Frederic Michalak XV de France
Frédéric Michalak sera chargé de guider le jeu du XV de France | JEAN MARIE HERVIO / DPPI Media

France-Italie : Pour que le XV de France ne soit plus le XV défiance

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Après des mois d'atermoiements, l'équipe de France débute sa campagne mondiale face à l'Italie samedi soir à Twickenham. Pour bien se lancer dans la compétition, Philippe Saint-André a fait confiance à son ossature type, le seul Dumoulin remplaçant Fofana, blessé. Opposés à un concurrent direct pour les deux places qualificatives de cette Poule D, les Bleus doivent gagner avant tout pour emmagasiner de la confiance et lever les doutes.

On a coutume de dire qu'il ne faut jamais se fier à la première impression. Pourtant, il faut bien avouer que l'on a hâte de voir à quoi ressembleront ces Bleus, qui évolueront d'ailleurs en rouge, pour leur entrée dans la plus prestigieuse des compétitions. Seront-ils tendus ou libérés ? Miseront-ils sur le défi physique ou déploieront-ils leurs ailes ? Peut importe après tout si la victoire face aux Italiens est au bout. Car avec la menace de l'Irlande, épouvantail de cette poule, la France n'a juste pas le droit à l'erreur contre une équipe qu'elle a laminé 29-0 à Rome lors du dernier Tournoi des VI Nations et qui sera de plus amputée de son meilleur joueur Sergio Parisse, blessé.

Fofana, la seule vertèbre manquante à l'ossature

En matière de premiers matchs en Coupe du monde, le XV tricolore a connu toutes les émotions. Après un nul contre l'Ecosse lors de la première édition en 1987 (20-20), les Bleus ont enchaîné les succès mais pas toujours avec la manière.  Ils ont ainsi successivement battu la Roumanie en 1991 (30-3), les Tonga en 1995 (38-10), le Canada en 1999 (33-10), les Fidji en 2003 (61-10) avant de sombrer, étranglés par la pression, face à l'Argentine lors de l'ouverture de leur Coupe du monde en 2007 (12-17). Quatre ans plus tard, les hommes de Lièvremont reprenaient leurs bonnes habitudes en dominant le Japon (47-21) mais il ne faut pas s'y tromper, l'Italie devrait constituer un hors d'oeuvre bien plus consistant.

Pour faire face aux Azzurri, Philippe Saint-André a décidé, sans surprise, de reconduire son équipe qui a vaincu l'Angleterre (25-20) et l'Ecosse (19-16) en matches de préparation. Une prime à la continuité destinée à la fois à instaurer de la confiance mais aussi à capitaliser sur des automatismes qui n'ont guère eu le temps de s'installer ces dernières années. Finalement, seul les trois-quarts centre ont subi encore quelques retouches puisque Wesley Fofana, titulaire habituel, est touché aux ischio-jambiers de la cuisse gauche. "Je peux vous dire qu'on aura besoin de joueurs à 100% et Wesley n'est pas  à 100%. Donc il n'est pas dans le groupe des 23", a simplement expliqué  Saint-André.

"Rentrer avec le sourire sur le terrain"

Cette défection offre une chance un peu inespérée à Alexandre Dumoulin (26 ans, 4 sél), l'un des protégés de l'encadrement mais qui n'a guère encore  éclaté au niveau international. Le Racingman sera associé et épaulé par Mathieu Bastareaud (27 ans, 35 sél) au centre du terrain. Devant, le seul changement concerne le deuxième ligne Yoann Maestri, préservé contre l'Ecosse et qui repousse Alexandre Flanquart sur le banc. La charnière toulonnaise Tillous-Borde - Michalak est reconduite pour la  troisième fois consécutive. La botte longue distance de Scott Spedding officiera encore à l'arrière tandis que Yoann Huget et Noa Nakaitaci, ce dernier étant remis d'une petite élongation aux adducteurs, tiendront les ailes. Sur le banc, le talonneur Benjamin Kayser a été préféré à Dimitri  Szarzewski, victime d'une contusion à une épaule contre l'Ecosse et en reprise de contact.

Voilà pour les forces en présence, il faut désormais que la tête suive. "Je les sens bien", a tempéré PSA. "Mais c'est ce que je leur ai dit: le match il ne faut pas le jouer dans la tête aujourd'hui ou demain. Le match se fait samedi, donc il faut qu'on se concentre sur notre  jeu, notre stratégie, notre discipline et que l'équipe de France joue à son  niveau." Et de poursuivre : "Ce qui est important, c'est que les joueurs ne se mettent pas trop de  pression" en les appelant à "rentrer avec le sourire sur le terrain". Le mieux serait qu'ils l'aient encore quand ils en sortiront.

Julien Lamotte

Coupe du Monde de Rugby