France - Angleterre 1995 - Abdelatif Benazzi
Abdelatif Benazzi aux prises avec la défense anglaise lors du match pour la 3e place en 1995 | AFP - WALTER DHLADHLA

Ces étrangers dans l'Histoire de l'équipe de France

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En dévoilant une liste de 10 joueurs étrangers susceptibles d'être appelés en équipe de France, Philippe Saint-André a officialisé une pratique déjà ancienne. Dans l'Histoire, ils ont ainsi été 11 à porter le maillot bleu en étant nés dans un autre pays. Convoqués à Marcoussis pour un stage de trois jours, Uini Atonio et Rory Kockott pourraient s'ajouter à cette liste restreinte à l'avenir.

Les précurseurs

L'Anglais William Crichton et l'Américain Allan Muhr ont été les deux premiers joueurs étrangers à jouer en équipe de France. Cela est intervenu très rapidement, puisqu'il s'agissait du premier match officiel de la France, en 1906, contre la Nouvelle-Zélande. Le premier, arrière, vivait au Havre et jouait dans le club de la ville. Dans l'ordre des internationaux français, il porte le N.4. Le second, deuxième ou troisième ligne centre, était à Paris, où il a évolué au SCUF, au Stade Français et au Racing Club de France. L'Américain, 13e international de l'Histoire, est même devenu président de la Fédération française de rugby un peu plus tard. Né en 1875, Edwin Lewis, colonel de l'armée britannique, porte le N.19 dans l'ordre des internationaux français.

Le plus emblématique

Sans conteste, Abdelatif Benazzi a été le joueur "étranger" le plus emblématique de l'Histoire. Né à Oujda, au Maroc, il a connu la sélection des jeunes avec le Maroc et même une cape avec les seniors. Arrivé à Cahors alors qu'il avait 20 ans, c'est à Agen qu'il prend son envol, après une intégration difficile. Sélectionné pour la première fois par Jacques Fouroux en juin 1990, il est expulsé après 13 minutes à Sydney face aux Wallabies. cela ne l'empêchera pas d'honorer 78 sélections, d'en être le capitaine notamment lors du Grand Chelem 1997, d'être vice-champion du monde en 1999 lors de sa troisième et dernière Coupe du monde. 

Les plus représentés

Avec huit représentants (Melville, van Heerden, De Villiers, Hall, Liebenberg, Kotze, Le Roux, Claassen), l'Afrique du Sud se taille la part du lion au palmarès des étrangers ayant joué en équipe de France. Le premier à porter le coq était Eric Melville, sélectionné en mars 1990 contre l'Irlande. Ce 3e ligne centre emblématique du RCT, champion de France en 1987 et 1992, a connu 6 sélections. Deux ans après lui, son compatriote Andries van Heerden a pris le même chemin. Il avait quitté l'Apartheid en 1986 pour arriver à Tarbes. Il a été sélectionné le 15 février 1992 contre l'Angleterre, puis le 7 mars contre l'Ecosse, pour ces deux seules capes. C'est ensuite sous l'ère Bernard Laporte que la sélection a intensifié ses recours. Pieter de Villiers a occupé à 69 reprises le poste de pilier d'août 1999 jusqu'à avril 2008. Naturalisé en 2002, le joueur du Stade Français a réalisé deux Grands Chelems (2002 et 2004) et fini 4e de la Coupe du monde 2007. Brian Liebenberg était également du Grand Chelem 2004, apportant toute sa puissance au poste de trois-quarts centre. Il a été sélectionné à 12 reprises (entre 2003 et 2005), dont 3 fois lors de la Coupe du monde 2003. Et Steven Hall, surpuissant 3e ligne centre de Bayonne, a joué deux fois en Bleu lors du Grand Chelem 2002. Philippe Saint-André a également appelé trois Sud-Africains depuis qu'il est aux affaires: le 3e ligne du Racing Bernard Le Roux (juin 2013), et celui alors de Castres Antonie Claassen (février 2013) et le pilier naturalisé Daniel Koetze (juin 2013).

Pieter De Villiers au soutien de Tony Marsh contre l'Afrique du Sud en novembre 2001
Pieter De Villiers au soutien de Tony Marsh contre l'Afrique du Sud en novembre 2001

Le plus proche

Il est né à moins de 100km de la France Dans les débats qui agitent régulièrement le monde du rugby au sujet du recours aux joueurs "étrangers", la convocation de Vincent Debaty a suscité le moins de discussions. Né à Woluwe-Saint-Lambert, le pilier clermontois est Belge. Son frère, Christophe, est d'ailleurs international belge. Arrivé à La Rochelle alors qu'il avait 20 ans, il a fait toute sa carrière (depuis) dans le championnat de France, et a été appelé, pour la première fois, en équipe de France en juin 2006. Il fait partie des joueurs-cadres de Philippe Saint-André, souvent utilisé comme "impact-player".

Le plus éloigné

Entre Paris et Rotorua, il y a 18727km. C'est de là qu'est venu Tony Marsh. Après avoir notamment évolué aux Auckland Blues et aux Canterbury Crusaders avec lesquels il avait remporté le Super-12, le trois-quarts centre néo-zélandais a posé ses valises à Clermont. C'était en 1998, il avait alors 26 ans. Puissant, doté d'une technique parfaite, et d'une grosse intelligence dans le jeu, il a été appelé en équipe de France en novembre 2001, pour affronter l'Afrique du Sud. Pendant trois ans, il va devenir l'un des piliers des Bleus, totalisant 21 sélections, remportant le Grand Chelem en 2002 et finissant à la 4e place lors de la Coupe du monde 2003.

La liste des étrangers potentiellement sélectionnables par Philippe Saint-André

Pilier droit: Uini Atonio (NZL/La Rochelle)
Deuxième ligne: François Van der Merwe (RSA/Racing-Métro)
Troisièmes ligne: Steffon Armitage (ENG/Toulon)*, Alex Tulou  (NZL/Montpellier)*
Demi de mêlée: Rory Kockott (RSA/Castres)
Ouvreur: Brock James (AUS/Clermont)
Ailiers: Blair Connor (AUS/Bordeaux-Bègles)*, Noa Nakaitaci (FIJ/Clermont),  David Smith (NZL/Toulon)
Arrière: Scott Spedding (RSA/Bayonne)

*Joueurs ne possédant pas actuellement de passeport français mais qui en  ont fait la demande

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze