quart d’heure de jeu. Sur un mouvement croisé des Japonais, François Trinh-Duc interceptait la balle et filait à toutes jambes aplatir dans le camp adverse. Yachvili ajoutait deux points supplémentaires (14-0 à la 12e).

S’ils proposaient pas mal de jeu, les Bleus partaient aussi beaucoup à la faute. Et c’est d’ailleurs une faute française dans la zone de plaquage qui permettait aux Nippons d’inscrire leur premiers points au tableau d’affichage, par le biais de leur demi d’ouverture Arlidge (14-3 à la 17e). En grande souffrance, la mêlée japonaise peinait à tenir tête au solide pack tricolore et était sanctionnée. Impérial, Yachvili ajoutait encore trois points (17-3 à la 20e). Dans la foulée, une nouvelle pénalité en mêlée fermée contre Hatakeyama accentuait encore l’avance des Bleus (20-3 à la 28e). Mais ces sanctions ne démoralisaient pas les troupes de John Kirwan. Sur une pénaltouche, les Nippons s’organisaient parfaitement. James Alridge, néo-zélandais naturalisé japonais, tentait un coup de pied à suivre. Sa frappe était contrée mais lui revenait. Il n’avait plus qu’à aplatir. Reste qu’Arlidge, peu en verve au pied, manquait une nouvelle fois sa tentative (20-8 à la 31e).

Deux essais invalidés

Dans les dernières minutes de la première période, les Français, plus costauds, inscrivaient un troisième essai. Cédric Heymans fixait la défense japonaise et le surnombre permettait à Aurélien Rougerie de bien servir Vincent Clerc côté droit. Mais alors qu’il était à 100% de réussite, Yachvili manquait son premier coup de pied de la rencontre (25-8 à la 35e). Juste avant de regagner les vestiaires, les Français partaient une fois de plus à la faute et voyaient les Japonais revenir à 25-11.

Après s’être sans doute fait remonter les bretelles par leur entraîneur en raison du trop grand nombre de fautes en première période, les Bleus entamaient la deuxième mi-temps pied au plancher. La mise en jeu allait directement en touche. Le pack français enfonçait littéralement son homologue nippon. La marée bleue submergeait l’adversaire et Harinordoquy franchissait victorieusement la ligne. Du moins, c’est ce qu’on croyait avant que l’essai ne soit invalidé, Harinodoquy ayant été retournée au moment d'aplatir. On repartait donc sur une mêlée à 5m. Une mêlée au cours de laquelle Lionel Nallet ramassait le ballon et franchissait à son tour la ligne japonaise. Mais une nouvelle fois, l’essai tricolore était refusé. Ce coup-ci, l’arbitre ne pouvait confirmer que le deuxième ligne français ait bien aplati.

Trop de fautes !

Sale période pour les hommes de Lièvremont ! Le VX japonais, plutôt vaillant, profitait lui de ce passage à vide tricolore pour inscrire un second essai. Tanaka trouvait Arlidge (encore lui !) qui échappait à deux plaquages pour aller marquer au pied des poteaux. L'ouvreur ne manquait pas ce coup-ci l’occasion de transformer son propre essai (25-18 à la 50e). De quoi plomber un peu plus le moral des Bleus ! Des Bleus sous pression qui se mettaient à confondre vitesse et précipitation et perdaient un nombre dément de ballon. Et comme si cela ne suffisait pas, Thierry Dusautoir sanctionné pour être resté sur ses appuis pour contester le ballon, offrait sur un plateau trois points supplémentaires aux Asiatiques (25-21 à la 58e).

Pris à la gorge, les Bleus bataillaient pour stopper l’hémorragie … mais de manière trop brouillonne. A l’image de David Skrela qui commettait un énième  en-avant dans ses 30m ! Les efforts finissaient néanmoins par payer. Après une pénalité de Yachvili suite à un talonnage à la main de Taniguchi (28-21), l’équipe de France s’offrait un quatrième essai, signé Nallet, synonyme de bonus offensif et d’une bonne bouffée d’oxygène (35-21 à la 71e) ! Le réveil tricolore était confirmé avec deux autres essais de Pascal Papé (77e) et Morgan Parra (47-21 à la 80e). Preuve que la France, même acculée, peut être capable de grandes choses. Pour la suite de la compétition, il lui faudra néanmoins corriger une trop grande indiscipline qui aurait pu lui coûter extrêmement cher.

"Nous avons manqué de consistance dans ce match, a déploré la capitaine Thierry Dusautoir au coup de sifflet final. Les Japonais ont vraiment  bien joué. Nous avons commencé à jouer quand ils sont revenus. Ils nous ont  fait comprendre qu'à la Coupe du monde, il fallait jouer à un certain niveau". Un niveau que les Bleus devront démontrer, le 18 septembre prochain, face au Canada.

Isabelle Trancoën

Coupe du Monde de Rugby