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Les Australiens mettent les Anglais à terre | AFP

L’Australie montre la sortie à l’Angleterre

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Sensation à Twickenham : l’Angleterre s’est inclinée contre l’Australie samedi (13-33) et est déjà officiellement éliminée de « sa » Coupe du monde, avant même son dernier match de poule. Le bourreau du XV de la Rose se nomme Bernard Foley, auteur d'un sans-faute au pied et de 28 points dans cette rencontre. Si l’Angleterre quitte le Mondial dès la phase de groupes pour la première fois de son histoire, l’Australie composte son billet pour les quarts et disputera la première place de la poule A au pays de Galles samedi prochain.

Même dans leurs pires cauchemars les Anglais n’avaient pas imaginé un tel scénario. Les voilà boutés hors de la Coupe du monde organisée sur leur sol avant même les quarts de finale. Une première dans l’histoire du XV de la Rose et une première pour un pays organisateur. "Je suis vraiment désolé. On a tout mis dans ce match. On a laissé tomber le pays", a déclaré Stuart Lancaster, juste après le match. Mais autant ils pourront nourrir des regrets sur la copie rendue face au pays de Galles la semaine passée, autant ils sont tout simplement tombés sur plus fort qu’eux ce samedi. Ultra solides défensivement, inspirés en attaque et supérieurs dans les duels, les Australiens ont réussi le match parfait. Au moins durant une cinquantaine de minutes.

Le temps pour eux de plier les débats, sous l’impulsion d’un Bernard Foley en état de grâce. L’ouvreur australien a réussi un sans-faute au pied (7/7) et inscrit les deux essais des Wallabies dans cette partie. Le premier au terme d’une action marquée par un geste de génie de Sekope Kepu, futur pilier de Bordeaux-Bègles, et conclue par le joueur des Waratahs (3-10, 20e). Le second après une combinaison parfaitement exécutée en compagnie de Kurtley Beale, un une-deux d’école pour aller jusque dans l’en-but (3-17, 35e). La mi-temps n’était pas encore sifflée que le match semblait plié et la pénalité passée par Foley au retour des vestiaires ne faisait que le confirmer (3-20, 49e). Un score qui sanctionnait la supériorité australienne sur les débats et les errements anglais en défense (10 plaquages ratés à 6 au cours du premier acte).

Et Giteau enfonça le clou…

Sauf que les Anglais ne pouvaient pas quitter leur tournoi sans un ultime sursaut d’orgueil. Une bonne vingtaine de minutes durant, ils ont haussé le ton. Les joueurs de Stuart Lancaster ont investi le camp australien et réduit rapidement le score par Anthony Watson, d’un superbe numéro sur son aile (10-20, 56e). Une pénalité d’Owen Farrell ramenait même le XV de la Rose à un essai transformé d’un nul qui avait le mérite de maintenir l’espoir à défaut de lui permettre d’avoir son destin entre ses mains (13-20, 65e). Mais l’élan s’est brisé lorsque l’ouvreur anglais a écopé d’un carton jaune logique pour un plaquage sans ballon plus qu’évitable sur Matt Giteau.

Foley a appliqué la double peine en passant la pénalité (13-23, 71e). Reprenant le dessus, l'Australie n’a pas fait preuve de la moindre pitié avec son hôte, Matt Giteau s’offrant même un essai en toute fin de match. Vainqueurs du dernier Four Nations, les Wallabies confortent leur statut de favoris de la compétition aux côtés des All Blacks. Pour les Anglais, la chute est rude. Ils se savaient dos au mur, mais voulaient croire en leur chance. L’Australie leur réussissait plutôt bien, avec deux victoires à Twickenham en test-matches ces deux dernières années et trois succès consécutifs en Coupe du monde. Mais les statistiques ne pouvaient pas sauver le XV de la Rose ce samedi. Au lieu de cela, il a écrit l’histoire de son sport. Forcément pas de la façon dont elle l’imaginait il y a encore une semaine.

Foley anéantit les espoirs anglais
Foley anéantit les espoirs anglais

Geoffrey Steines

Coupe du Monde de Rugby