Les Alls Blacks contre les Springboks
Le Néo-Zélandais Cane joue les équilibristes contre l'Afrique du Sud | AFP - MARTIN BUREAU

Coupe du monde 2015: le couronnement du jeu

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Jamais une finale de Coupe du monde n'avait offert un tel spectacle. Entre la Nouvelle-Zélande et l'Australie, plus que le troisième succès des All Blacks, c'est le jeu qui l'a emporté, à l'image de l'ensemble de la compétition. Si le nombre total d'essais (271) n'atteint pas un record (336 lors de l'édition 2003), le rapprochement de niveau entre les nations, les progrès techniques réalisés par les joueurs, et une phase finale débridée pourraient donner le ton au rugby des prochaines années.

La plus belle promotion du rugby. Voilà ce que beaucoup de spécialistes ont dit après ce feu d'artifice en finale entre la Nouvelle-Zélande et l'Australie. Du jeu, beaucoup de jeu, et du suspense, cet ultime rencontre a tenu toutes ses promesses. Elle a surtout conclu de très belle manière une édition exceptionnelle. Pourtant, avec un total de 271 essais inscrits durant les 48 matches en 2015, on est très loin du record établi en 2003, avec 336 essais, lors de la Coupe du monde en Australie remportée par l'Angleterre. 271 essais, c'est juste neuf de plus qu'en 2011, et surtout quinze de moins qu'en 2007, lors de l'édition organisée en France. Mais si le constat général est à l'enthousiasme, c'est que la phase finale a été extraordinairement débridée. Entre les quarts, les demies et les deux finales, un total de 37 essais ont été marqués, contre seulement 16 il y a quatre ans. Même l'édition record de 2003 n'avait atteint "que" les 30 essais. Et avec cinq essais en finale, le record de la première édition de 1987 (4 essais) a été battu.

Au-delà des statistiques, la Coupe du monde 2015 a montré une révolution: les petites équipes n'existent plus sur la planète ovale. Le succès du Japon sur l'Afrique du Sud en phase de groupe en a été la preuve la plus flagrante. Il faut se souvenir qu'en 1995, le Japon avait été humilié (145-17) par la Nouvelle-Zélande. En 2003, la Namibie avait pris la plus grande raclée de l'histoire en Coupe du monde face aux Wallabies (142-0). Cette année, les Namibiens ont perdu largement contre la Nouvelle-Zélande (58-14) ou l'Argentine (64-19), mais l'écart s'est réduit. Comme l'ont constaté les joueurs français lors de leurs succès difficiles sur la Roumanie ou le Canada, malgré trois mois de préparation physique intense, les différences ne sont plus aussi flagrantes que par le passé dans ce domaine. 

En revanche, la technique des joueurs a clairement montré de grands signes de progression. Bien sûr, il y a les All Blacks, avec la révélation Milner-Skudder ou un Ben Smith, qui peuvent occuper n'importe quelle place sur le terrain tout comme Jerome Kaino ou Kieran Read, mais ce ne sont pas les seuls. L'Australie est devenue vice-championne du monde avec un David Pocock, 3e ligne aile replacé en N.8 pendant la compétition. Les exemples de ce genre sont nombreux. Les joueurs sont interchangeables. Leur technique s'est adaptée. Les talonneurs sont désormais capables de passes sautées, de chisteras... 

Si cette Coupe du monde a donné la direction du jeu mondial pour les quatre prochaines années, la France a peut-être trouvé en Guy Novès l'homme de la situation. Toulouse a construit son palmarès et sa légende sur le jeu déployé. Reste à savoir s'il pourra mettre en place ses principes au sein du XV de France.

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