Nallet Dusautoir France
Lionel Nallet et Thierry Dusautoir (France) | AFP - PIERRE ANDRIEU

La France par ippon ?

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Impatient d'en découdre après deux mois de préparation, le XV de France se présente avec la ferme intention de "marquer le terrain", samedi à 08h00, pour ses débuts en Coupe du monde face au Japon à North Shore.

Le sélectionneur, Marc Lièvremont, attend plus que la victoire face à un adversaire sans référence internationale et qui n'a gagné qu'un match de Coupe du monde en six participations, en 1991 contre le Zimbabwe (52-8). Le patron des Bleus espère une montée en puissance physique et une partition aboutie dans le jeu. Thierry Dusautoir, Imanol Harinordoquy, Lionel Nallet, Nicolas Mas devant, Dimitri Yachvili, François Trinh-Duc, Aurélien Rougerie, Vincent Clerc derrière, bref, les cadres, sont dans un XV de départ qui ressemble fort à une équipe type, même si Marc Lièvremont s'en défend. Pour bien négocier la rencontre et mobiliser les joueurs, le staff a valorisé durant toute la semaine le XV du Japon, entraîné par un ancien All Black John Kirwan et récent vainqueur de la Coupe du Pacifique devant les Samoa, les Fidji et les Tonga.

Jouer les "Cherry Blossom" reste une énigme puisque seuls deux joueurs des 22 présents en Nouvelle-Zélande, le centre Aurélien Rougerie et le pilier Jean-Baptiste Poux, étaient de la large victoire (51-29) lors du Mondial australien à Towsnville en 2003. Les deux équipes ne se sont affrontées qu'à deux reprises, la première fois à Bordeaux en 1973, où les Français l'avaient emporté 30-18. "On peut penser qu'on est supérieur au Japon. Contre un adversaire que nous prenons très au sérieux, nous n'avons pas le droit de nous rater. Il faut marquer le terrain et pourquoi pas impressionner. J'espère qu'on va faire un grand match et qu'on ne va laisser aucune chance aux Japonais", dit Marc Lièvremont.

"Match piège"

Malgré ces enjeux, le sélectionneur alignera un débutant, le n°8 Raphaël Lakafia, une sélection au compteur, et deux convalescents en première ligne, William Servat et Fabien Barcella, dans un pack expérimenté. Pour la quatrième fois seulement depuis 2008, Dimitri Yachvili sera associé à François Trinh-Duc à la charnière aux dépens de Morgan Parra, le demi de mêlée préféré de Marc Lièvremont. Compte tenu des indisponibilités (Alexis Palisson, Maxime Mermoz, Damien Traille), François Trinh-Duc et Aurélien Rougerie seront les leaders des lignes arrières où le trio toulousain de fond de terrain, Vincent Clerc, Cédric Heymans, Maxime Médard, est très attendu. Après trois ou quatre semaines sans rencontre selon les joueurs, les Bleus risquent de souffrir du manque de rythme. Ce France -Japon est un peu le troisième match de préparation que les joueurs auraient souhaité pour être plus affûtés à l'entame du Mondial.

"Il faut craindre ce premier match après trois ou quatre semaines de coupure", prévient Imanol Harinordoquy. "Même si on s'est beaucoup entraîné, cela ne remplace pas la compétition. Cela risque d'être difficile au début." Pour s'assurer de la victoire, les Français useront avant tout de leur puissance physique et d'un jeu frontal comme le détaille Harinordoquy. "Le piège est de jouer à l'envers et de se voir trop beau, d'écarter de partout et de jouer tous les ballons, faire le spectacle et se faire contrer. Nous allons commencer par un jeu direct que l'on maîtrise", dit-il. "Le piège est de ne pas prendre au sérieux les Japonais et je crois qu'on a fait ce qu'il fallait pour l'éviter." Après le Japon, le XV de France affrontera le Canada à Napier le 18 septembre, la Nouvelle-Zélande à Auckland le 24 et les Tonga à Wellington le 1er octobre.

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