Matfield Afrique du Sud Japon
Victor Matfield renversé par les défenseurs japonais | JUSTIN TALLIS / AFP

Le Japon crée l'exploit en renversant l'Afrique du Sud !

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Le Japon a réalisé l'une des plus grandes surprises de l'histoire de la Coupe du monde de Rugby en battant, à la dernière seconde, l'Afrique du Sud au terme d'un match incroyable d'intensité (34-32). La 8e Coupe du monde vient à peine de commencer et elle tient déjà son match de légende.

C'est incontestablement l'une des plus grandes sensations du jeu. Si ce n'est la plus grande. Le Japon, qui n'avait remporté qu'un match en Coupe du monde (en 1991 face au Zimbabwe) a tout simplement battu l'Afrique du Sud, double championne du monde et l'un des grands favoris au titre. Les Springboks ont-ils pris de haut les Japonais ? Ou bien ces derniers ont-ils incroyablement progressé ? Sans doute un peu des deux. 

Avant chaque début de Coupe du monde il est d'usage d'un petit peu "survendre" les petites équipes pour faire croire à un un semblant de suspense lorsque celles-ci affrontent l'un des favoris de la compétition. Le Japon, au moment de s'étalonner face à l'Afrique du Sud, n'a pas échappé à la règle. Ici et là on louait la cohésion du groupe nippon, ses progrès en défense et la vitesse de ses arrières. Mais personne ne se doutait que ces qualités allaient aussi bien s'exprimer face aux Springboks ! Qui aurait osé parier qu'après une heure de jeu les deux formations seraient à égalité (22-22) ?

Des Cherry Blossoms en pleine floraison

Le pays organisateur de la prochaine Coupe du monde en 2019 a prouvé qu'il était bel et bien en pleine progression et qu'il faudrait certainement encore plus compter sur lui dans quatre ans. Sous les ordres de la légende australienne Eddie Jones, les Japonais ont donné le ton d'entrée par une pénalité de Goromaru, l'un des grands hommes du match (3-0, 8e). Louw, pour les Sud-Africains, redonnait bien l'avantage aux siens (3-7, 17e) mais les "Cherry Blossoms" (en référence aux célèbres cerisiers du pays du Soleil Levant) restaient au contact grâce à leur capitaine Leitch (10-7, 30e). Du Plessis, en force lui aussi, faisait repasser les Boks devant (10-12, 33e) mais, à la pause, les partenaires de Bryan Habana n'en menaient pas large.

Incapables de faire la différence physiquement, peu inspirés dans leurs transmissions, les Sud-Africains butaient avec une constance inquiétante sur le rideau japonais. Si De Jager s'arrachait pour inscrire toute en puissance le deuxième essai des doubles champions du monde (13-19, 43e), l'incroyable Goromaru continuait de maintenir les siens à flots grâce à sa botte infaillible. L'arrière japonais était encore là pour répondre à un essai de Strauss, un avant surpuissant entré en cours de jeu et auteur d'un cadrage débordement surprenant pour un joueur de son gabarit (61e). Cet essai aurait pu, aurait dû, mettre les hommes de Heyneke Meyer à l'abri mais les Nippons, encore très frais physiquement, continuaient de virevolter. Et Goromaru, après un superbe mouvement collectif, aplatissait en coin (29-29, 69e).

Irrespirable

Alors que le Stade de Brighton, qui ne s'attendait certainement pas à un tel spectacle et un tel suspense, vibrait de tout son fondement, Pollard redonnait un souffle d'air à la Nation Arc-en-Ciel à la 72e minute. Il fallait bien ça car les dernières minutes étaient tout simplement irrespirables. Le Japon accumulait les temps de jeu dans les 22 mètres adverses, échouant à plusieurs reprises à quelques centimètres de la terre promise ! Et c'est là que l'impensable se réalisait.

Alors qu'ils avaient la possibilité de tenter une pénalité qui leur aurait permis d'égaliser, les Cherry Blossoms décidaient de jouer le tout pour le tout. Le ballon volait d'aile en aile, les Boks passant tout près de l'interception à plusieurs reprises, pour finalement échouer dans les mains de Hesketh qui s'arrachait pour aplatir en bout de ligne et offrir une victoire historique à son pays (34-32, 85e) ! Une conclusion somptueuse pour un match qui rentre directement au Panthéon du rugby.

Julien Lamotte

Coupe du Monde de Rugby