Felix Le Bourhis
Le nouvel international Felix Le Bourhis sous le maillot de Bordeaux-Bègles | AFP - NICOLAS TUCAT

Le Bourhis, la chance du débutant

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Appelé pour la première fois en équipe de France, Felix Le Bourhis va vivre sa première cape en tant que titulaire, samedi à Brisbane contre l'Australie. A un an de la Coupe du monde, le Bordelais a été averti sur les attentes qui reposent sur lui: "Je ne suis pas venu pour être en vacances trois semaines. Le but c'était ça, de voir le rythme, l'engagement dans ces matchs. C'est une fierté mais aussi une grosse attente. On m'a dit de me libérer, d'essayer de faire comme en championnat, de ne pas me poser de question sur les adversaires, de ne pas être timide pour ne pas avoir de regrets quand je rentre en France."

Il est l'un des symboles de ce Bordeaux-Bègles qui a bien failli jouer la Coupe d'Europe. Felix Le Bourhis a 26 ans, et a été invité pour la première fois par le staff de l'équipe de France. Et la cheville de Maxime Médard, un peu douloureuse, lui a ouvert les portes du terrain, à un poste de titulaire.

De son propre aveu, il est arrivé sur la pointe des pieds  et avec un peu d'appréhension dans ce groupe France en construction depuis deux  ans. Cette réserve, il est prié de l'abandonner samedi pour le premier  test-match contre les Wallabies à Brisbane, où il sera titulaire à l'aile. "On m'a dit de me libérer, d'essayer de faire comme en championnat, de ne  pas me poser de question sur les adversaires, de ne pas être timide pour ne pas  avoir de regrets quand je rentre en France", détaillait-t-il jeudi, à l'issue  d'une séance d'entraînement matinale sous un beau soleil. "Je ne suis pas venu pour être en vacances trois semaines, relève-t-il, en  écho à l'appel des entraîneurs. Le but c'était ça, de voir le rythme,  l'engagement dans ces matchs. C'est une fierté mais aussi une grosse attente." Pour le Bordelais, la découverte se fait en accéléré. S'il revendique sa  polyvalence, il devra tenir l'aile samedi, un poste qu'il n'a occupé qu'une  fois cette saison, pour 17 titularisations au centre en Top 14.

Au collège avec Fofana et sous le ​maillot du PUC

Le natif de Pithiviers (Loiret), formé au Paris Université Club (PUC), a  également dû rapidement s'intégrer parmi les 30 autres joueurs du groupe, alors  qu'il est le seul porte-drapeau de l'UBB. "Ce n'est pas facilitant d'être tout seul du club, souligne-t-il. "Mais ça  m'oblige à aller vers les autres, à parler à tout le monde." Mardi soir, Le Bourhis a aussi dû satisfaire au rituel d'un gentil  bizutage, en racontant "une blague pas fameuse" seul devant tout le monde. Dans cet océan de nouveautés, Le Bourhis n'est pas tout à fait en terrain  inconnu non plus puisqu'il usait les bancs du collège Georges-Braque de Paris  avec Wesley Fofana qui tiendra le centre du terrain samedi. Les deux, que trois  mois seulement séparent, ont revêtu ensemble le maillot du PUC et des  sélections jeunes de rugby à VII. "J'affrontais aussi Mathieu Bastareaud toutes les deux-trois semaines en  région parisienne et je connais Antoine Burban par des amis communs au PUC",  ajoute-t-il. Sa trajectoire a cependant été moins rapide que ses camarades de la  capitale.

Asthmatique (il suit encore un traitement quotidien), il quitte Paris à 16  ans car "ça commençait à être difficile de bien respirer", direction Montauban. "L'air de la cuvette de Sapiac, même si il est humide, me correspondait bien et  je suis resté du centre de formation à l'équipe première là-bas", se  souvient-il. Il y fait ses premières armes en Top 14 mais vit aussi la rétrogradation en  Fédérale 1 après le dépôt de bilan du club à l'issue de la saison 2009-2010.  "J'ai dû marquer le dernier essai du MTG en Top 14 contre Bayonne. Ca fait  bizarre". A 22 ans, il choisit de se relancer en Pro D2 à Carcassonne où l'entraîneur  Christian Labit le prend sous son aile. Puis il est repéré par Bordeaux-Bègles  qui le recrute en 2011 et en fait un titulaire quasiment indiscutable sur le  chemin de la montée en Top 14. Depuis, il incarne avec quelques autres le jeu  léché et séduisant qui fait recette à l'UBB.

Ne pas se poser trop de questions

Son seul frein semble être les montagnes de questions qu'il a tendance à se  poser, "sur et hors du terrain", alors qu'il aimerait "bien être plus direct"  dans son approche des choses. "Il faut que j'élimine les pensées négatives, mais j'y travaille avec Bordeaux, j'ai progressé dans ce sens-là", affirme-t-il. Car samedi, face à des Australiens réputés pour leur vitesse d'exécution,  il n'y aura guère de place pour la réflexion. "Pour l'instant, je vis cela à 100%, je n'ai pas le temps de me retourner",  rassure-t-il.

AFP

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