Sean Fitzpatrick face aux Springboks en 1995
Au coeur de la bataille, Sean Fitzpatrick (au centre) | AFP - Jean-Pierre Muller

Fitzpatrick, le talent du talon

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Durant les six semaines de la Coupe du monde, nous vous faisons découvrir pourquoi les Néo-Zélandais sont considérés, depuis trente ans, comme les meilleurs du monde. Joueurs, stades, culture, voici tout ce qui a fabriqué la légende des All Blacks à travers le temps.

Sean Brian Fitzpatrick a été l'âme, l'image, la référence du rugby néo-zélandais pendant plus de dix ans. Talonneur, il a été de toutes les conquêtes des All Blacks à la fin des années 80 et dans les années 90, étant capé à 92 reprises entre 1986 et 1997 pour inscrire 12 essais, gagnant sa place de titulaire lors du premier et seul sacre mondial de l'équipe en 1987 au gré du forfait d'Andy Dalton, alors référence mondiale et capitaine. Un titre de champion du monde en 1987, demi-finaliste en 1991, finaliste en 1995 en tant que capitaine, vainqueur pour la première fois dans l'histoire d'une série de tests-matches en Afrique du Sud en 1996, Sean Fitzpatrick était un leader par la voix et par l'exemple sur le terrain. En 1989, à l'Eden Park, le pilier d'Auckland fait face à la France et notamment à Jean-Pierre Garuet, l'un de meilleurs piliers du monde. Une mêlée, une de plus à une époque où elles étaient nombreuses et cruciales, le pilier français rentre, passe en-dessous et pousse plus fort et entend les côtes craquées, et même le All Black gémir. Ce sera le seul signe de faiblesse de Fitzpatrick, qui terminera le match sans broncher, poussant de plus belle chaque mêlée sans jamais se plaindre. Dur au mal, Jean-Pierre Garuet n'aura la certitude d'avoir cassé les côtes de son adversaire qu'après sa retraite, lorsque celui-ci en parlera lors d'une interview. Dur au mal, fort mentalement, toute la force de Sean Fitzpatrick est résumée dans cette anecdote.

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