Imanol Harinordoquy
Le 3e ligne Imanol Harinordoquy | AFP - FRANCK FIFE

Harinordoquy: "La finale? Je la veux plus que tout"

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Symbole de la révolution en douceur et du renouveau de l'équipe de France, Imanol Harinordoquy, à 48h de la demi-finale contre le Pays de Galles, rappelle ses coéquipiers à la mesure: "Qu'on ne s'enflamme pas, qu'on ne commence pas à parler de jeu. Qu'on garde la même chose, en améliorant un peu." Et le seul joueur à avoir participé aux 3 dernières demi-finales mondiales insiste: "La finale ? Je l'espère. Je la veux plus que tout."

- Vous avez qualifié les Gallois de "All Blacks du nord"...
Imanol Harinordoquy: "C'est peut-être l'équipe du nord la plus capable de produire du jeu. Même s'ils ont des schémas de jeu établis, le danger peut venir de n'importe quel joueur. Ils sont en pleine confiance aussi avec un bon amalgame entre les anciens et les plus jeunes qui amènent un peu un vent d'insouciance dans cette équipe. Maintenant, il ne faut peut-être pas parler d'eux pendant des heures. Il faut surtout se focaliser sur nous, notre état d'esprit, nos bases parce que ce qu'on a fait samedi dernier (face à l'Angleterre 19-12), c'était bien mais ça ne suffira peut-être pas en demi-finale de Coupe du Monde. Il faudra gommer nos erreurs défensives, faire preuve de plus de discipline. Par moments, on a un peu perdu pied même si le score était en notre faveur. Qu'on ne s'enflamme pas, qu'on ne commence pas à parler de jeu. Qu'on garde la même chose, en améliorant un peu."

- Le XV de France saura-t-il conserver ce même état d'esprit ?
IH: "C'est toujours compliqué de répondre avant. On ne sait jamais comment ça va se passer. Samedi dernier, même si tout le monde était remonté et avait envie de se racheter par rapport au début de la Coupe du Monde, il y avait quand même beaucoup de nervosité dans le vestiaire, on n'était pas sûr à cent pour cent de rentrer avec cet état d'esprit sur le terrain. Et puis toutes nos énergies sont allées dans le même sens. C'est ce qu'il faut pour samedi. Il faudra prendre cinq, dix bonnes minutes, s'asseoir, faire un peu, je dirais, le point sur sa vie. C'est ce que j'ai envie de dire aux joueurs, aux jeunes et aux moins jeunes: leur dire que c'est un truc qu'ils ne vont peut-être jouer qu'une seule fois dans leur vie."

- Ce discours provient-il de vos expériences de 2003 et 2007 où la France avait été battue en demi-finale par l'Angleterre ?
IH: "A l'époque, notamment en 2003, j'étais quand même bien plus insouciant. C'est toujours difficile, tu as une expérience, tu as connu des matches qui font que tu as plus ou moins de recul. C'est une motivation différente. A chacun de trouver les ressorts sur lesquels il faut jouer. Pour certains, il faut aller chercher de la colère, d'autres de la joie. Chacun est différent. La finale ? (il marque une pause). Je l'espère. Je la veux plus que tout. Samedi, en entrant sur le terrain, je ne penserai qu'à ça."

AFP

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