Mathieu Bastareaud, France
L'international français Mathieu Bastareaud | LIONEL BONAVENTURE/AFP

Bastareaud: "On m'attend toujours au tournant"

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Le centre du XV de France Mathieu Bastareaud a "l'impression qu'on (l') attend toujours au tournant" et estime qu'il y aura "toujours des commentaires" sur son type de jeu, à deux jours du dernier match de préparation contre l'Ecosse.

Démarrer samedi vous donne-t-il des garanties pour la Coupe du  monde ?
Mathieu Bastareaud: "Non pas du tout, c'est une chance. A moi de redonner (aux  entraîneurs) leur confiance sur le terrain."

Philippe Saint-André a quand même expliqué ce matin qu'une équipe-type  se dégageait...
MB: "Ah bon, vous m'apprenez un truc là (rires). Je reste sur ma  philosophie, prendre les matches les uns après les autres. J'ai un match contre  l'Ecosse, après tant mieux si je peux débuter contre l'Italie (premier match de  la Coupe du monde, NDLR)."

Attaquer sans doute la Coupe du monde peut-il vous libérer d'une  certaine pression ?
MB: "Je ne sais pas. Je ne me considère pas comme un titulaire à part  entière. Dans le passé, j'ai 10.000 exemples me concernant à ce niveau-là. Je  sais que du jour au lendemain la roue peut tourner."

Cette façon d'aborder les matches est-elle nouvelle, l'âge avançant ?
MB: "Je ne sais pas si c'est l'âge, mais je commence à me connaître un peu  mieux, et je sais que quand je me mets trop de pression ou quand je cogite  trop, souvent c'est négatif pour moi. J'ai décidé d'être le plus serein et cool  possible."

Est-ce facile de perdre ses mauvaises habitudes ?
MB: "Non, c'est un travail que je fais avec Faïsal (Arrami, un boxeur de  Toulon, où joue Bastareaud, NDLR) depuis un peu moins de six mois. Ce n'est pas  toujours simple car ce sont des petites routines à casser, mais une fois libéré  de ça on se sent mieux. Tu dépenses moins d'énergie ensuite: j'étais quelqu'un  de très maniaque, le moindre petit truc pouvait me déstabiliser dans ma  préparation de match. Si j'avais oublié mon protège-dents, j'allais y penser et  j'allais me fatiguer là-dessus. Maintenant, je l'ai oublié, je l'ai oublié."

Cette énergie superflue, vous la dépensiez uniquement autour des matches  ou également dans la vie quotidienne ?
MB: "Non, mais j'avais tendance à jouer les matches trois fois dans ma tête  avant, je ne dormais pas la veille. C'était beaucoup de stress et d'anxiété,  d'énergie dépensée. Tandis que là, j'essaie d'être le plus détaché possible  jusqu'au dernier moment."

Philippe Saint-André a loué votre bonne condition physique. Vous  êtes-vous senti vraiment bien contre l'Angleterre (25-20 le 22 août) ?
MB: "Le vélo a payé! Je me suis bien senti physiquement, mentalement.  J'avais souvent un petit coup de moins bien autour de la 60e minute niveau  physique et mental, où j'étais moins concentré et ma performance baissait. Là  je me suis senti bien. Après je sais que j'étais un peu attendu."

Pourquoi vous sentiez-vous attendu ?
MB: "C'est le sentiment que j'ai depuis un moment. J'ai l'impression qu'on  m'attend toujours au tournant et que je dois toujours +confirmer la  confirmation+. J'ai cette impression, peut-être à tort. Peut-être aussi est-ce  une petite pression que je me mets, c'est mental tout ça."

Dont les critiques sur votre jeu parfois uni-dimensionnel, beaucoup axé  sur le physique ?
MB: Uni-dimensionnel... Ouah !(rires). Il y aura toujours des commentaires.  Que je fasse une sautée de 40 mètres ou pas, ce sera toujours pareil. Je ne  peux rien y faire. Je ne vais pas changer du jour au lendemain, mettre un  masque de Matt Giteau ou autre pour faire plaisir aux gens."

AFP

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