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Du rugby en territoire maori

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Durant les six semaines de la Coupe du monde, nous vous faisons découvrir pourquoi les Néo-Zélandais sont considérés, depuis trente ans, comme les meilleurs du monde. Joueurs, stades, culture, voici tout ce qui a fabriqué la légende des All Blacks à travers le temps.

Difficile d’évoquer la Nouvelle-Zélande, sa culture et son rugby sans évoquer l’empreinte maorie. L’organisation de la coupe du monde ne s’y est d’ailleurs pas trompée puisque le spectacle d’ouverture s'est justement inspiré des traditions des Maoris, le premier peuple de l'archipel. Il a repris le mythe de la séparation du Ciel et de la Terre et de l'arrivée de la Lumière puis, rythmé par des incantations et chants maoris ("karakia" et "karanga") et un haka, danse de bienvenue et de défi, il a rappelé la place du pays, terre de migrations située aux Antipodes qui sera jusqu'au 23 octobre, jour de la finale, le centre du monde rugbystique. Les Maoris sont d’origines polynésiennes, notamment des Îles Cook et de Tahiti, mais culturellement, la géographie et l’histoire coloniales ont fait de la Nouvelle-Zélande un voisin de Samoa, de Tonga et de Fidji. Le style néo-zélandais a influencé aussi le rugby de ces îles.Populations autochtones du pays, les Maoris représentent à eux seuls 14% de la population totale néo-zélandaise.

Ce peuple aurait quitté l’île de Hawaiki, voyagé en pirogue à travers le Pacifique sud et se serait installé en Nouvelle-Zélande, alors terre vierge de toute activité humaine. Les pirogues n’arrivant pas toutes au même endroit, des tribus se sont ainsi formées sur le territoire néo-zélandais. D’ailleurs, aujourd’hui encore, lorsqu’un  maori se présente, la coutume veut même qu'il remonte le temps jusqu'à dire le nom de la pirogue où se trouvaient ses ancêtres, au XIIIème siècle, lorsqu'ils mirent le pied pour la première fois sur ces îles le climat était plus clément. Ils vivaient dans des villages et pratiquaient des activités de chasse et de cueillette afin de répondre à leur besoin journalier. Des conflits éclataient parfois entre certaines tribus pour des questions de territoire. La société maorie était divisée en deux classes sociales: l’ariki (la noblesse) et les rangatiras (chefs militaires) d’une part et le tutua (le peuple). La tribu était occupée par plusieurs familles qui vivaient alors en communauté. L’arrivée des premiers explorateurs  à partir de 1642 fût accompagnée de violentes guerres entre les deux populations, les maoris ne voulant pas se laisser envahir. Mais les premiers colons ont tout de même permis aux autochtones de découvrir une nouvelle culture, de pratiquer le troc et d’adopter certains matériaux comme le métal qui pouvait améliorer leur vie de tous les jours. Lointaines. Les Maoris se sont d’abord concentrés sur l’île du Nord.

Les maoris ont donc su profiter de ces nouvelles richesses qui s’offraient à eux pour renforcer leur culture et améliorer leur niveau de vie. Car c’est aussi l’originalité du pays : il n'y a pas d'un côté les sirènes de la modernité et de l'autre les bons sauvages… Non seulement les Maoris ne furent jamais sauvages (quoique vaillants guerriers), mais avec les Anglais qui les colonisèrent ils parvinrent àune sorte de compromis. Par le Traité de Waitangi, en 1840, les chefs de tribus, les iwi,reconnurent paisiblement la souveraineté de la Couronne d'Angleterre, en même temps que les tribus gardaient leur entité et leur organisation. Depuis, l'économie a sans doute grignoté injustement les terres maories, mais le débat politique a également fini par intégrer leur héritage et leur rayonnement culturel parmi ses préoccupations. Le pays qui reçoit la Coupe du Monde, tout empli de cette tradition, est donc autant celui du rugby que des montagnes sacrées. « Le rugby, ici, n'est pas un sport. C'est la religion nationale ! » a-t-on d’ailleurs coutume de dire dans la communauté maori du pays.

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