Le Xv de France à l'entraînement
Les Français Ducalcon, Ouedraogo et Parra à l'entraînement | AFP - Franck Fife

Le XV de France en appel avant les Blacks

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Le 2e match de l'équipe de France dans cette Coupe du monde a un double enjeu. Après la victoire critiquable et critiquée même par Marc Lièvremont contre le Japon, le duel avec le Canada doit permettre de remporter une deuxième victoire, avec la manière. Les 11 changements effectués par le sélectionneur sont là pour ça, et la chance donnée à ses joueurs doit ouvrir la concurrence avant d'affronter les All Blacks dans le choc de ce groupe A, la semaine prochaine.

Une deuxième et une troisième ligne totalement remodelée, une charnière revue à 50%, une paire de centre revisitée et un seul rescapé dans le trio d'arrières comme en première ligne, l'équipe de France a été revisitée pour son deuxième match. C'était prévu. Mais la victoire contre le Japon (47-21) est venue ternir le panorama tricolore. Marc Lièvremont est sorti de sa boite pour fustiger certains, avant de revenir sur ses propos. Mais la sanction est tombée. Seuls rescapés dans l'équipe de départ: l'ailier Clerc, l'ouvreur Trinh-Duc, le talonneur Servat et Rougerie, déplacé du centre à l'aile pour devenir capitaine. Présenté par le sélectionneur comme la pierre-angulaire des lignes arrières depuis plusieurs mois, le Clermontois retrouve un poste qu'il a quitté en club comme en Bleu. Blessés depuis le début de la Coupe du monde, Maxime Mermoz et Damien Traille se voient titularisés, le Biarrot retrouvant un poste à l'arrière, comme à la fin de la Coupe du monde 2007.

Mais la principale interrogation réside dans l'animation offensive, grosse carence du premier match, et la cohésion du jeu tricolore. Dimitri Yachvili ayant été relégué sur le banc, c'est Morgan Parra, particulièrement précieux lors de son entrée en jeu au poste d'ouvreur, retrouve ainsi le N.9 avec, comme toujours, François Trinh-Duc en ouvreur. Le Montpellierain, comme c'est le cas depuis quatre ans, est maintenu au poste malgré une prestation comparable à celle du "Yach", d'autant plus que David Skrela, l'autre ouvreur est rentré en France. En attendant l'arrivée du Toulousain Doussain, Marc Lièvremont n'avait pour autre option que de reclasser un joueur (Traille, Parra, Yachvili) au poste, ou laisser Trinh-Duc. C'est ce qu'il a fait, et la pression sera énorme sur lui, comme sur les centres de Perpignan, Marty et Mermoz. La victoire sur le Japon a peut-être remis les compteurs à zéro, et rares sont les joueurs à pouvoir prétendre à une situation de membre de "l'équipe-type" que refuse d'afficher le sélectionneur. "Chaque joueur va faire en sorte de postuler pour un prochain match, c'est une évidence. Il y a des places à gagner pour la suite de la compétition, tout le monde en est conscient", résume le deuxième ligne Pascal Papé. Après ce deuxième match, tous les joueurs auront été testés, et si la France n'a pas montré une vraie cohérence, il sera bien difficile de revendiquer de grandes choses contre les All Blacks, qui viennent d'inscrire 124 points en deux matches.

"Personne ne peut douter qu'il y ait du talent dans cette équipe et que donc, elle est capable de faire mieux que face au Japon. L'objectif à présent est de faire un bon match contre le Canada, se qualifier pour les quarts de finale et aller vers ce titre de champion du monde". Marc Lièvremont a fixé la ligne, et les Canadiens forment un obstacle. Avant cette Coupe du monde dans ce groupe A, le Tonga était, pour les observateurs, le grand rival des Français pour la place de deuxième promise derrière la Nouvelle-Zélande. Mais le succès des hommes à la feuille d'érable sur les Tongiens mercredi a rebattu les cartes. Comme toutes les équipes "mineures" de cette Coupe du monde, les Canucks auront le désavantage de se retrouver sur le terrain face à un ténor seulement quatre jours après leur premier match. L'entraîneur des Canadiens, le Néo-Zélandais Kieran Crowley, a cependant décidé de reconduire intégralement son XV de départ, dont le très rugueux deuxième ligne de Clermont Jamie Cudmore.

Dans la courte histoire entre les deux nations (7 matches), le Canada ne s'est imposé qu'une fois, en 1994, au cours d'un match à Nepean où Philippe Sella avait subi la seule exclusion de sa carrière.

Les équipes:

France: Traille - Clerc, Marty, Mermoz, Rougerie (cap.) - (o) Trinh-Duc, (m) Parra - Bonnaire, Picamoles, Ouedraogo - Millo-Chluski, Papé - Ducalcon, Servat, Poux
Remplaçants: Guirado, Barcella, Pierre, Harinoroquy, Yachvili, Estebanez, Médard
Canada: Pritchard - Hearn, van der Merwe, Smith, Mackenzie - (o) Monro - (m) Fairhurst - O'Toole, Carpenter, Kleeberger - Cudmore, Sinclair - Marshall, Rioardan (cap.), Buydens
Remplaçants: Hamilton, Franklin, Hotson, Dala, White, Hirayama, Trainor
Arbitre: Craig Joubert (RSA)

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