XV de France Traille Marcoussi 072011
Les organismes tricolores soumis à rude épreuve | AFP - Franck Fife

Dans la joie et la bonne humeur

Publié le , modifié le

"Compliquée", "difficile", "dure", "millimétrée", "organisée"... les joueurs du XV de France ne laissent aucune ambiguïté sur la dureté de la préparation physique à la Coupe du monde. A deux mois de leur premier match face au Japon, les Français ont été à pied d’œuvre à Marcoussis avant de rejoindre ce vendredi leur premier lieu de stage à Chambon-sur-Lignon. Une préparation qui laisse présager le meilleur.

"On n'est pas là pour faire de la trottinette", lâche l'ailier Maxime Médard, qui vit depuis une semaine sa première campagne de Coupe du monde. "Je m'attendais à ce que ce soit difficile mais pas à ce point. Je n'ai jamais rien connu d'aussi dur mais c'est normal. Il faut savoir ce que l'on veut." La préparation physique est l'une des clés de la réussite en Coupe du monde car elle conditionne la suite du travail collectif. Si, en 2007, il y a eu beaucoup de musculation, peu de course et pas de rugby, le programme 2011 innove et surprend par son organisation et son contenu grâce, notamment, à des cahiers d'entraînement individuels. 

Organisées en séquence de trois journées aux programmes différents, les séances de musculation alternent avec des séances de courses, d'assouplissement et de rugby dès 07h00 du matin. "Toutes les préparations sont différentes", souligne le troisième Imanol Harinordoquy, qui a été des Coupes du monde 2003 et 2007.  "On sait que cela va être difficile. Plus dure ? Je ne sais pas. Elle est dure comme toutes les préparations le sont. Différente et nouvelle ? Oui. On ne s'arrête jamais de travailler. Cette préparation casse nos habitudes et attise notre curiosité et notre investissement." Après sept jours, les premiers effets se font déjà sentir chez la plupart des joueurs qui avaient anticipé la charge de travail en s'infligeant avant le début du stage des préparations individuelles.

Esprit de club

L'exigence des préparateurs physiques n'est pas bénéfique qu'à titre individuel puisque le groupe a appris à se resserrer dans la douleur et la souffrance. "On sent une évolution, le corps commence à changer, nous sommes plus secs et nous tenons mieux les charges de travail", note le demi de mêlée Dimitri Yachvili. "Personne ne rechigne au travail et il y a des signes de solidarité qui ne trompent pas."

Des journées de transition interviennent après cinq demi-journées de travail. Ces activités plus ludiques sont concoctées par le staff tricolore dans le plus grand secret.  La première, "très, très appréciable" selon l'arrière Cédric Heymans, a pris la forme d'un concours de cuisine encadré par des chefs étoilés au Château de Rochefort. La deuxième, plus physique, a proposé une simulation militaire encadrée par des militaires rugbymen à l’École Interarmée du sport à Fontainebleau. Par petits groupes, les Tricolores armés de pistolets et de fusils à air comprimé avaient pour mission de libérer un otage. Ces moments vécus en commun sur le terrain et en dehors sont là pour amener un esprit de club difficile à créer dans une sélection. "C'est un peu le but de cette préparation. A la fin de celle-ci, on vivra comme un club. C'est ce qui nous permettra de travailler à un niveau supérieur", souligne Imanol Harinordoquy.

Pour le capitaine, Thierry Dusautoir, "une bonne préparation permet de se connaître dans la douleur et de se donner de bonnes bases pour pouvoir aller très loin. Si tout le monde donne le meilleur de lui-même du début jusqu'à la fin, alors nous pourrons sérieusement penser au titre de champion du monde", ajoute-t-il. Une nouvelle phase de la préparation s'ouvre vendredi avec le départ pour un stage de dix jours au Chambon-sur-Lignon, station de tourisme 'vert' en Haute-Loire. En espérant pérenniser la bonne dynamique.

Mathieu Baratas

Coupe du Monde de Rugby