Nonu, Le Roux, France, Nouvelle-Zélande
Le centre néo-zélandais Nonu plaqué par le 3e ligne français Le Roux | MARTY MELVILLE / AFP

Les Bleus coulent à pic à Christchurch

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L'équipe de France a été châtiée par les Blacks à Christchurch pour le 2e test-match de sa tournée en Nouvelle-Zélande (30-0). Sans solution, les Bleus ont gâché leurs rares opportunités de marquer. Au contraire, les champions du monde ont fait preuve d'un froid réalisme, inscrivant trois essais superbes. Pour ne rien arranger, Michalak et Picamoles sont sortis sur blessure.

Confronté à des Néo-Zélandais supérieurs, le XV de France a sombré pour son 2e test-match chez les Kiwis. Catastrophiques en touche, peu inspirés en attaque et dans le jeu d'occupation, les Bleus ont subi. Excellents au pied et en contre, les Blacks ont su étouffer les trop rares velléités tricolores; "Aujourd'hui, on prend trois essais sur trois turnovers. Les joueurs ont tenté, mouillé le maillot mais il faut accepter que la Nouvelle-Zélande est au-dessus", a d'ailleurs reconnu sans peine Philippe Saint-André au coup de sifflet final. Avant le troisième et dernier test-match entre les deux équipes à New Plymouth le week-end prochain, PSA et son staff vont devoir panser les plaies d'un groupe certainement meurtri par ce fanny. Et trouver des solutions aux problèmes français.

Une action résume à merveille les manques de l’équipe de France ce samedi à Christchurch. 48e minute : sur un ballon porté et une charge énorme du pilier Thomas Domingo, les Bleus se retrouvent à trois mètres de la ligne adverse. Les coéquipiers d'un Florian Fritz énorme des deux côtés du terrain pilonnent la défense des Blacks à 26 reprises durant 3 minutes 20. Mais les champions du monde en titre ne flanchent pas. Machenaud envoie une "passe de maçon" à son compère de la charnière Michalak. La tentative de drop du Toulonnais est contrée. Les Néo-Zélandais récupèrent le cuir et relancent à toute vitesse. Ben Smith plonge en terre promise. L’essai du KO (17-0).

Le XV de France proche de la rupture

Sous la pluie, les Français ont manqué de couler à pic en première période. Si la mêlée fermée a cette fois tenu son rang, la touche tricolore a sombré. Sur un lancer cafouillé, les hommes de Philippe Saint-André se sont compliqué la tâche d’entrée de match. Nonu hérite du cuir et délivre une succulente passe au pied à son ailier Savea (7-0, 5e). Les All-Blacks imposent un rythme d’enfer pour capitaliser sur cet essai. Mais les Bleus résistent malgré un jeu au pied catastrophique. Il faut attendre 18 minutes pour voir les visiteurs envoyer du jeu pour la première fois dans le camp des locaux. Deux minutes plus tard, Michalak a même l’occasion d’ouvrir le compteur français. Mais le poteau en décide autrement. Signe de la fébrilité française, personne n’est là pour en profiter et les Blacks peuvent relancer pour obtenir une pénalité transformée par Cruden de l’autre côté… (10-0, 21e).

Le coup est rude, d’autant que Médard sauve la patrie en retournant Dagg dans l’en-but français après une percée de l’intenable Nonu (27e). Sur la mêlée suivante, la France est pénalisée mais Cruden se manque. Même quand Szarzewski prend le trou, les Bleus ne parviennent pas à combler les 5 mètres qui les séparent de la ligne (39e). La France a passé 80% de son temps dans son camp dans le premier acte, incapable de se libérer de la pression adverse. 

Un mur néo-zélandais

L’essai de Smith en contre en début de seconde période condamne les espoirs des vice-champions du monde en titre. A la recherche d’une cinquième victoire en terres néo-zélandaises depuis l’entrée du rugby dans l’ère professionnelle, les Bleus se cassent les dents sur une défense Black infranchissable. Cruden engrange au pied pour repousser l’équipe de France (23-0, 65e). Les troupes de Steve Hansen ne s’arrêtent pourtant pas là. Sur un ballon récupéré dans leurs 22 mètres, elles envoient la balle à l’aile. Comme dit l’adage, la vie est belle et Barrett réalise un saut de l’ange entre les perches (30-0, 78e). La messe est dite à Christchurch. Et le XV de France a été crucifié.

Jerome Carrere

Coupe du Monde de Rugby