Nehe Milner-SkudderNehe Milner-Skudder
Nehe Milner-Skudder avait inscrit deux essais pour ses débuts avec la Nouvelle-Zélande | MAXPPP

France-Nouvelle-Zélande: Nehe Milner-Skudder, la nouvelle sensation du XV des All Blacks

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Sélectionné pour la première fois avec la Nouvelle-Zélande à l'été, Nehe Milner-Skudder est devenu en l'espace de quelques matches, un titulaire quasiment à part entière dans la ligne d'arrières phénoménale des All Blacks. Une sensation qui fait fureur au Mondial anglais et qui provoque sans doute des cauchemars dans le staff de l'équipe de France.

Un physique passe-partout, des appuis de feu, une confiance inébranlable, une trajectoire fulgurante : voici Nehe Milner-Skudder, la nouvelle pépite du rugby néo-zélandais. Arrivé en 2015 dans le très renommé Super 15, après plusieurs saisons à être cantonné au championnat des provinces à Manawatu, le natif de Taihape n’a mis que quelques mois pour imposer une évidence : il sera dans le squad néo-zélandais pour le Mondial en Angleterre. Deux essais pour sa première sélection dans la "finale" du Four-Nations face à l’Australie (défaite 27-19) suffisent à faire de lui, non pas un nouveau remplaçant mais bel et bien le pendant du mythique Julian Savea sur l’autre aile du XV des All Blacks.

Entre Habana, Robinson et Cullen

A l’opposée des ailiers modernes lourds et puissants comme son coéquipier Savea (1,92m, 106 kgs), JP Pietersen (1,91m, 102 kgs) ou encore George North (1,32m, 107 kgs), Milner-Skudder (1,80m, 90 kgs) s’inscrit dans la lignée des ailiers tout en évitement et en vitesse comme Bryan Habana (1,79m, 94 kgs). En Nouvelle-Zélande, on n’hésite pas à comparer le néo-black à une légende du rugby sur le pays du long nuage blanc, Christian Cullen, auteur de 46 essais en 58 rencontres (!) avec les Blacks entre 1996 et 2002. Un honneur pour un joueur de 24 ans qui dispute sa première Coupe du monde et qui n’a porté que cinq fois le fameux maillot noir. Jonah Lomu voit, lui, en Milner-Skudder, un descendant de Jason Robinson, le virevoltant ailier anglais, champion du monde 2003 aux côtés de Jonny Wilkinson. C’est dire la pression qui pèse sur les épaules du jeune maori.

"Il brille dans un bocal"

Au Mondial anglais, ses appuis font des ravages. Auteur, pour le moment, de quatre essais, Milner-Skudder justifie pleinement la confiance placée en lui par Steve Hansen, son entraîneur. Ses 271 mètres gagnés font de lui le sixième meilleur joueur dans le domaine, le deuxième néo-zélandais derrière Ben Smith, l’indéboulonnable arrière. "Il est une machine excitante à regarder, expliquait Lomu au Guardian avant la compétition. Il peut laisser un adversaire sur place en moins de cinq mètres. Donnez lui de l’espace et quelques options et il vous surprendra". Une formule que Ma’a Nonu, le centre du XV néo-zélandais, reprend lui aussi. Il connaît bien son partenaire pour évoluer à ses côtés aux Hurricanes, défaits en finale du Super 15 par les Highlanders la saison dernière.

"Donnez lui de l’espace et il peut faire n’importe quoi". A bien y regarder, c’est exactement la sensation que donne Milner-Skudder : pouvoir faire n’importe quoi, n’importe quand. Qu’il soit au centre du terrain ou sur l’aile, qu’il soit devant une défense en place ou en un contre un, "Nehe" remporte le plus souvent son duel et fait avancer son équipe, d’autant plus qu’il est capable de jouer après contact, dans le plus pur style du rugby néo-zélandais. De cette formule délicieuse: "il brille dans un bocal", Lomu caractérise toutes les capacités d'évitement et de jeu dans un micro-espace de Milner-Skudder.

Samedi, la défense française va devoir résoudre un casse-tête, si ce n’est insoluble, qui donnerait des maux de tête aux plus grands stratèges du rugby mondial : défendre une ligne d’attaque où se côtoient Aaron Smith, Dan Carter, Ma’a Nonu, Conrad Smith (ou Sonny Bill Williams), Julian Savea, Ben Smith et la dernière sensation venue de la plus grande nation de rugby au monde, Nehe Milner-Skudder.

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