Chris Robshaw
Chris Robshaw, principale des cibles des médias anglais depuis la défaite des Anglais face au Pays de Galles samedi | JED LEICESTER / BACKPAGE IMAGES LTD / DPPI MEDIA

Le XV de la Rose touché, mais pas coulé

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Défaite samedi face au Pays de Galles, l’Angleterre se retrouve dos au mur avant le choc face à l’Australie samedi prochain. Stuart Lancaster et ses joueurs, sous le feu des critiques suite à leur prestation face au XV du poireau, seront très attendus samedi à Twickenham, où ils joueront leur survie face aux Wallabies.

Le scénario d’une élimination précoce était inenvisageable pour les supporters anglais au coup d’envoi de ce Mondial 2015. Placée dans le groupe de la mort pour "sa" Coupe du Monde, l’Angleterre devait se débarrasser du Pays de Galles et de l’Australie pour s’ouvrir le chemin des quarts de finale et avoir en ligne de mire un trophée qu’elle veut de nouveau retrouver après son sacre en 2003. Deux jours après la défaite face aux Gallois, les fans anglais doivent désormais se confronter à la perspective d’une possible élimination avant même les quarts de finale, chose qui n’est jamais arrivé aux Anglais depuis le début de l’édition mondiale en 1987.

« Pourquoi abandonner un plan de jeu qui marche ? »

Stuart Lancaster, qui avait placé cette Coupe du Monde comme objectif ultime au moment de sa prise de fonction en 2011, n’a pas le droit à l’erreur pour cette Coupe du Monde à domicile. Pourtant bien parti pour une deuxième victoire consécutive dans ce Mondial face au XV du poireau, l’Angleterre a finalement failli dans un match où la défaite n’était pas permise. Plus qu’une défaite face à l’ennemi héréditaire, c’est définitivement le contexte de ce match qui cristallise aujourd’hui tous les regards autour de la sélection de Stuart Lancaster. Et les attaques sont frontales et sans pommade Outre-Manche. Clive Woodward, sélectionneur de l’équipe championne du monde en 2003, n’a pas mâché ses mots dans sa chronique pour le Daily Mail, remettant clairement en cause les choix de Stuart Lancaster. "Il y a eu tous ces changements. Certes, il y avait quelques blessés, Ben Youngs et Billy Vunipola, mais les autres n’étaient pas nécessaires. Et l’entrée tardive de Ford n’a aucun sens ! Pourquoi abandonner un plan de jeu qui marche ? Encore une fois, dans les 15-20 dernières minutes, l’Angleterre n’avait pas les 15 joueurs capables de résister à la pression qui montait. Vous imaginez ce XV de départ pour un match aussi important ? Non, alors pourquoi le terminer avec ce XV-là ?"

Critiqué pour sa prestation face au Fidji, le XV de la Rose faisait peau neuve pour affronter des Gallois connus pour imposer un rude défi physique à ses adversaires. Lancaster avait alors fait le choix de renier quelque peu ses principes en musclant son XV de départ. Owen Farrell remplaçait George Ford à l'ouverture et la paire Sam Burgess/Brad Barritt prenait place au centre. Des choix critiqués mais la physionomie du match de samedi donnait finalement raison au plan de jeu de Lancaster tant les Anglais paraissaient maîtres de leur jeu et qui ont compté jusqu’à dix points d’avance. Il aura finalement fallu dix dernières minutes incroyables, des Anglais plus qu’indisciplinés (12 pénalités concédées) et une dernière pénalité anglaise pleine de panache mais pas récompensée pour voir le Pays de Galles faire taire Twickenham.

L’Australie pour un huitième de finale

Une dernière pénalité qui fait également débat dans la presse britannique. Au centre de l’attention ? Chris Robshaw, qui a préféré taper en touche pour aller chercher la victoire plutôt que de se contenter du match nul. Un choix salué par les spectateurs de Twickenham mais qui s’avèrera finalement non-payant et qui fait désormais la Une des journaux anglais depuis samedi. Le capitaine du XV de la Rose est bien évidemment au centre des critiques, le Daily Mail n’hésitant pas à évoquer "une décision désastreuse qui peut enlever à l'Angleterre son rêve de remporter la Coupe du monde chez elle", prédisant que "la décision de botter en touche à deux minutes de la fin au lieu de tenter une pénalité va hanter chaque membre de cette équipe jusqu’à la fin de la compétition." Un panache qui place aujourd’hui l’Angleterre en troisième position de son groupe et l’oblige à gagner face à une Australie qui a pour le moment déroulé mais qui jouera son premier gros choc face aux anglais dans cette Coupe du Monde. Un match couperet que les hommes de Stuart Lancaster devront aborder comme un huitième de finale "On peut encore le faire. Il ne faut pas tomber dans la panique et préparer au mieux le match contre l’Australie. Parce que là, on n’aura vraiment pas le droit à l’erreur" a admis le sélectionneur anglais, qui verse dans le positif malgré les possibles absences Billy Vunipola et Courtney Lawes, tous deux touchés face aux Gallois.

Mais l'Angleterre pourra-t-elle se remettre de ce revers dès samedi face à l'un des prétendants au titre ? Si le moral est touché et le coup de massue solide, le XV de la Rose est loin d'être mort. Car le Pays de Galles devra confirmer face à une solide équipe Fidjienne puis face à l'Australie, tant redoutée par les fans Anglais. Et Stuart Lancaster n'a pas hésité à rappeler en conférence de presse le parcours de l'Equipe de France en 2011, qui avait réussi à se hisser en finale malgré deux matches de poules perdu. Beaucoup de choses peuvent encore se passer dans ce groupe de la mort.  Stuart Lancaster et ses joueurs, eux, devront faire abstraction de la pression médiatique et populaire qui pèsera sur leurs épaules durant une semaine qui s’annonce des plus longues avant leur retour, samedi, dans leur jardin de Twickenham.

Mathieu Aellen

Coupe du Monde de Rugby