Rémy Grosso
Le puissant ailier castrais, Rémy Grosso | AFP - REMY GABALDA

Grosso "étrangement serein"

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L'ailier novice du XV de France Rémy Grosso, qui fera ses débuts jeudi contre le Canada en Coupe du monde, s'est décrit mardi comme "serein, étrangement" à l'approche de cette sélection qui le faisait "rêver" quand il était enfant. Le Castrais, appelé de dernière minute n'a qu'un objectif: "apporter quelque chose à l'équipe".

Comment vous sentez-vous après l'annonce de cette première sélection ?
Rémy Grosso: "Maintenant, ça se concrétise. La pression va commencer à monter. Je commence à réaliser qu'il va y avoir un match et qu'il va falloir assumer ce qui a été dit et ce pourquoi je suis là. C'est sûr que si je me laisse avoir par les émotions, ça peut me jouer des tours. Mais moi je suis un peu dans l'inédit, je découvre un peu tout ça. J'ai un peu d'expérience en Top 14, j'ai joué quelques matches sous pression. Je vais essayer de l'aborder le plus simplement possible, comme je fais d'habitude, même si il y a un gros truc en plus. Pour le moment je suis serein, étrangement d'ailleurs ! Ce n'est pas étouffant. Je le prends d'abord comme une chance qui m'est donnée."

Les plus expérimentés vous ont-ils glissé un mot ?
RG: "Mais ça, c'est au quotidien ! Depuis que je suis arrivé, il y a beaucoup de soutien. Je sens que les anciens sont avec moi, ils m'ont accueilli comme un des leurs. L'intégration s'est super bien passée, j'échange avec de nombreux joueurs dans le groupe. Ca s'est fait très naturellement. J'échangeais très fréquemment avec Rémi Tales, ces dernières semaines, parce que c'est un ami et j'avais envie que ça se passe bien pour lui. On s'écrivait, on s'appelait, il me décrivait l'ambiance et il me disait que c'était une bonne bande de mecs. Et c'est exactement ça. C'est énorme, j'ai les yeux grands ouverts. J'avais déjà joué avec la sélection à VII. C'était un honneur et une super expérience. Mais je suis joueur de XV, je supporte l'équipe de France à XV depuis tout petit, je chantais la Marseillaise devant la télé. J'ai adoré cette expérience à VII, si j'avais l'opportunité de le refaire ce serait avec grand plaisir. Mais là je l'aborde différemment, car c'est la sélection qui me fait rêver depuis que je suis enfant. Ca prend encore une autre dimension."

Qu'aimeriez-vous montrer de vous lors de ce match, et voyez plus lon que ce match là, car il y a une place à prendre à l'aile ? 
RG: Mon objectif, dès que je joue, c'est de toucher un maximum de ballons, mais pas pour briller individuellement, plutôt pour être utile. Par exemple, c'est d'être soutien du N.10. Nous les ailiers, on est des joueurs un peu "joker" donc il faut apporter  avec ou sans ballon à l'équipe. Il faut se bouger un maximum.  Jeudi,  j'aimerais essayer de bonifier les ballons, aller en chercher quelques uns. Ne pas rester inactif sur l'aile, à attendre. Mais je n'ai pas tendance à l'être en club donc je ne vois pas pourquoi là ce serait le cas. Je voudrais juste avancer, qu'il y ait dans la continuité dans le jeu, apporter quelque chose à l'équipe, tout simplement. Mais j'ai tendance à ne pas mélanger les objectifs. Mon but c'est d'abord d'être bon face au Canada. Si j'arrive à montrer ce que je sais faire, à être efficace, on verra. Je n'ai pas la prétention d'arriver à "sélection moins une" et dire que je vais m'imposer. Je veux d'abord être efficace sur ce match et on verra ce qui en découle dans l'esprit du staff."

Christian Grégoire

Coupe du Monde de Rugby