Eben Etzebeth
Le joueur sud-africain Eben Etzebeth | AFP - LUIGI BENNETT

Forces et faiblesses des Springboks

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L’Afrique du Sud est sans conteste la deuxième équipe du monde derrière la Nouvelle-Zélande. Depuis l’arrivée du coach Heyneke Meyer fin 2011, les Springboks ont retrouvé ce qui faisait la force des champions du monde 2007 : grosse défense, puissance monstrueuse, touche efficace et réalisme impressionnant. Les failles ? Une mêlée fermée moyenne et un manque de fantaisie.

Les atouts des Springboks

-Une défense infranchissable

En deux rencontres en Europe, les Boks n’ont toujours pas encaissé d’essais. Ils ont inscrit trois essais aux Gallois (victoire 24-15) et quatre aux Ecossais (28-0) sans craquer une seule fois, même en infériorité numérique (10 minutes à 14 à Cardiff et carrément 5 minutes à 13 à Edimbourg). Les raisons : les excellents plaqueurs qui composent cette équipe, de la troisième ligne Vermeulen, Louw, Alberts à la paire de centres Fourie-De Villiers. Sans parler de Bakkies Botha. Faire mal à l’adversaire dès que possible fait partie intégrante de la culture afrikaner. Les attaquants français (Talès, Fritz, Fofana, Huget) vont devoir casser cette ligne.

-Une puissance hors normes

Autre élément constitutif de la culture rugbystique sud-africaine, la force brute. Les Verts ont toujours aimé marcher sur l’adversaire. Peut-être encore plus que de le contourner ou de le feinter comme un Français aime à le faire. La sélection nationale regorge de colosses à de nombreux postes (les talonneurs Adriaan Strauss et Bismarck Du Plessis, la troisième ligne déjà citée, le deuxième ligne Eben Etzebeth et même certains trois-quarts comme Jean De Villiers, Jaque Fourie voire Bryan Habana, très solide). De tous temps, cette puissance dévastatrice a constitué l’atout numéro 1 des Boks qui n’ont comme rivaux dans ce domaine que les îliens du Pacifique.

-Une touche intraitable

Après la paire Matfield-Botha qui a régné une décennie sur le rugby mondial (Mondial 2007, Tri Nations 2004 et 2007), les Sud-Africains ont retrouvé un tandem très complémentaire avec le duo Etzebeth-Flip Van der Merwe, encore plus monstrueux que leurs prédécesseurs (sans compter que Bakkies Botha, titulaire à Murrayfiled, espère poursuivre jusqu’au Mondial 2015). Eden Etzebeth est même considéré par beaucoup comme le mix idéal entre le sauteur type Matfield et le « rugueux » style Botha. A 22 ans, le monstre (2, 03 m, 122 kg) s’affirme comme un futur grand. Päpé et Vahaamahina sont prévenus.

-Un réalisme sidérant

L’Afrique du Sud n’a perdu que deux matches sur onze disputés cette année, les deux face aux invincibles All Blacks (29-15 et 27-38). Ils ont évolué à 14 contre 15 (carton rouge sévère pour Bismarck Du Plessis) lors du premier duel, et ils auraient pu gagné le second en se montrant plus constants dans le dernier quart d’heure. Sinon ? Deux succès sur l’Australie sans coup férir, des cartons contre l’Argentine, l’Ecosse ou les Samoa, et une victoire chez les Gallois qui ont pourtant envoyé du jeu, sans réussite. La force des Boks est de concéder peu de points lors des temps forts adverses et de tuer la rencontre en inscrivant des essais assassins (en contre) ou sur des mauls rondement menés. Et quand le break est fait, il est trop tard pour revenir.

Les faiblesses sud-africaines

-Une mêlée peu convaincante

Historiquement, les Springboks ont presque toujours eu une bonne mêlée. Lorsqu’ils co-dominaient la planète ovale avec les Blacks, jusqu’aux années 80, les Boks bénéficiaient d’une mêlée fermée ultra-performante car méga puissante. Sans être devenu un handicap (il ne faudrait pas exagérer), la mêlée sud-af est rentrée dans le rang. Elle est moins décisive et châtie moins l’adversaire. Les packs anglais ou français sont souvent plus impressionnants grâce à une meilleure cohésion. Surtout, en choisissant de faire de la touche leur point fort, les Springboks ont –un peu- délaissé ce secteur. Mais comme il y a moins de mêlées que de touches dans un match…

-Un jeu qui manque de génie

Le grief que l’on peut énoncer concernant le rugby sud-africain tient un point. Ils ne sont pas brillants. Du moins, pas autant que les All Blacks ou même les Australiens parfois (Quade Cooper reste un talent exceptionnel). Ils manquent de joueurs éblouissants ballon en mains comme peuvent l’être des Dan Carter, des Conrad Smith, des Israel Dagg, des Wesley Fofana ou encore des Jonathan Davis. François Steyn hier, Bryan Habana ou le jeune Willy Le Roux peuvent parfois réaliser de grands numéros, mais ils n’ont pas la dextérité des meilleurs. C’est le seul reproche qu’on puisse faire à cette équipe d’Afrique du Sud vraiment impressionnante et qui monte en puissance à moins de deux ans de la Coupe du monde.

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