Equipe de Géorgie
La formation géorgienne a montré un beau visage face aux Blacks | GABRIEL BOUYS / AFP

La Géorgie peut-elle intégrer le Six Nations ?

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Victorieuse face au Tonga, laminée par l'Argentine puis valeureuse face à la Nouvelle-Zélande, la Géorgie réalise pour le moment une Coupe du monde pour le moins réussie. Un succès face à la Namibie ce mercredi soir lui assurerait une qualification pour le Mondial 2019 et apporterait de l'eau à son moulin. La septième nation européenne espère, à terme, rejoindre le Tournoi des Six Nations devenant ainsi le symbole des nations mineures qui veulent leur place dans le rugby mondial.

"C’est quelque chose qui est indispensable à notre développement, car, si nous voulons être compétitifs sur le long terme, c'est le genre de compétition dans laquelle on doit être intégré". Ces mots sont de Milton Haig, l'entraîneur néo-zélandais du XV géorgien à propos du Tournoi des Six Nations. Si hier, l'idée pouvait faire sourire un monde du rugby parfois adepte de l'entre-soi (Six Nations, Four Nations, coupe d'Europe de rugby...), elle est aujourd'hui d'actualité. Les raisons ? Une équipe géorgienne solide au Mondial anglais, une domination sans partage sur la "deuxième division" européenne (23 victoires, un nul et une défaite depuis 2010) et une position de septième nation européenne au classement IRB dans la roue de l'Italie (71,46 points contre 71,35 points), intégrée à l'ancien Cinq Nations depuis 2000. Le combat de la Géorgie dépasse son simple cadre et pourrait amener une réflexion au niveau mondial.

Pour progresser, il faut affronter les meilleurs

C'est un fait, depuis son entrée dans le Tournoi des Six Nations, l'Italie a progressé. Même chose pour l'Argentine au Four-Nations. Ces pays ont profité de se frotter aux meilleurs pour s'améliorer. Aujourd'hui, le rugby est à un carrefour. Ou bien les grandes nations (Angleterre, France, pays de Galles, Irlande, Ecosse, Italie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Australie, Argentine) ferment la porte aux nations émergentes comme les pays du Pacifique (Fidji, Tonga, Samoa, Japon) et la Géorgie, ou bien, le rugby fait sa révolution. La Coupe d'Europe, et la crise qui l'a traversée voilà un an et demi, est symptomatique de ces nations "historiques" qui ont aujourd'hui du mal à partager le gâteau. "On ne peut pas réclamer une Coupe du monde avec davantage d’incertitudes quant aux qualifiés pour les phases finales et tourner le dos à des équipes comme la Géorgie", explique à L'Equipe.fr l’ancien trois-quarts Thomas Lombard, consultant chez Canal +.

Un VII Nations est-il possible ?

Le calendrier du rugby européen est déjà très chargé, voire saturé. Difficile donc d'ajouter une journée supplémentaire au Tournoi. Pourquoi ne pas imaginer un système de montée/relégation entre le Tournoi "A" et le "B" qui regroupe des pays comme la Géorgie, la Roumanie, la Russie ou encore le Portugal ? L'Italie et l'Ecosse auraient sans doute du souci à se faire mais ce système aurait l'avantage de promouvoir des nouvelles nations, et donc d'apporter du sang neuf, mais aussi d'apporter un intérêt au Tournoi B et à la lutte pour éviter la dernière place dans le Tournoi A. "C’est sûr que Tbilissi, c’est moins glamour que Rome mais il faut sortir de cette vision étroite. Sur les fondamentaux du rugby, la conquête, la défense, la Géorgie est en place. Pour progresser, il faut que les joueurs aient davantage de gros matches, notamment pour les arrières, où c’est souvent là qu’il y a des difficultés", poursuit Lombard pour L'Equipe.fr. En acceptant ces nouvelles nations, les "historiques" donneraient aussi au rugby un visage plus universaliste, comme le football par exemple. Le meilleur ennemi. 

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