France - Nouvelle-Zélande du Mondial 2007
Thierry Dusautoir était sur le terrain de Cardiff pour l'exploit de 2007, face aux All Blacks de So'oialo | AFP - MARTIN BUREAU

Le top 5 des succès du XV de France contre les All Blacks

Publié le , modifié le

Le XV de France a souvent subi la loi des All Blacks depuis la première de leurs 56 confrontations en 1906. Mais les Bleus ont triomphé des maîtres du rugby à 12 reprises parmi lesquels quelques chefs-d’œuvre. Voici notre top 5 des matches où les Coqs ont bouffé du Kiwi.

14 juillet 1979, Auckland : France bat Nouvelle-Zélande 24-19

En ce jour de fête nationale, personne ne croit vraiment aux chances du XV de France aux Antipodes. Nettement dominés une semaine avant (23-9) par les hommes de Graham Mourie, les Tricolores ne semblent pas de taille à réaliser l’exploit. Décomplexés par le discours du capitaine Jean-Pierre Rives, les Français régalent pourtant les 60 000 spectateurs de l’Eden Park médusés par le panache affiché par les visiteurs, bredouilles lors de leurs sept rencontres précédentes au pays du long nuage blanc. Gallion mène le jeu d’une formation flamboyante où Codorniou, Mesny, Averous et Caussade brillent. Menés 24-10, les Noirs n’abidiquent pas, recollent à 24-19 et manque la balle de match sur un coup de pied à suivre sauvé in extremis par le petit Costes (dixit Roger Couderc) qui dégage en touche juste avant le coup de sifflet finale de l’arbitre. Mémorable.

15 novembre 1986, Nantes : France bat Nouvelle-Zélande 16-3

Une semaine avant, à Toulouse, Alain Carminati a mis K.O. deux All Blacks dans un choc qui le privera aussi de ce match de légende. Toute la semaine, le sélectionneur Jacques Fouroux a harangué ses troupes en les mettant plus bas que terre afin de les booster pour la revanche. Dans un stade de La Beaujoire archi comble, les Tricolores sont remontés comme des coucous. Ils entament le match comme des fous furieux, passant les All Blacks à la moulinette. Les Français évoluent à la limite de la correction et Wayne Shelfrod manque d’y laisser un testicule. L’arbitre sud-africain laisse les Bleus marquer les Blacks, au sens propre comme au figuré. Après un e première période violente, les deux équipes sont à égalité (3-3). Deux essais signés Charvet et Lorieux font la différence après le repos, Bérot inscrivant 8 points au pied. La bataille de Nantes a été gagnée, mais la Nouvelle-Zélande prendra une éclatante revanche l’année suivante en finale de la Coupe du Monde.

Eric Champ et le pack tricolore ont étouffé les All Blacks en 1986 à Nantes
Eric Champ et le pack tricolore ont étouffé les All Blacks en 1986 à Nantes

3 juillet 1994, Auckland : France bat Nouvelle-Zélande 23-20

Il s’agit probablement du plus grand exploit du rugby français avec la tournée victorieuse en Afrique du Sud en 1958. Remporter une série de tests sur les terrains des maîtres néo-zélandais reste un must que le XV de France n’a d’ailleurs jamais répété, allant plutôt de déconvenues en désillusions. Le 26 juin, les Bleus coachés par Pierre Berbizier s’imposent 22-8 à Christchurch. La plus large victoire de la France contre les All Blacks. La semaine suivante, le XV de France est attendu par tout un peuple assoiffé de revanche. Il mène pourtant à la pause grâce à un essai d’Emile Ntamack après une interception et une percée de 70 mètres. Mais le second acte est à l’avantage des Blacks qui mènent de quatre points à trois minutes du terme. Le fameux French Flair intervient alors : la contre-attaque lancée des 22 m est splendide. Pas moins de neuf joueurs touchent le ballon (Saint-André, Gonzales, Deylaud, Benazzi, Ntamack, Cabannes, Delaigue et Accoceberry qui offre finalement l’essai à Sadourny) pour un chef d’œuvre : l’essai du bout du monde ! La France triomphe (23-20).

31 octobre 1999, Londres : France bat Nouvelle-Zélande 43-31

Quatre mois auparavant, les Bleus ont encaissé la plus lourde défaite de leur histoire à Wellington (54-7). Ils retrouvent les All Blacks en demi-finale de la Coupe du monde après un premier tour moyen et un quart de finale remporté contre l’Argentine grâce à un bon dernier quart d’heure (47-26 à Dublin). La nouvelle-Zélande est largement favorite. Trop confiant, le sélectionneur John Hart laisse le demi-de-mêlée Justin Marshall sur le banc au profit de Byron Kelleher, plus puissant mais moins stratège. Les Blacks débutent fort et mènent 24-10. C’est alors que la magie opère. Titou Lamaison sort le match de sa vie, scorant deux drops et deux pénalités. Il distille également un coup de pied à suivre magnifique que Dourthe récupère pour l’essai du break après celui de Dominici inscrit un peu plus tôt. Puis c’est l’ailier de poche supersonique Philippe Bernat-Salles qui tue le suspense en inscrivant le quatrième essai des Bleus en contre. Les All Blacks de Jonah Lomu, le seul de son équipe à surnager, viennent d’encaisser un 33-0 en moins d’une demi-heure ! Incroyable mais vrai, la France est en finale.

La joie de Philippe Bernat-Salles, auteur d'un essai contre les All Blacks lors de la Coupe du monde 1999
La joie de Philippe Bernat-Salles, auteur d'un essai contre les All Blacks lors de la Coupe du monde 1999

6 octobre 2007 : Cardiff : France bat Nouvelle-Zélande 20-18

Ce n’est pas la plus belle confrontation entre les deux pays mais c’est l’une des plus intenses. Les All Blacks sont archi favoris mais ils n’ont joué aucun gros match dans la phase de groupes. Les Bleus, au contraire, se sont fait surprendre d’entrée au Stade de France par une accrocheuse équipe d’Argentine. C’est pour ça qu’ils se retrouvent à disputer un quart de finale au Millennium Stadium plutôt qu’au Stade de France. Dans cette rencontre intense, les Blacks tirent les premiers et mènent 13-0 à quelques minutes de la pause. Mais le XV de France réagi et recolle à 13-13 grâce à la botte de Beauxis et à un essai de l’omniprésent Thierry Dusautoir, auteur d’un match ahurissant (38 plaquages). Un essai de So’oialo replace les Néo-Zélandais en tête mais il n’est pas transformé et cela va avoir son importance. La France reprend l’avantage grâce à un essai de Jauzion après une accélération de Michalak à l’heure de jeu. La transformation de Jean-Baptiste Elissalde permet aux Bleus de virer en tête (20-18). Les All Blacks dominent copieusement la fin de match mais Français résistent. Aucun drop n’est tenté par l’équipe dirigée par Graham Henry. Une erreur colossale qui permet aux hommes de Bernard Laporte de signer l’exploit de cette Coupe du monde.

Coupe du Monde de Rugby