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Le président de la FFR, Pierre Camou, discute avec son vice-président, Serge Blanco | AFP

La FFR prête à envisager des contrats fédéraux

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Le XV de France a essuyé "un échec total" lors de la Coupe du monde, a déclaré lundi à l'AFP le président de la Fédération française de rugby (FFR) Pierre Camou qui se dit "prêt" à envisager des contrats fédéraux pour les meilleurs joueurs.

"On s'était fixé des objectifs importants, donc cette défaite est un échec  total", a souligné M. Camou, au surlendemain de la déroute face aux All Blacks  en quarts de finale (62-13). "Il faut bien le reconnaître. Nous sommes dans un moment difficile, ce  serait stupide de le nier", a poursuivi M. Camou, dans un entretien  téléphonique depuis Londres. "Je suis le premier à le reconnaître et j'en prends, en tant que président  de le Fédération, la responsabilité absolue", a ajouté le président de la FFR. Le XV de France dirigé par le sélectionneur Philippe Saint-André a connu  quatre années de déclin et a logiquement été éliminé par les champions du monde  en titre à Cardiff.

C'est la première fois depuis 1991 que les Bleus sortent aussi tôt de la  compétition et depuis samedi soir, les acteurs du rugby français s'interrogent  sur la réponse à donner. "J'ai convoqué un bureau fédéral extraordinaire jeudi matin à Paris, avec  comme seul ordre du jour cette Coupe du monde", a indiqué M. Camou. "J'attends  que tout le monde s'exprime librement, fasse les constats, donne son regard et  ait du courage." M. Camou, président depuis 2009 de la FFR, est convenu que l'organisation  du rugby français devait être revue. "J'espère que tout le monde va prendre  conscience que dans l'intérêt du rugby, le XV de France doit être au centre de  notre organisation", a-t-il plaidé, en appelant à "aller beaucoup, beaucoup  plus loin" dans la protection des meilleurs joueurs français, très sollicités  entre leurs échéances en club et en sélection.

"Prêt" pour les contrats fédéraux

"Il faut trouver un autre système", a-t-il reconnu, évoquant la piste des  contrats fédéraux, qui permettraient à la FFR d'employer totalement ou  partiellement certains des éléments les plus précieux, afin de contrôler  davantage leur temps de jeu. "Je suis prêt à tout", a assuré M. Camou à ce sujet. Interrogé sur les  moyens dont disposerait la FFR pour financer ces contrats, M. Camou a reconnu  que "le problème est bien là". "Il faut avoir une volonté politique", a-t-il exhorté. "C'est pour ça que  je convoque un bureau, pour échanger et faire comprendre à tous le monde dans  lequel on est. Le système n'est pas parfait, c'est le fruit de négociations  entre les acteurs du rugby, et il montre là ses limites." Le président de la FFR a également déploré que le Top 14 ou la Pro D2  n'accordent pas plus d'espace aux jeunes espoirs, cantonnés aux postes de  réservistes.

"Depuis 6 ans, on essaye de tout réformer, les tranches d'âge, les  formations", a-t-il relevé. "Mais les gamins ne jouent pas (en Top 14 ou Pro  D2, ndlr)! Ils ne jouent jamais. Or, la meilleure des formations, c'est le jeu." A l'issue de négociations parfois houleuses, Fédération (FFR) et clubs  professionnels (LNR) ont paraphé il y a deux ans une convention qui régit leurs  rapports et déterminent notamment les conditions de mise à disposition des  internationaux. "Dans la dernière convention, on a fait quelques avancées. Des avancées  dans les temps de préparation, dans la santé des joueurs, sur le nombre des  matches. Mais ces avancées ne sont pas suffisantes", a insisté M. Camou.

AFP

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